Coopération agricolePrête pour répondre aux nouveaux défis après une année de mutation

| par | Terre-net Média

De la prise de fonction de Dominique Chargé en tant que président au lancement d'une nouvelle identité en décembre, l'année 2019 a été pour la Coopération agricole, ex-Coop de France, une année de renouvellement pour s'adapter aux nouvelles attentes des agriculteurs et des jeunes installés. L'organisation est désormais parée pour répondre, en 2020, aux nouveaux défis auxquels la profession agricole doit faire face.

Dominique Chargé, président de la Coopération agricole, dresse le bilan de 2019 et évoque les objectifs de l’organisationDominique Chargé, président de la Coopération agricole, dresse le bilan de 2019 et évoque les objectifs de l’organisation (©Terre-net Média)

« Nous avons beaucoup travaillé à l’adaptation, à la rénovation de notre modèle coopératif », explique Dominique Chargé, président de la Coopération agricole, en dressant le bilan de l’année passée. Car si les différentes enquêtes menées auprès des agriculteurs montrent un certain attachement aux coopératives (trois sur quatre adhèrent à au moins une coopérative) et la forte présence de ces dernières sur les territoires, leur gouvernance a parfois été attaquée, ainsi que leur capacité à répondre aux défis économiques et sociétaux actuels. 

La remise en question se traduit avant tout dans la nouvelle identité de Coop de France, désormais nommée la Coopération agricole, avec un logo qui veut retranscrire l’idée de « mouvement » et la volonté d’apporter « des réponses individualisées sur la base de nos outils collectifs et non des réponses communes à une somme d’individus », à travers la signature « construisons ensemble un avenir pour chacun », explique le président de l’organisation.

Compétitivité et accompagnement des transitions

Dans ses nouvelles priorités pour 2020, la Coopération agricole, qui représente 40 % du chiffre d’affaires de l’agroalimentaire, n’oublie pas l’importance de son rôle économique et entend renforcer sa présence sur tous les marchés, du local à l’international, mais aussi la restauration hors domicile et les produits intermédiaires.

« 2020 sera l’heure de vérité pour la mise en application et la réussite de la loi Égalim », explique Dominique Chargé, qui fait cependant état, pour les négociations commerciales en cours, de « logiques toujours très empreintes de guerre des prix et de demandes de déflation ». 

Autre priorité de l’organisation, le pacte productif lancé par le Gouvernement. La Coopération agricole veut notamment travailler sur le différentiel de compétitivité entre la France et l’Allemagne, l’impôt de la production étant trois fois moins élevé outre-Rhin que dans l’Hexagone. Le sujet de l’emploi est également crucial, puisqu’il devient de plus en plus difficile, pour les coopératives, de trouver des salariés (notamment les conducteurs de ligne, ou les postes de maintenance). « 20 000 emplois n’ont pas été pourvus dans les filières alimentaires en 2018, cela peut devenir un facteur limitant voire menacer la pérennité de nos activités », s’inquiète le président de la Coopération agricole.

Cependant, la présence sur les différents marchés ne pourra se faire qu’avec un modèle économique adapté. « Nous devons passer d’une économie en flux poussé, où le rôle des coopératives était de chercher des débouchés, à une mise en adéquation de la production agricole avec les attentes des marchés, attentes qui sont quantitatives, mais aussi qualitatives, avec de la planification », estime Dominique Chargé. 

Avec 78 % de nouveaux coopérateurs qui attendent de leur coopérative une aide au pilotage technico-économique de leur exploitation (enquête Agrodistribution, automne 2018), les coopératives doivent par ailleurs renforcer leur présence personnalisée au plus près de l’agriculteur, tout en s’inscrivant dans une dynamique d’amélioration des pratiques. 76 % de la production de céréales bio en France est produite et collectée par des coopératives, rappelle le président de la Coopération agricole. Les vignerons coopérateurs, intégrés en 2018 à l’organisation, ont quant à eux fixé un objectif de 100 % des coopératives engagées en HVE ou bio dans les cinq ans, avec au moins 50 % de ces coopératives certifiées dans le même temps.  

Renouvellement des générations

Parallèlement, le renouvellement des générations au sein des coopératives est également une priorité pour l’organisation, d’autant que les jeunes installés restent intéressés par le modèle et sont demandeurs de services que peuvent assurer les coopératives. D’après une enquête du Casdar, deux coopératives sur trois proposent un appui technique, administratif et financier. La moitié mettent en place des mesures pour inciter à la prise de responsabilité, et une sur trois constitue une instance de gouvernance dédiée aux jeunes installés. 

Et si la Coopération agricole se félicite de l’adéquation entre les services qu’elle rend et les besoins des jeunes, puisque 57 % des nouveaux installés livrent leur production à une coopérative et que trois quarts des jeunes installés ont repris le partenariat antérieur de l’exploitation (80 % l’ayant fait par choix), on constate « un déficit de la perception de tous les dispositifs d’accompagnement des coopératives », souligne Dominique Chargé. Pour y remédier, la Coopération agricole va travailler sur la visibilité de ses actions, notamment au niveau de la formation initiale, puisque seulement un jeune installé sur trois déclare avoir eu une information spécifique sur le modèle coopératif au cours de sa formation. 

Or, l’avenir de ce modèle est dans un accompagnement, notamment économique, de plus en plus précis et de plus en plus proche de l’agriculteur estime Dominique Chargé. « Et ce n’est pas de l’intégration, il ne peut pas y avoir d’intégration car la coopérative appartient aux agriculteurs », précise-t-il, confiant dans le fait que ces derniers adhèrent au modèle par choix et y trouvent « une relation de partenariat privilégiée ». 


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