Fédération nationale bovineRien ne justifie la perte de 300 ¤/animal depuis un an

| par | Terre-net Média

La baisse des prix observée depuis un an est fabriquée de toutes pièces et laisse sur le carreau des centaines d'éleveurs selon la Fédération nationale bovine. Explications.

Jean Pierre Fleury, président de la Fédération nationale bovine;Jean-Pierre Fleury, président de la Fédération nationale bovine. (©Fnb)

La Fnb s’engage sur plusieurs fronts en cette période de rentrée. Elle veut mettre fin à la mécanique baissière des prix des bovins viande de nouveau engagée depuis un an alors que sur le fond, rien ne justifie cette tendance. L’occupation de la grande surface Leclerc la semaine dernière a donné le ton de la rentrée syndicale de la section spécialisée de la Fnsea.

Or le rééquilibrage des aides Pac pour la majorité des éleveurs de bovins viande ne sera bénéfique que si la filière parvient à supprimer un certain nombre d’obstacles pour retrouver des marges au niveau de l’an passé. En un an, les producteurs de bovins viande auraient perdu jusqu’à 300 € par animal. A ce jour, le coût de production d’un kilogramme de carcasse est de 4,50 € alors que le prix du marché avoisine 3,70 €. Leurs élevages sont en effet soumis à des règles environnementales bien plus contraignantes que celles imposées par l’Union européenne. L’entrée en application de la nouvelle directive nitrates va davantage pénaliser les éleveurs. La Fnb s’attend à des revenus en fort recul pour 2014.

Des prix bas aux dépens des éleveurs

Ce différentiel de prix résulte de différents facteurs consciemment orchestrés par les acteurs amont de la filière, selon la Fnb. Alors qu’ils devraient s’allier avec le gouvernement pour décrocher des marchés à l’export, ils font bande à part. Ils préfèrent se rabattre sur le marché intérieur et profiter, avec une offre abondante et des prix bas peu rémunérateurs pour les éleveurs. C’est leur crédo.

Pour eux, le danger n’est pas les importations et la perte de parts de marché mais des prix plus élevés ! Cette stratégie, la Fnb n‘en veut pas car elle conduira à la disparition des élevages.

Cette inertie dénoncée par le syndicat, qui conduit à des prix bas, trouve aussi ses racines sur le marché intérieur. Les éleveurs de bovins viande sont victimes d’un manque de positionnement de leur produit auprès des consommateurs dont se satisfont les distributeurs. Le logo Vbf "Viande bovine française" apposé sur les barquettes n’est toujours pas généralisé, regrette Jean-Pierre Fleury, président de la Fédération nationale bovine. Et les professionnels de l’abattage et de la transformation de la viande ont recours à des pratiques "low cost" qui nuisent à la qualité intrinsèque de la viande française par conséquent insuffisamment valorisée.  

La pression baissière sur les prix s’explique aussi par l’attitude adoptée par les grandes surfaces. Les gains de productivité de leurs fournisseurs doivent d’abord profiter, selon les responsables des centres Leclerc, aux consommateurs et cela aux dépens des éleveurs français mais pas des marges commerciales des distributeurs, souligne Jean-Pierre Fleury. Il s'inscrit ainsi en faux face aux conclusions de Philippe Chalmin, président de l'observatoire des marges et des prix. Et l’embargo russe est d’emblée un nouvel argument pour mettre en concurrence les éleveurs européens entre eux, et les polonais en particulier.

Une stratégie offensive

Résultat, le déficit commercial des produits à base de viande a augmenté de près de 40 % au cours des six premiers mois de l'année par rapport à 2013. Les responsables de cette situation sont non seulement la grande distribution mais aussi les collectivités locales, selon la Fnb. Alors qu’elles promeuvent les circuits courts, la nature des contrats passés avec les chaînes de restauration collectives ne favorise pas la production de viande française. En privilégiant là encore les prestations à prix bas, ces contrats concourent fortement à la diminution des cours des bovins puisqu'ils optent massivement pour des importations de viande bovine. Jean-Pierre Fleury n’a pas manqué de le faire savoir aux responsables des collectivités territoriales en cette veille de rentrée. Les bonnes résolutions, c’est maintenant qu’il faut les prendre !     


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DÉJÀ 2 RÉACTIONS


fafa18
Il y a 1371 jours
Mr Fleury jean pierre.Pourquoi vous ne demandez pas au gouvernement qu'il fasse pour l'agriculture un prix de base de vente.Se qui permettrais à tous l'ensemble de l'agriculture de pouvoir se faire une estimation sur ses ventes annuel.Cela n' empêche pas de vendre plus chère si la qualité est la.
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lolo42
Il y a 1690 jours
c'est trop tard pour les beaux discours, on ne doit plus demander la stabilisation des prix mais exiger un prix rémunérateur !!! tous ces dirigeants de nos filières ferait bien de se réveiller on CREVE on ne peut plus installer nos JEUNES AGRICULTEUR !!!!!
mettez vous en ALERTE ROUGE, la colère est retombé le désespoir arrive avec son lot de faillite de divorce de suicide .
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