Etats généraux de l'alimentationSodiaal souhaite faire bouger les lignes sur le prix du lait de consommation

| AFP

Damien Lacombe, président de Sodiaal, la plus importante coopérative laitière française, espère que les Etats généraux de l'alimentation permettront de trouver une solution concrète pour réévaluer le prix du lait de consommation.

Qu'attendez-vous des Etats généraux de l'alimentation ?

« La guerre des prix entre les enseignes depuis quelques années fait que tous les acteurs, de la GMS (la grande distribution, ndlr) aux producteurs, se retrouvent dans des situations où ils ne retirent plus de valeur sur certaines productions. Il faut saisir l'opportunité de faire bouger quelques lignes. On parle beaucoup de la répartition de la valeur, mais le sujet majeur pour nous, c'est la création de valeur.

Il y a des filières qui sont emblématiques de cette problématique, le lait de consommation en est une, pour cela nous avons fait une proposition concrète pour cette filière. Le consommateur est sensible à la répartition de la valeur et demandeur d'un certain nombre de choses : pâturage du bétail, alimentation non OGM et bien-être animal. On considère que les producteurs peuvent mettre en avant ce qu'ils font bien et même développer des stratégies nouvelles à ce niveau là, à condition qu'ils y trouvent leur compte, et que les consommateurs paient le prix de ces engagements là. Nous pensons que le lait de consommation est un produit assez emblématique pour pouvoir avoir des engagements de la part de la filière complète, de la GMS jusqu'au consommateur. Nous essayons de faire porter ce sujet par Syndilait, le syndicat des fabricants de lait. »

Cet engagement commun avec le consommateur est déjà le pari de certaines petites marques portées par les éleveurs, comme « C'est qui le patron ». Vous voulez suivre cet exemple ?

« Ces démarches là sont intéressantes parce qu'elles dynamisent le rayon et font parler du lait, mais elles ne déplacent pas la moindre ligne en termes de création de valeur. La grosse différence, c'est qu'on voudrait un engagement de filière parce que nous pensons que l'addition des petites niches va permettre à certains de montrer qu'ils font un pas en avant, mais si on raisonne filière globale on n'aura pas avancé d'un pouce. On n'aura pas déplacé la moindre ligne si on ne fait pas quelque chose de plus global.»

La crise du lait n'a pas épargné les coopératives, qui se retrouvent mises en cause par les producteurs de lait adhérents, que leur répondez-vous ?

« Conformément à notre statut coopératif, toute la richesse qui est créée est faite pour être redistribuée selon une clé décidée par les producteurs eux-mêmes. Nous allons mettre en place de nouvelles règles pour que la confiance revienne entre les adhérents de la coopérative et ses responsables. Nous avons fait valider par les délégués à la dernière assemblée générale une formule selon laquelle notre redistribution du résultat est prédéfinie : deux tiers du résultat du groupe Sodiaal pour les agriculteurs et un tiers pour la coopérative. Chacun saura ainsi ce qui va lui revenir. On est également en train de travailler sur une nouvelle formule de prix du lait qui sera liée au mix-produit de Sodiaal. Elle sera liée d'une part aux revenus tirés des différents circuits de distribution : la GMS, la distribution spécialisée, la restauration hors foyer (RHF) ou les marchés internationaux. Une deuxième composante sera liée à l'environnement concurrentiel. Les producteurs sauront quelles sont les valorisations liées à chaque partie du mix. Avec ces deux éléments, on pense que le système est vertueux puisqu'il permettra à tous les producteurs et les responsables de la coopérative d'avoir un seul objectif : que le résultat s'améliore puisqu'il est partagé derrière.


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