Élevage allaitantPourquoi une telle accélération de la décapitalisation depuis 2016 ?

| par | Terre-net Média

Avec 250 000 têtes de moins depuis 2016, le cheptel allaitant français est en net déclin depuis quatre ans. Une diminution qui s'explique par plusieurs facteurs avec, en tête, le manque de rentabilité. Globalement, les allaitants spécialisés perdent des vaches, et si les installations conservent une bonne dynamique, les nouveaux venus ne privilégient pas la dimension ou la croissance en cheptel.

Entre faible rentabilité et départ en retraites, la décapitalisation du cheptel allaitant français s'est accélérée depuis 2016Entre faible rentabilité et départs en retraite, la décapitalisation du cheptel allaitant français s'est accélérée depuis 2016. (©Terre-net Média) 

Avec 250 000 têtes de moins depuis 2016, le cheptel allaitant français a diminué de – 6,2 % en quatre ans, et de presque 2 % entre 2019 et 2020, a rappelé Hélène Fuchey, économiste à l’Idele, présentant les résultats de l’étude « Dynamique allaitante » à l’occasion d’un webinaire, le 7 octobre. Si la période 2013-2016 a été marquée par une capitalisation malgré un contexte de prix défavorable, la décapitalisation s’accélère depuis. Le baisse du nombre de détenteurs s’est également accélérée depuis 2016, passant à - 1300 par an, contre une moyenne de - 720 par an depuis le début des années 2000.

Les allaitants ou mixtes qui deviennent plus petits ou arrêtent l’activité sont ceux qui contribuent le plus à la décapitalisation, avec - 261 000 vaches de moins entre 2016 et 2019. Les allaitants spécialisés, qui gagnaient des vaches pendant la période précédente, en perdent également sur ces trois dernières années (- 10 000 vaches).

Les évolutions positives ne compensent pas ces pertes, que ce soit du côté des éleveurs en mixte, qui gagnent 30 000 têtes, ou du côté des créations d’ateliers, malgré leur dynamisme (+ 52 000 vaches). À noter que les évolutions entre productions impactent peu la tendance globale, puisque les transferts entre laitiers/allaitants (et inversement) représentent + 6 000 vaches, tandis que les allaitants qui se spécialisent vers l’engraissement font perdre 9 000 têtes sur la période.

La faible rentabilité, principal frein

Pour mieux comprendre les raisons de cette décapitalisation, l’Idele a étudié les dynamiques à l’œuvre dans plusieurs départements. Si la retraite est le premier facteur d’arrêt, la faible rentabilité reste un poids important qui menace l’avenir de la filière.

Le manque de rentabilité est ainsi un facteur d’arrêt et de changement d’activité, dans certains départements comme la Vendée, où le marché de l'emploi offre d'autres possibilités. La recherche d'un meilleur revenu peut également pousser les éleveurs à se tourner vers d’autres spécialisations (concurrence des cultures dans les Ardennes et dans la Meuse, par exemple) ou vers une diversification, vers la volaille, ou la production d’énergie, entraînant parfois un recul de l’atelier bovin, explique Hélène Fuchey.

La diversité des installations – qui restent essentiellement dans le cadre familial - est particulièrement marquée dans le secteur bovin viande, souligne également l’étude, avec des exploitants qui sont loin de privilégier la dimension et la croissance en cheptel. Les installations tardives (après 40 ans) progressent, illustrant la diversité des parcours, et stimulées par la Pac et la reconnaissance des Gaec (permettant de clarifier le statut des conjoints), explique de son côté Christophe Perrot, du département Economie de l’Idele. 

Cependant, l’agrandissement ne s’est pas pour autant arrêté, puisque les cheptels de plus de 100 vaches continuent leur progression en nombre d’ateliers et en cheptels, mais cette dynamique ralentit.  

Enfin, l’évolution de la main d’œuvre, et de la charge mentale, apparait également comme un frein à la création d’ateliers allaitants. Sachant que « la passion » reste primordiale, et peut également constituer un facteur d’arrêt, par exemple quand l’associé responsable de l’atelier allaitant part à la retraite, explique également Hélène Fuchey.


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DÉJÀ 45 RÉACTIONS


debutant
Hier
bonjour Sophie le soucis , se sont toujours les extremistes qui parlent et donnent une image radicale a l ensemble .Il serait bien d entendre des gents moderes avec des arguments propre a leur choix de vie , respectant le mode de vie des autres .Cela s appel la laïcité .
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Patrice brachet
Il y a 14 jours
Joannot quand on a des messages importants a faire passer on écrit avec son vrai nom on ne se cache pas derrière un pseudo. Vous avez l air d avoir un grand savoir intellectuel faites partager mais avec votre vrai nom ! Moi c est mon identité cela ne me pose aucun problème et comme je suis passionné par la culture des proteagineux en général cela permet d échanger avec certains collègues et même de les rencontrer et c est très intéressant Alors Joannot un peu de courage. Cdlt
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eeee
Il y a 15 jours
Dans l'ain, la Saone et Loire la Nievre...on trouve élevages de 1000 hectares
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Patrice brachet
Il y a 15 jours
À côté de chez moi il y’a une usine à bitume qui va se construire Eh bien des farfelus ont fait croire que l on perdrait l appellation noix du Perigord si l usine se montait. Je vous dit pas la panique. Eh bien là des bien pensants et avec des arrières pensées bien précises colportent des inexactitudes pour dans quelques temps implanter leur business. Ils se servent d intellectuel , du show business ect et le tour est joué. Quand ils auront réussi leur tour de passe passe ils auront oublié toutes leurs belles paroles et les innocents resteront sur le bord de la route
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Sophie
Hier
Ouh là la ne mettez pas tous les vegans dans le même panier tout comme ne pas mettre tous les agriculteurs eleveurs dans le même panier.
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debutant
Il y a 15 jours
que fais tu comme metier reef ? soit honnête en repondant merci ! car ici tu parles avec des gents qui bossent et qui reflechissent a ce qu ils font, a leur devenir de plus en plus flou ! Toi qui semble super intello je t invite a aller discuter avec tous les jeunes dans les lycees agricole et a leur faire une demonstration de rentabilite de ce que tu dis afin de leur assurer un avenir .Il i y a eu les hippies qui etaient sympas et assumaient leur mode de vie et là on va se faire chier avec les vegans donneurs de leçons voulant sauver la planete roulant en grosse bagnole fumant des petards snifant de la merde etc
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Patrice brachet
Il y a 15 jours
Vegans ou pas on s en fou mais foutez nous la paix ! L avenir dira qui avait raison Je l accorde il y eu sûrement du dérapage chez nous mais vous vous n avez jamais dérapé ? Vous êtes honnêtes, travailleurs et sans avoir jamais commis la moindre faute ? Bravo. Pour info pour les amis omnivores : j ai un proche responsable qualité dans une boite d agro alimentaire et il émet beaucoup de doutes sur le bon équilibre alimentaire des produits pour les vegans et surtout les produits à base de soja et pire de caroube. Apparemment le foie n apprécie pas. Simple remarque regardez les kg calories d un camembert de Normandie et un fromage pour nos amis vegans
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hub
Il y a 15 jours
Hélas non ,j'connais pas précisément les criteres d'ellibigité des zones ichn mais franchement j'dois pas en etre loin !
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PàgraT
Il y a 15 jours
Vous avez l'ichn, hub ?
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hub
Il y a 15 jours
30 VA, 42 ha de terrain en pente ,sechant et c'est rentable ..... ;p)
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