Pac et marchés laitiers« Réguler les marchés coûte moins cher que gérer les conséquences des crises ! »

| par | Terre-net Média

En publiant une analyse sur les mesures d'aides à la réduction de la production laitière, le think tank Momagri estime qu'il faut profiter de la consultation publique sur la réforme de la Pac, lancée le 2 février 2017 pour trois mois, pour défendre le développement d'outils européens de régulation.

Proportionnellement à son niveau de production et son nombre de producteurs laitiers, la Belgique est le pays qui s'est le plus engagé dans le plan européen de réduction de la production laitière, selon Momagri.Proportionnellement à son niveau de production et son nombre de producteurs laitiers, la Belgique est le pays qui s'est le plus engagé dans le plan européen de réduction de la production laitière, selon Momagri. (©Terre-net Média)

« La consultation publique sur la Pac 2020 devra tirer les enseignements de la crise agricole et du succès de la mesure de réduction de la production laitière », estime le think tank Momagri, réagissant à l’ouverture, jeudi 2 février 2017, d’une consultation publique à l’échelle européenne sur la prochaine réforme de la Pac.

Momagri a publié une analyse des mesures d’aide à la réduction de la production laitière activées en 2016 pour faire face à la crise de surproduction.

« Rappelons que les éleveurs laitiers européens se sont vus proposer la possibilité de réduire leur production contre une aide minimum de 14 centimes d’euros par litre de lait non produit, explique l’organisation. L’objectif était de rééquilibrer le marché en réduisant de 2,8 % la production du quatrième trimestre 2016. »

« Donnant tort aux experts qui pensaient que la mesure ne serait que très peu utilisée, 27 des 28 membres de l’UE ont activé la procédure, en utilisant de plus la possibilité de compléter le montant européen. La France a ainsi choisi de porter à 24 centimes le montant de l’aide au litre de lait non produit dans la limite de 5 % de la production. »

Dans son analyse, Momagri a construit un indicateur de participation au programme basé sur la synthèse de deux variables : la part de la production engagée à réduction et la part d’éleveurs engagés dans chaque Etat membre.

« La Belgique arrive première sur l’indicateur de synthèse, révélant ainsi le très fort engagement des producteurs belges qui sont près de un sur deux (45,5 %) à avoir adopté la mesure pour une réduction de la production de 3,3 %. L’Irlande et le Portugal complètent le podium. Se classent après la France (32,3 % des producteurs et 2,9 % de volumes engagés) et l’Allemagne (18,4 % des producteurs mais davantage de volumes engagés 3,6 %). »

« La remontée des prix observée actuellement s’explique en partie par la mesure de réduction de la production laitière qui aura couté 150 millions d’euros, plus les compléments que les Etats membres ont choisi d’apporter. Un montant au final bien modeste pour remettre sur les rails une filière laitière européenne qui représente 97 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel (source Eurostat). »

« Peut-être cette mesure aurait-elle pu être mise en place plus tôt, s’interroge le think tank. Cela aurait évité de faire exploser les stocks de poudre de lait à 355 000 tonnes, soit plus de trois fois le plafond établi lors de la dernière réforme, pour un coût dépassant les 600 millions d’euros. D’autant qu’ils continuent de peser sur les cours. »

« Ce programme aura également atteint un second objectif : prouver que la régulation n’est pas morte ! C’est la raison pour laquelle Momagri participera activement à la consultation de la Commission européenne afin de faire valoir ses propositions pour donner un nouveau cap stratégique à la Pac. »


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DÉJÀ 3 RÉACTIONS


titian
Il y a 219 jours
A tiens maintenant l'eau mouille, on nous prend vraiment pour des abrutis.
Les conséquences tout le monde les connaissaient, maintenant on fait mine de... Mais au final les basiques ne seront pas démenti de ci tôt : l'efficience des "marchés" ne sera pas remise en cause.
Au mieux l'aménagement de quelques soins palliatifs avec la nouvelle PAC, et pourquoi pas de l'assurance pour aussi capter sur la volatilité.
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steph72
Il y a 220 jours
La commission va t elle se rendre compte de son erreur et changer d'orientation vers plus de régulation??
A moins que le lobby des transformateurs l'ait influencé,plus de dérégulation= baisse de prix et accélération de la restructuration.
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herse 302
Il y a 221 jours
Il faudrait écouter l'EMB plutot que le COPA COGECA depuis le temps qu'il le dit !
Et les producteur ne s'en porterait que mieux !!!!
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