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Sommet de l'élevage, jour 1Sur la sécheresse et l'antispécisme, « le Gouvernement doit se réveiller ! »

| par | Terre-net Média

L'édition 2018 du Sommet de l'élevage s'est ouverte mercredi 3 octobre sur fond d'inquiétudes des éleveurs. La sécheresse tardive inédite qui les préoccupe aura de lourdes conséquences économiques dans les élevages. Sur ce sujet, la FNSEA demande au ministre de l'agriculture, attendu jeudi 4 octobre, « d'avoir la décence de répondre aux questions posées depuis cet été ». Le syndicat réclame des mesures financières concrètes, pour aider les éleveurs à tenir l'hiver. La profession attend aussi un soutien plus marqué de l'État face à l'extrémisme antispéciste.

Christiane Lambert, Jérôme Despey et Patrick Bénézit, ont fait le point sur les deux principales sources d'inquiétudes des éleveurs: les conséquences de la sécheresse, et la montée en puissance de l'extrémisme antispéciste.Christiane Lambert, Jérôme Despey et Patrick Bénézit, ont fait le point sur les deux principales sources d'inquiétudes des éleveurs : les conséquences de la sécheresse, et la montée en puissance de l'extrémisme antispéciste. (©Terre-net Média) 

Lors du premier jour, mercredi 3 octobre 2018, du Sommet de l’élevage, à Cournon, les représentants de la FNSEA ont fait le point sur les préoccupations des éleveurs. « Depuis des semaines, voire des mois, nous sommes face à un silence assourdissant du Gouvernement, et en particulier du ministre de l’Agriculture, face aux conséquences de la sécheresse. »

La sécheresse, c’est la grande source d’inquiétude de la plupart des éleveurs venus au Sommet. Avec une pousse d’herbe inférieure de 15 % par rapport à la normale cette saison, cet épisode de sécheresse n’est certes pas le le premier, ni le dernier, mais reste inédit car très tardif. Dans le Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne, les prairies sont littéralement cramée. Rien ne repousse, « et on sait déjà que l’herbe ne repoussera plus ni en octobre, ni en novembre », s’alarme Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA. Autrement dit, les éleveurs vont devoir tenir jusqu’au printemps avec des stocks fourragers limités et déjà partiellement consommés.

« On va vers 9 mois d’hiver ! Nous ne pourrons pas passer 9 mois d’hiver sans soutien financier de l’État », a insisté Patrick Bénézit.

Faute de soutien gouvernemental, le syndicat craint un « risque de décapitalisation » important dans les élevages. « On veut des mesures très concrètes. Un soutien financier pour que les éleveurs puissent acheter du fourrage, de la paille, des aliments. Si ce n’est pas le cas, il y aura une décapitalisation du cheptel dans la région », complète Michel Joux, président de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes.

La situation est d’autant plus difficile pour les éleveurs que le prix de la paille s’envole, à cause notamment, d’une demande forte des élevages des pays du Nord de l’Europe, plus durement touchés par la sécheresse, venant s’approvisionner en France.

La FNSEA veut une avance de 90 % des aides Pac

Concrètement, la FNSEA demande une rallonge de l’avance sur les aides Pac. Au Space le 11 septembre, Stéphane Travert avait annoncé que l’avance de trésorerie au titre des aides Pac serait versée à partir du 15 octobre, à hauteur de 70 % pour les paiements directs et 85 % pour l’ICHN. Le syndicat demande une avance équivalente à 90 % des aides Pac.

« Nous avons fait la demande au ministre depuis des semaines. Nous voulons, au Sommet, une réponse claire de sa part », ont insisté les représentants du syndicat, qui attendent aussi des réponses concernant « la mise en œuvre des cellules d’urgence et l’utilisation du fonds d’allègement des charges ». « Ce fonds existe. L’État va-t-il le mobiliser ? Nous n’avons toujours pas de réponse. »

« On a demandé des exonérations de TFNB, des moyens supplémentaires sur les prises en charge de cotisations sociales, nous n’avons pas de réponse », s’agacent-ils. 60 départements sont touchés par la sécheresse, dont 48 plus durement. « Dans ces départements, nous demandons une exonération systématiques de la taxe sur le foncier non bâti », a poursuivi Christiane Lambert.

« En venant ici, nous espérons qu’il aura la décence de répondre aux questions que nous lui avons posées depuis cet été.» 

« Comparer l’élevage à l’Holocauste, qui aurait osé !? »

Pour ce premier jour du Sommet de l’élevage, la question était aussi de savoir si les visiteurs allaient pouvoir accéder au site sans encombre. La veille, des militants d'Earth Resistance, un mouvement antispéciste, avaient indiqué vouloir bloquer le salon. Il n’en a rien été. Mais cette pression antispéciste pèse de plus en plus sur le moral des éleveurs.

« Nous dénonçons la montée en puissance de cette violence inouïe. J’avais écrit à Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, il y a un mois et demi ! Les visuels d’invitation à l’action Nuit debout devant les abattoirs montraient des abattoirs en feu. Je n’ai eu aucune réponse du ministre », a expliqué Christiane Lambert.

« Nous dénonçons les propos déplacés de l’association Boucherie Abolition. Comparer l’élevage à l’Holocauste, qui aurait osé ? Les agriculteurs vivent très mal cette dérive sectaire, radicale, qui va conduire à des catastrophes. »

La FNSEA va faire la demande d’une mission d’enquête parlementaire sur les associations antispécistes, leur financement, leurs fondements et leurs finalités. « Face à l’inertie de l’État et du ministère de l’Intérieur, nous ne pouvons accepter qu’aucune mesure ne soit prise. Nous n’allons pas faire justice nous-même. Mais l’État doit prendre ses responsabilités en rétablissant l’ordre. »

Jeudi 4 octobre, Stéphane Travert est donc attendu de pied ferme par les éleveurs de la région et leurs représentants nationaux. Il doit rester toute la matinée dans les allées de la grande Halle d’Auvergne, avec son homologue à la cohésion des territoires Jacques Mézard, avant d’aller visiter un élevage de l’Ain, pour évoquer notamment le vote de la loi Alimentation et son titre 1 censé permettre aux agriculteurs d’obtenir des prix rémunérateurs. Mais là encore, les représentants de la FNSEA préviennent. « Il ne s’agit pas de fanfaronner ! Il y a des points que nous n’avons pas obtenu dans la loi et pour lesquels il faut encore travailler, et il y a surtout des ordonnances à publier pour une vraie application de la loi », a prévenu Patrick Bénézit.


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DÉJÀ 10 RÉACTIONS


Jett
Il y a 15 jours
On a heureusement pas attendu la fnsea pour réagir (achat stock et décapitalisation tôt plus rentable) et integrer financièrement le fait que la production de lait va baisser cet hiver. Le prix du lait risque d'augmenter l'année prochaine, j'imagine que la fnsea s'en vantera!
Pour le spécisme, perso ça ne me fait pas peur...la plupart des gens se rendent compte que c'est des allumés ferme d'esprit qui ne connaissent pas l'élevage. Il suffira que quelques enfants souffrent malheureusement de rachitisme ou autre malnutrition pour que tout le monde comprennent pourquoi on mange de la viande en Europe!
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steph72
Il y a 15 jours
Debutant tu as très bien résumé la situation.
On va devoir assumer la sécheresse seul,l'etat en a rien foutre,il ne veut pas aider.
Les couts de productions explosent mais le prix de nos produits ont meme tendance à diminuer surtout en viande bovine à cause de la décapitalisation.
On a plus de marge de manœuvre,les euros manquants nous auraient bien aidés à passer les aléas climatiques.
Il y a encore trop d'eleveurs!
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debutant
Il y a 15 jours
je pense que l agriculture vie et va vivre les pires moments de son histoire en France les mauvaises decisions de contractualisation made in fnsea Brichard ou les couts de prod on s en foutait le cniel etait le phare des prix avec des methodes de fixation en lien avec les pays nordiques occultant la valorisation interieur du pays .Aujourd hui on pleur pour recuperer ce qui a ete laisse en chemin certainement un minimu de 30 euros de milles depuis 10 ans chacun n a qu a faire ses comptes et l argent qui serait disponible pour la secheresse aujourd hui .C est une honte d etre dans une telle merde alors que nous avons tout pour reussir dans ce pays .la fnsea est a virer sur le champ trop c est trop !
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jmb67
Il y a 15 jours
Rappelez-vous cette été, le gouvernement n'est intervenu que beaucoup trop tard devant l'Europe, et les mêmes ont rien à foutre de l'agriculture. L'économies agricoles marchent tout les organismes en amont et aval ne de plaignent pas, les agris ont toujours pleurer !!!!!!
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The germs
Il y a 16 jours
Pas faux Patou.
Il est claire que ça arrive un peu après la guerre.
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Baracouda
Il y a 10 jours
Le mouvement Végan et association L214 sont grandissant à cause du laxisme des services vétérinaires dans les abattoirs qui sont payés à Pas foutre grands choses hormis passer leur temps à la cafétéria ou à déclaré quelques carcasses « saisies « alors qu’elles sont impeccables.Le tout étant de faire gagner de l’arégent à l’abattoir ou bien aux apporteurs de capitaux.Il n’est pas rare de voir des vétos passer la quasi totalité de leur profession aux mêmes postes sans jamais mettre les pieds au débarquement des animaux ni dans les couloirs de contention.Nous devrions porter plainte nous mêmes éleveurs contre les services vétérinaires (DDPP) de nos départements lorsqu’ il y a maltraitance reconnue .
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Patou
Il y a 16 jours
Madame Lambert à été trop laxiste au départ et maintenant tout lui péte à la figure ;Monsieur Belin était comme il était mais jamais on en serait arrivé là On est à un doigt du non retour.Je m’explique :les vegans et consort prennent beaucoup trop d importance alors que leur attitude se rapproche d une secte ! Pour la sécheresse il fallait prendre des mesures en juillet maintenant il est trop tard pour la majorité des électeurs qui sont dans les zones les plus touchées l hiver va être très compliqué de plus le prix du lait baisse et tout augmente de façon exponentielle ! Honte aux industriels aux gms et à nos syndicats qui devaient être en vacances cet été au lieu de tirer la sonnette avec tout les éléments qu ils avaient en leur possession !
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Chrislait
Il y a 16 jours
Bien vu, c'est la moins mauvaise des solutions.....
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Tomy
Il y a 16 jours
Je ne comprends pas tout ( de la part de la fnsea ).
Décapitaliser , un peu et très tôt peu être assez intèressant.
Chacun sa manière de gèrer, Mais il est important que les animaux restant soient bien nourris et pas trop chers. Ainsi se sèparer de 10 à 15 % de ses animaux ( réformes + tôt ou génisses pleines ou .. ) peut s'avérer payant à condition de ne pas vendre dans la précipitation.
En élevage bovin, la capitalisation est importante et assez rapide donc en période de disette ne pas hésiter à diminuer un peu les effectifs
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milou
Il y a 16 jours
a bientot les elections...et la fnsea se rappel de nous!
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