Etiquette Viandes de FranceUn coup de com' sans effet pour la Fnsea

| Afp

L'étiquette "Viandes de France", qui devait informer et rassurer le consommateur et garantir l'origine de la viande, a fait long feu à peine six mois après son lancement, a dénoncé mercredi la Fnsea.

Bovin viandeSelon Christiane Lambert, première vice-présidente de la Fnsea, « 70 % de la viande rouge servie dans les cantines est étrangère » (©Terre-net Média)« La vérité, c'est que les étiquettes ne sont même pas imprimées ! C'est un coup de com' sans effet », s'est insurgé devant la presse Patrick Bénézit, président de la fédération régionale des syndicats agricoles (Frsea) du Massif Central en marge du sommet de l'élevage qui se tient jusqu'à vendredi à Cournon, près de Clermont-Ferrand.

« La démarche n'est pas entrée dans les faits », remarque-t-il en dénonçant un « jeu malsain », entretenu notamment par les opérateurs de la grande distribution qui se fournissent dans les pays voisins. « Ce n'est pas que les voisins sont moins chers, mais c'est une façon de calibrer le marché intérieur à la baisse : si on achète moins en France, les prix vont baisser », explique Patrick Bénézit, lui même éleveur dans le Cantal et vice-président de la Fédération nationale bovine (Fnb).

L'autre cible dans le viseur des éleveurs, qui dénoncent un effondrement des cours « qui perdent 2 à 3 centimes du kilo par semaine », selon la Fnb, c'est la restauration collective, cantines scolaires et des administrations publiques notamment. « Il n'y a plus un morceau de viande française dans les cantines ! », affirme le responsable qui renvoie les élus à leurs « responsabilités ». Selon Christiane Lambert, première vice-présidente de la Fnsea, « 87 % des volailles servies dans les cantines sont étrangères et autour de 70 % pour la viande rouge ». Ces chiffres ont été établis par le syndicat des Jeunes agriculteurs au fil d'une enquête minutieuse, précise-t-elle.

Le principal syndicat agricole français entend d'ailleurs conduire des « enquêtes » dans les cuisines de la restauration collective et publier ses résultats. « On va enquêter dans les cantines et remonter la chaîne : que les parents qui subissent des licenciements dans les entreprises agroalimentaires, comme chez Doux, Tilly ou Gad, sachent ce que leurs enfants mangent à l'extérieur », a-t-elle prévenu. « Quand on s'enfonce dans la crise, le patriostime alimentaire ça compte ».

Une enquête de terrain prévue

La Fnsea a annoncé sa volonté de conduire un « travail sur le terrain » jusqu'au 15 décembre, selon une méthodologie qui est en cours d'établissement et sera présentée au réseau le 15 octobre. L'enquête n'épargnera personne, ni les cuisines de l'industrie agro-alimentaire prévient-elle. « Nous avons fait des contrôles chez Fleury-Michon en Vendée et découvert du porc espagnol nourri aux Ogm », a rapporté Christiane Lambert. Elle a rappelé que l'Europe et les industriels de l'agroalimentaire avaient refusé l'étiquetage obligatoire de l'origine des viandes en faisant valoir des surcoûts de « 40 % liés aux contrôles qu'ils devraient effectuer ».

Malgré le refus de la commission européenne de rendre la mesure obligatoire, distributeurs et industriels s'étaient engagés à promouvoir sur une base volontaire les « viandes de France » nées, élevées et abattues en France, dans la foulée du scandale des raviolis au cheval et pour contrer la concurrence européenne. « Certains le font, d'autres pas », constate Mme Lambert qui pointe également les enseignes de restauration rapide, comme MacDo ou Kfc qui font leur publicité sur les viandes de terroir : « Chez MacDo les contrôles ont montré que seuls 44 % de la viande des hamburgers est d'origine France ». Quant à Kfc, elle n'a pas été en mesure de chiffrer avec certitude la part des poulets français. « Mais l'Allemagne construit des poulaillers gigantesques de 30.000 poulets qui sont vendus 20 à 25 % moins cher », a-t-elle noté. 


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DÉJÀ 1 RÉACTION


pacon
Il y a 967 jours
il faut être plus con que con que de croire que de mettre des étiquettes sur la viande cela règlera la problématique agricole . le gouvernement est un grossiste acheteur de viande et produits laitiers en se qui concerne les collectivités publics,armés,hOpitaux, écoles ect .....mais qu’attend T'il pour montrer l'exemple d'acheter la totalité des produits made in France . produit totalement en France et fabriqué en France . C'est pourtant si simple ....pas besoin de faire MAT SUP pour aider le monde agricole . mais il y a toujours le mais.....discourt et pas les actes
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