Crise de l'élevage« Trahis », les éleveurs « en détresse » repartent en action

| par | Terre-net Média

Nouvelle journée de mobilisation pour les éleveurs. Malgré le démarrage de la moisson, la Fnsea et JA appellent à de nouvelles actions ce jeudi 2 juillet 2015. Les éleveurs de la Fnb se sentent « trahis » malgré l'accord obtenu avec les transformateurs et distributeurs au ministère de l'Agriculture.

Feux de détresse des agriculteurs Dans la Manche, la semaine dernière, la Fdsea et JA ont allumé plus de 30 feux dans tout le département.Feux de détresse des agriculteurs Dans la Manche, la semaine dernière, la Fdsea et JA ont allumé plus de 30 feux dans tout le département.

La Fnsea et Jeunes agriculteurs mobilisent à nouveau leurs troupes ce jeudi 2 juillet 2015 pour « maintenir la pression » auprès des distributeurs et transformateurs, qui se sont engagés à revaloriser les prix de la viande bovine et porcine. « Nous voulons de la transparence, nous voulons des résultats, nous voulons plus de prix, nous voulons moins de normes », explique la Fnsea. 

C’est un « constat amer » que dresse le syndicat majoritaire, quelques jours seulement après les différentes réunions ministérielles qui avaient débouché sur un engagement des distributeurs et transformateurs à augmenter le prix de la viande bovine. «  Les hausses de prix actées devant les pouvoirs publics par les filières porcines et bovines, ne sont pas au rendez-vous », explique-t-on.

« Les actions syndicales de "mise sous surveillance" ont démontré le défaut d’engagement des opérateurs : Industriels et Gms se renvoient la balle et leurs responsabilités en permanence. Ça suffit ! »

Le médiateur saisi

La Fnsea demande au ministre de l’Agriculture de faire appliquer les accords. Stéphane Le Foll a annoncé avoir saisi le médiateur des relations commerciales pour vérifier si les hausses promises sont effectives ou non.

Dans l’Oise notamment, les agriculteurs indiquent vouloir se mobiliser tout l’été. « Le 2 juillet, la « nuit de la détresse », avec un convoi de tracteurs, feux de détresse allumés, sera un cri d’alarme et un appel à l’aide des agriculteurs à tous les élus pour un véritable sursaut. Au rythme où l’on va, nos campagnes vont mourir » explique Guillaume Chartier, président de la Fdsea de l’Oise. Selon lui, 25 % des éleveurs laitiers dans l’Oise ont déjà disparu au cours des cinq dernières années. « Cette action "la nuit de la détresse" ouvre une série d’actions et d’opérations qui seront engagées durant toute la saison estivale. »

D'autres actions sont prévues notamment dans la Somme, la Vendée et dans les départements bretons.

La Fnb, qui estime avoir été « trahie », « demande par ailleurs aux éleveurs d'identifier sans délai les opérateurs qui n'appliquent pas de hausses de prix et à le faire savoir par tous moyens, notamment la presse. Et puisqu'il n'y a pas d'autres moyens de se faire entendre face à un aval incapable de respecter ses propres engagements, la Fnb appelle ses sections bovines départementales à se mobiliser pour reprendre immédiatement des actions fortes vers les abattoirs , et sans discontinuer jusqu'à obtenir la revalorisation de leur revenu. »

Les éleveurs devraient maintenir la pression jusqu’à mi-juillet, date à laquelle le médiateur saisi par le ministre de l’Agriculture doit rendre ses conclusions.

Les actions menées par département : 

Des actions ont été menées dès mercredi soir. Dans le Finistère des enseignes de la grande distribution ont été la cible de tags, notamment à Quimper et dans la périphérie de Brest, selon la police. « Voleurs », « Mangeons français », « Achetez Vpf », « J-13 », « On ne rigole plus », « Marges pour tous », ont-ils tagué.

D'autres actions ont eu lieu dans les Pays de la Loire , avec plusieurs dizaines de grandes surfaces ciblées dans Sarthe et le Maine-et-Loire, avec des déversements de fumiers et toujours la même revendication, « Partagez vos marges », selon Matthieu Lenoir, responsable régional des JA.

En Basse-Normandie , selon les gendarmes, des agriculteurs ont déversé un mélange de fumier et de gravats devant huit laiteries dans la Manche, tandis que dans le Calvados, sept sites ont été touchés, des laiteries ou usines de fromage pour la plupart.

Jeudi matin, en Seine-Maritime , les Jeunes agriculteurs ont entamé des contrôles d'origine des viandes et des contrôles de prix dans les supermarchés.

A Strasbourg , une quarantaine d'agriculteurs organisaient dans l'après-midi un marché de vente directe dans le centre-ville en proposant des produits locaux - oeufs, fruits et légumes - à prix coûtant. « Nous voulons montrer qu'il y a une mauvaise répartition des marges », a indiqué le président de la Fdsea du Bas-Rhin Franck Sander, « et alerter sur le fait que la grande distribution exerce une trop forte pression sur nous, mais aussi sur nos outils de transformations abattoirs et industries laitières ».

Partout en France, les actions vont se multiplier jeudi comme dans les Vosges , où les éleveurs, après un premier rassemblement, « poursuivront leurs actions de manière ciblée : blocage de camions laitiers, de grandes surfaces, etc », a annoncé à l'Afp le président de la Fdsea locale, Philippe Clément.
Source : Afp

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DÉJÀ 2 RÉACTIONS


pineau anthony52
Il y a 1396 jours
Votre commentaire...ra s le bol et arretons de payer tous ses financiers
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Jean GLAUS
Il y a 1411 jours
BON TRAVAIL
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