[Infog/Data] Ministère de l'agricultureQuelle place du ministre de l'agriculture au sein du gouvernement ?

| par | Terre-net Média

Les changements de gouvernement suscitent régulièrement des interrogations quant à l'identité du futur ministre de l'agriculture, mais qu'en est-il de la place de son ministère au sein du gouvernement ? Si l'écologie prend depuis plusieurs années une importance croissante, le rang protocolaire du ministre de l'agriculture recule-t-il au fil des ans, témoignant de la perte d'influence du secteur agricole dans la politique et, plus globalement, dans la société ?

Quelle place du ministère de l'agriculture et de ses sujets dans les priorités au sein du gouvernement ? du gQuelle place du ministère de l'agriculture et de ses sujets dans les priorités au sein du gouvernement ? (©Terre-net Média) 

Suite au changement de gouvernement, Didier Guillaume quitte finalement le ministère de l’agriculture (et le gouvernement), remplacé par Julien Denormandie, qui est attendu sur plusieurs sujets (foncier, plan protéines, réforme de la Pac, suite de la loi Egalim…) avec, depuis la crise sanitaire, des attentes sociétales renforcées vis-à-vis de la souveraineté alimentaire, mais aussi vis-à-vis de la protection de l’environnement et du changement climatique.

Son homologue au ministère de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, part au ministère du travail, et est remplacée par la députée de la Somme Barbara Pompili, secrétaire d’État chargée de la biodiversité entre 2016 et 2017, puis présidente de la commission développement durable à l’Assemblée nationale. Le chef de l’Etat souhaitait en effet une nouvelle incarnation de son « virage vert » pour rassurer quant à sa volonté d’avancer plus rapidement sur les sujets environnementaux, dans le sillage de la convention citoyenne pour le climat qui lui a rendu fin juin 149 propositions pour permettre à la France de réaliser ses objectifs de réduction de gaz à effets de serre.

Dans ce nouveau gouvernement mené par Jean Castex, les deux ministres arrivent, sur 17 ministres, 16e (pour l’agriculture) et 3e (pour la transition écologique) dans la hiérarchie gouvernementale. Une stagnation pour le ministère de l'agriculture, mais une promotion pour l'écologie. Est-ce significatif de la place accordée à leurs sujets respectifs par le président de la République ?

Retrouvez dans l’infographie ci-dessous l’évolution des rangs protocolaires des ministres de l’agriculture et de l’environnement depuis 1959 :

La première apparition d’un ministre délégué à la protection de la nature et à l’environnement remonte à 1972, avec la nomination de Robert Poujade. Dans les gouvernements suivants, le portefeuille de l’environnement relève soit de secrétaires d’État ou de ministres délégués, soit n’est pas dévolu. La pérennité semble acquise à partir de 1991, où le portefeuille de l’environnement revient systématiquement à un ministre.

On constate que si le rang protocolaire du ministre de l’agriculture reste relativement stable depuis le début de la Vè République, les ministres de l’environnement sont de plus en plus haut placés dans la hiérarchie gouvernementale. Un signe de l’importance relative de ces sujets au sommet de l’État ? 

La réforme de la Pac de 1992 semblent, en tout cas, avoir eu un impact sur la place du ministère de l'environnement, qui progresse à ce moment-là de plusieurs rangs au sein du gouvernement.

Si ce comparatif reflète bien l’importance croissante qu’a pris l’écologie dans les préoccupations politiques et sociétales actuelles, il faut cependant relativiser la signification du rang protocolaire, sachant que l’importance des personnalités politiques à la tête des ministères a également une influence. On peut remarquer que les ministres de l’agriculture qui ont eu les rangs les plus élevés ont ensuite eu des fonctions plus importantes (Jacques Chirac, Michel Rocard, Edith Cresson…). Parallèlement, Delphine Batho, jeune ministre de l’environnement sous François Hollande, n’arrivait qu’en onzième position dans la hiérarchie des ministres, tandis que deux ans plus tard, sous la même présidence, Ségolène Royal, ancienne ministre et ancienne compagne du chef de l’Etat, est troisième en occupant ce poste.

33 ministres de l'agriculture depuis 1958

Julien Denormandie est la 33e personnalité à s'asseoir dans le fauteuil de ministre de l'agriculture depuis le début de la cinquième République, en 1958. Des ministres aux bilans hétérogènes, certains étant resté un mois en place, d'autres quatre ou cinq ans. 

Retrouvez dans la Timeline ci-dessous tous les ministres de l'agriculture de la V e République.

A vous de jouer !

Vous connaissez la biographie de tous ces ministres sur le bout des doigts ? Voilà un petit test pour le vérifier.


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DÉJÀ 7 RÉACTIONS


Pipo
Il y a 27 jours
«Réaliste aussi» la grosse différence entre l'agriculture et les autres secteurs, nous sommes les seuls à vendre en dessous des coûts de productions ! Aucune entreprise française n'est en concurrence avec le monde entier! Ensuite si on revient à l'ancienne comme vous dites, on reprend les chevaux, les boeufs et on décuple les prix de vente! pas sur que le consommateur y soit prêt. lol
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Romain95
Il y a 29 jours
Tu aurais sûrement eu le bac cette année alors...
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Romain95
Il y a 29 jours
En effet le problème franco-français soit disant d'un manque d'innovation vient aussi peut être d'un manque de solidarité d'une partie des exploitation monopolisant le système et la course au profits...
Les exploitations agricole sont peut être les principales responsable du déclins des paysans et agriculteurs...
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Réaliste aussi
Il y a 28 jours
@Réaliste: il n'y a pas vraiment de problème à la situation que vous décrivez. En effet, les consommateurs souhaitent des produits locaux, qualitatifs et respectueux de leur environnement et non ceux produits au Brésil ou aux US à coup d'OGM et pesticides associés et aux dépens de leur propre habitat.
Donc tout va bien, il suffit de produire ce qu'attendent les consommateurs, en les orientant aussi vers les savoir-faire et terroirs ; au lieu de vouloir s'évertuer à produire des quantités et des quantités à l'ancienne, juste pour faire comme avant ou comme les autres. En gros, ce que font la plupart des entreprises qui s'adaptent et anticipent les attentes de leurs clientèle...
Désolé pour les gros tracteurs et les mégamachines, il semble qu'il faille aller dans ces pays aux technologies si attractives.
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Réaliste
Il y a 31 jours
On est devenu des rigolos qui jardinent au frais du contribuable. On nous a bloqué dans les années 90, tous les pays se sont développés, ont développé les biotechnologies, l'irrigation. Nous, la population veut nous faire retourner à la traction animale. La Bretagne et le Nord qui tiraient encore leur épingle du jeu sont d'ailleurs en train de tomber. Egalim on connaît déjà le résultat, le plan protéine c'est une blague (produire du soja sans désherbant valable ni irrigation, en face de pays avec des OGM, de la main d'oeuvre payée au lance-pierre et 2 recoltes/an..lol). On ne peut pas donner raison continuellement aux écolos zadistes et développer en même temps une agriculture sérieuse. Et ce n'est pas la faute à l'Europe comme on l'entend souvent, les autres pays européens s'en tirent très bien, le problème est franco-français. Au passage regardez le niveau du baccalauréat en France vs en Roumanie, vous comprendrez qu'on se complaît dans notre médiocrité crasse.
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tracteur4
Il y a 31 jours
AUCUNE INEXISTANT si ce n est le salaire et les prestations qui vont avec la place de toute facon un ministre de l griculture n a aucun pouvoir si ce n est que faire du vent car c est
l EUROPE qui decide
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Jeuneagri
Il y a 31 jours
Alors que pendant la crise l'agriculture était si importante d'après ses mots... Qu'à fait l'écologie pendant ce temps-là ? Rien... Une fois de plus on nous prends pour des m... et cela juste avant la négociation PAC ? Niveau stratégie c'est complètement nul.
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