Elevage et réforme de la PacTensions syndicales avant les derniers arbitrages du ministre

| par | Terre-net Média

Alors que Stéphane Le Foll tarde à annoncer les derniers arbitrages concernant les aides à l'élevage dans le cadre de la réforme de la Pac, les tensions syndicales s'exacerbent.

Vaches charolaises dans une prairieLa Fnb n’accepte pas les seuils proposés par le ministre pour les aides animales. (©Terre-net Média)Lors de la présentation du congrès de la Fnb, qui se déroulera les 5 et 6 février prochains aux Sables d’Olonne, Pierre Chevalier, a enjoint le ministre d’y venir avec « des valises pleines » de réponses. La Fnb n’accepte pas les seuils proposés par le ministre pour les aides animales – 200 € pour les 40 premières vaches avec un plancher d’éligibilité à 10 vaches – et s’impatiente de voir la copie révisée.

La position de la Fnb à l’approche de son congrès a fait réagir tous les syndicats minoritaires. A commencer par la Coordination rurale qui, dans une lettre ouverte signée de son président Bernard Lannes et du président de sa section viande bovine Michel Manoury, critique fortement la branche bovine du syndicat majoritaire. « Vous nous consternez », répètent-ils tout au long de leur courrier pour dénoncer « l’irresponsabilité » du « positionnement » de la Fnb qui « depuis 20 ans conduit petit à petit l’élevage à sa perte ».

Front commun des minoritaires à l'encontre de la Fnb

La Confédération paysanne, elle, partage le même mécontentement que la Fnb sur le plancher des 10 vaches allaitantes. Mais pas pour les mêmes raisons ! Le syndicat dénonce une politique d’exclusion défendue par le syndicalisme majoritaire. Pour lui, un tel plancher « porterait un coup, souvent fatal, aux petites et moyennes fermes qui ont choisi la diversité ».

Forte de son « succès » sur le dossier de la « ferme de 1.000 vaches », la Confédération paysanne demande aussi un plan de modernisation qui « améliore les conditions de travail, l’autonomie des fermes et leur transmission » et non qui « industrialise l’agriculture ».

Même le Modef a réagi aux positions de la Fnb, dénonçant une « attitude méprisante à l’égard des petits et moyens éleveurs qui font un travail remarquable avec des systèmes d’exploitation productifs ». Pour le syndicat, le positionnement de la Fnb revient à « exclure un maximum d’éleveurs pour concentrer les aides bovines couplées au profit des plus gros élevages ». Le syndicat demande ainsi « de ne pas relever le seuil minimum de 10 vaches allaitantes, d’étendre la Pmtva aux génisses, de conserver le seuil de prolificité à 0,8 veau/vache/15 mois en accordant une dérogation aux élevages d’estive. Il souhaite aussi une « dégressivité des aides au-delà des 40 premières vaches avec un plafond à 80 vaches ».

Annoncera, annoncera pas...

Reste à savoir quand Stéphane Le Foll annoncera ses derniers arbitrages. La Fnb l’attend à son congrès le 5 février avec impatience. Mais pas sûr que le ministre veuille et puisse réserver quelques annonces au syndicat majoritaire. Car d’autres points ne relevant pas exclusivement de l’élevage, comme la répartition des 2 % alloués à la production de protéines, doivent  encore être tranchés.

Le ministre pourrait alors procéder de la même manière qu’en décembre dernier, en réunissant un conseil supérieur d’orientation, auquel seraient présents tous les syndicats représentatifs.


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DÉJÀ 2 RÉACTIONS


vik
Il y a 1172 jours
ne plus etre imposé sur stoc
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stan
Il y a 1538 jours
la baisse des charges pour reguler
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