Pac et productions animalesQuels instruments pour un élevage durable et rémunérateur ?

| par | Terre-net Média

Entre les attentes sociétales, le changement climatique et la nécessité de dégager un revenu décent, les productions animales font face à de nombreux enjeux. Et si des voix s'élèvent en faveur d'une réduction forte de l'élevage pour limiter ses conséquences négatives sur l'environnement, le climat, voire la santé, ces critiques doivent être mises en parallèle des bénéfices également apportés pour permettre l'élaboration de politiques agricoles optimisées.

La Pac peut favoriser l'adaptation des productions animales européennes aux enjeux économiques et environnementaux actuelsLa Pac peut favoriser l'adaptation des productions animales européennes aux enjeux économiques et environnementaux actuels. (©Terre-net Média/Pixabay) 

Les agricultures européennes font aujourd’hui face à de nombreux enjeux qui concernent peut-être un peu plus fortement les productions animales, entre difficultés économiques, environnement, émissions de gaz à effet de serre par les ruminants ou les déjections, mais face également aux attentes sociétales en matière de bien-être animal et de santé. 

Cependant, ces effets négatifs de l’élevage doivent être mis en parallèle « des effets positifs que peuvent avoir les productions animales, comme l’occupation de l’espace, le patrimoine, le stockage de carbone quand l’élevage est fortement basé sur l’herbe, le maintien de la biodiversité, explique Hervé Guyomard, directeur de recherche Inrae.

Retrouvez ci-dessous l'interview d'Hervé Guyomard sur les défis auxquels sont aujourd'hui confrontées les productions animales européennes : 

Dans l’ouvrage Quelle politique agricole commune demain ? qu’il a coordonné avec Cécile Détang-Dessendre et publié en juin 2020 aux éditions Quae, un chapitre(1) est consacré à la problématique des productions animales et aux pistes de solutions que la nouvelle Pac pourrait apporter, en matière de durabilité et de rémunération.

Un équilibre à trouver

Ainsi, il faut trouver un juste équilibre entre la réduction des effets négatifs et la valorisation des effets positifs de l’élevage, explique le directeur de recherche. 

Et cet équilibre doit permettre l’atteinte d’un certain nombre d’objectifs, notamment des revenus plus élevés et plus stables pour les éleveurs, des impacts négatifs réduits sur l’environnement et la santé (baisse des émissions de GES, des fuites de nutriments dans les milieux et des utilisations d’antibiotiques), un accroissement de la fourniture des aménités positives (stockage de carbone dans les sols sous prairies, maintien de paysages ouverts et diversifiés…), de meilleures conditions de travail en élevage, et des relations élevage-société apaisées.

Quels leviers dans la Pac ?

Dans ce contexte, l’ouvrage énonce un certain nombre de recommandations pour la mise en place « d’une politique agricole commune optimisée, en tenant compte de la diversité des espèces et des systèmes d’élevage ». « Le soutien budgétaire octroyé aujourd’hui aux exploitations d’élevage au titre des deux piliers de la Pac est élevé, ce qui ouvre la porte à d'importantes possibilités de réorientation au service d’une plus grande durabilité », indiquent les auteurs.

Pour favoriser la transition agro-écologique, la future Pac pourrait ainsi miser sur une conditionnalité forte et croissante dans le temps, « fondée sur une application plus stricte du principe pollueur-payeur et complétée par des incitations financières en vertu du principe fournisseur-bénéficiaire pour des efforts allant au-delà du minimum réglementaire », estiment les auteurs. Il apparaît nécessaire, pour cela, de passer d’une obligation de moyens à une obligation de résultat, afin d'aller vers les paiements pour services environnementaux. Pour favoriser une transition à grande échelle, ces dynamiques pourraient par ailleurs être encouragées au niveau du territoire, par exemple via un bonus d’agglomération.

Des bénéfices environnementaux mieux rémunérés

Les nombreux bénéfices environnementaux rendus par les prairies devraient par exemple être mieux reconnus et mieux rétribués, à partir d’une définition tenant compte de son âge, de sa composition et de sa conduite, et en allongeant la période permettant le classement en prairies et pâturages permanents, en la faisant passer de 5 ans aujourd’hui à 10 ans environ. La rémunération passerait par un critère de conditionnalité maintenu, complété par des aides ciblées sur les services rendus. « Il faut se poser la question du maintien des aides couplées aux productions animales », estime en effet Hervé Guyomard, qui propose de les remplacer par des aides proportionnées aux services rendus.

Autre piste évoquée par les auteurs, pour les zones où l’activité agricole est difficile : l’ICHN pourrait être revue, avec des aides de compensation plus importantes des surcoûts liés à la localisation et en remplacement des aides couplées, pour favoriser le choix de la production la plus adaptée au territoire. Enfin, un niveau minimum de bien-être animal pourrait être intégré à la conditionnalité, pour répondre davantage aux attentes sociétales.

(1) "La Pac, les productions animales et les consommations de produits animaux", par Hervé Guyomard, Zohra Bouamra-Mechemache, Vincent Chatellier, Luc Delaby, Cécile Détang-Dessendre, Jean-Louis Peyraud, Vincent Réquillard.


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DÉJÀ 27 RÉACTIONS


vik
Il y a 7 jours
Moi je demande manger français donc contrôle des étiquettes pas de subvention comme ça mon veau aura une valeur
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hub
Il y a 8 jours
Oui Jeuneagri ta PAC n'augmentera pas , par contre elle pourrait bien baisser si tu n'adheres pas aux nouveaux objectifs ...
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Jeuneagri
Il y a 8 jours
Il dit d'augmenter les compensations financière en faveur de l'environnement : ma question est COMMENT ? Sachant que le budget PAC ne bougera pas... (1+1=1???) . Encore un idéologue à côté de la plaque. Encore une tentative d'endoctrinement dangereuse pour notre profession.
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Stan
Il y a 8 jours
Les friches auguementeront les terres en pente et en cailloux granitique tu casse le matériels tu verra les céréaliers se pleindre car les cailloux sa remonte tous les ans et des terres moins rentable car peut de PAC ils y laisseront des sous que le gouvernement veut récupérer.
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Stan
Il y a 8 jours
Les prix de la viande n'a pas changé pour les producteurs et la PAC à diminuer tous les ans depuis plus de ans résultats vous mettez en difficultés les éleveurs alors qu'ils subissent le réchauffement climatique animaux maigre pour les transformateurs, vous mettez en difficultés les transformateurs dans un avenir proche avec des fermeture à la clé.
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Romo
Il y a 2 jours
Effectivement vous avez sans doute raison : productions animales et végétales sont complémentaires. J'en ai fait l'expérience après avoir arrêté l'élevage sur ma ferme, je n'avais plus de fumier. En 3 ans, les rendements des cultures ont baissé et les plantes se portaient moins bien ; elles étaient aussi moins dynamiques par rapport aux adventices et autres agresseurs. Dès que j'ai retrouvé du fumier que j'ai épandu régulièrement, même en petite quantité, j'ai vu la différence : les cultures allaient mieux et les rendements sont devenus meilleurs. Comme quoi j'avais oublié que la pratique de polyculture-élevage est gagnante par rapport à l'agriculture chimique uniquement. Le sol se portait mieux et moi aussi. Ceux qui remettent l'agronomie en pratique, et pas seulement la culture, ont raison et la PAC devrait en tenir compte. Evidemment çà ne fait pas les affaires de l'amont et de l'aval de l'agriculture. Mais ce qui compte c'est le revenu n'est-ce pas et pas le chiffre d'affaires...
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PàgraT
Il y a 8 jours
Je ne sais pas si cela vient de notre journaliste ou de l'avis même de ces technocrates, mais à aucun moment, il n'est question des complémentarités essentielles entre les productions animales et végétales ! Pourtant, la fertilité des sols, première des richesses des paysans et de la nation si on regarde bien, en dépend très fortement !
J'aurai bien un projet pour obtenir une technocratie agricole durable, on devrait indexer leurs salaires sur le revenu des paysans !
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hub
Il y a 8 jours
Quand tu commences a redonner de la tva ,c'est bon signe,t'es autonome !!
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hub
Il y a 8 jours
Plus d'investissements, plus d'achats, que des frais d'entretiens . Précision : j'suis au micro-BA et j'ai plus d'emprunts...
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Jonathan
Il y a 8 jours
Je trouve ton raisonnement rarement vrai. Donne des exemples précis stp
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