Malgré une crise persistanteL'ensemble de la profession porcine française ignorée

| par Frédéric Hénin | Terre-net média

L'Inaporc, la Fédération nationale porcine (Fnp) et la Coordination rurale dénoncent une nouvelle fois depuis plusieurs jours les difficultés financières des producteurs de porcs. Mais aussi les handicaps auxquels l'ensemble de la filière est confrontée pour être compétitive sur les marchés à l'export.

L’interprofession nationale porcine déplore que « malgré les efforts pemanents de la filière porcine française pour rester compétitive, force est de constater que l'année 2009 entraîne les maillons les plus exposés à la crise comme la production, l'abattage-découpe et la transformation dans des impasses financières qui auront des conséquences dramatiques tant en terme économique qu'en terme d'emploi ».

« Cette crise financière qui perturbe les échanges internationaux touche maintenant de plein fouet les


La production de porcs stagne en France (© Terre-net Média)
secteurs productifs de notre économie. Les difficultés à I'export ont pour conséquence non seulement de ne pas satisfaire la demande mondiale mais surtout d'encombrer le marché intérieur. »

 

« Face à cette situation dramatique rien n'est fait pour favoriser les débouchés au niveau européen notamment en activant les outils de gestion de marché comme le stockage privé et les restitutions. »

« Aujourd'hui on est en droit de s'interroger sur l'immobilisme de la Commission Européenne en la matière ... à moins, qu'il ne s'agisse que d'une politique visant à restructurer l'économie porcine et celles des autres secteurs de I'agroalimentaire . . . à moindre frais ! »

 

Communiqué du marché du porc Breton

Le prix de retrait proposé par les acheteurs au nom des abattoirs pour le marché du 24 septembre était de - 4 centimes avant les enchères. Le Marché du Porc Breton et les vendeurs jugeant cette demande trop excessive au regard des informations étrangères et des abattages de la semaine ont annulé la séance de vente, reportant le prochain marché au lundi 28 septembre à 15 heures.

En l'absence de marché la dernière cotation du lundi 21 septembre à 1,140 euro vaut pour les transactions du vendredi 25 septembre et du lundi 28 septembre

« II est vrai que cette crise atypique par sa durée, n'est pas aussi dure pour tout le monde du fait de distorsions de concurrence notamment sociales (coût de la main-d'oeuvre) dont bénéficient d'autres pays ».

 

« L'Allemagne, par exemple, a profité de cette situation pour doubler sa production en quinze ans en passant de 25 à 50 millions de porcs produits par an ! Dans le même temps, la France est restée au même niveau de production : 25 millions de porcs produits an. »

« Une réaction s'impose. »

 

 

Fédération nationale porcine: Bruno Le Maire : un ministre qui continue à ignorer la crise

Selon la Fédération Nationale Porcine (Fnp), syndicat de la Fnsea, Bruno Le Maire a prononcé au Space un discours décevant pour les producteurs de porcs. Certes le doublement de l’aide de minima pourrait ouvrir quelques opportunités mais les 30 millions d’euros à partager pour l’ensemble des filières d’élevage constitueront au mieux un saupoudrage d’aide inefficace pour son président, Jean-Michel Serres.

Pour la FNP, le Ministre de l'Agriculture réserve sa réponse aux questions de distorsions de concurrence sur la main d’oeuvre au seul secteur des fruits et légumes alors que la filière porcine souffre d’un désavantage concurrentiel avec l’Allemagne, extrêmement conséquent.

Plus globalement, le Ministre a affirmé que la compétitivité n’est pas un « gros mot » mais il n’apporte pas la moindre ouverture sur les 44 tonnes, les restructurations des élevages, les Ogm.

Le Ministre a également rappelé les efforts faits par l’agriculture vis-à-vis de l’environnement. C’est fort sympathique et tout à fait légitime mais cela n’apporte aucune amélioration au niveau des dossiers « Installations Classés », si pénalisants pour la production porcine.

Renvoyer à la Loi de Modernisation de l’Agriculture des décisions qui pourraient être réglées par de simples décrets ne peut que décevoir les producteurs de porcs en crise depuis plus de deux ans.

 

 

Coordination rurale: où la baisse s’arrêtera-t-elle ?

L’année 2009 est catastrophique pour les éleveurs porcins. Le prix du porc au Marché du Porc Breton est revenu à son niveau de 2007.

La baisse actuelle des cours serait la conséquence de la concurrence avec les pays du nord de l’Europe. Ce serait notamment le cas de l’Allemagne : pourtant, le prix à la production y reste plus élevé qu’en France !

D’après le Cer France Bretagne, 15 à 20 % des éleveurs porcins sont endettés à plus de 100 %. Un prix payé aux producteurs à 1,35 €/kg pendant 3 ans (contre 1,156 actuellement) permettrait aux plus fragiles de se désendetter, à condition que le prix de l’aliment ne flambe pas à nouveau. Sinon, ce sera le dépôt de bilan...

Sur la zone Uniporc Ouest, la nouvelle grille de paiement au Tmp (Taux de muscle des pièces), validée par le syndicalisme majoritaire fin 2006, n’a pas permis, bien au contraire, de sortir de cette crise qui sévit depuis des années. La CR et l’Onep appellent au bon sens : pour toutes les productions, il faut garantir des prix supérieurs aux coûts de production pour que les agriculteurs vivent de leur travail. Les acheteurs doivent enfin réaliser que c’est la production qui les fait vivre.

 


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