Glyphosate« Plus de la moitié » des usages interdits en 2021, dit Barbara Pompili

| AFP

Le gouvernement va interdire « plus de la moitié » des utilisations du glyphosate, désherbant très controversé, « dès le début de l'année prochaine », a déclaré mardi la ministre de la transition écologique Barbara Pompili.

Épandage de glyphosate avant semisPlus de 50 % des usages du glyphosate seront interdits dès le début de l'année prochaine, selon Barbara Pompili. (©Nadège Petit @agrizoom) « Sur le glyphosate on a une mission en cours (qui est) plutôt en train de bien avancer dans la recherche pour qu'on ait des alternatives. Donc on va avoir des interdictions de glyphosate sur certaines utilisations dès le début de l'année prochaine, » a déclaré la ministre sur la radio France Inter. « On sera sur plus de la moitié (des usages), ce qui n'est pas suffisant du tout mais on est en train de travailler sur les alternatives, » a-t-elle ajouté. En 2017, la France s'était fixé pour objectif de sortir de l'essentiel des usages du glyphosate en 2021, et d'une interdiction totale en 2023. Début 2019, le président Emmanuel Macron avait déclaré que la France ne parviendrait pas à se passer « à 100 % » du glyphosate en trois ans.

Il avait précisé en février dernier plusieurs exemptions prévisibles à l'interdiction, sur la base d'un rapport de l'Inrae : les « terrains non mécanisables (vignes en pente par exemple), l'agriculture de conservation des sols, et les cultures légumières sous contrat (avec une coopérative de production: ndlr) ». L'usage de cette molécule controversée, qui a notamment fait l'objet de nombreuses actions en justice aux États-Unis, a été remise en cause récemment en France par l'action d'un collectif de maires qui ont pris des arrêtés -en général retoqués par la justice administrative- d'interdiction ou de restriction de son usage.

Par ailleurs, Barbara Pompili a assuré « qu'on va trouver des alternatives » à l'usage des néonicotinoïdes, insecticide interdit, pour lequel le gouvernement vient de déposer un projet lui aussi controversé de dérogation. La ministre, qui avait porté en 2016 comme secrétaire d'État à la biodiversité le texte d'interdiction initial, a estimé que cette dérogation --à la demande de la filière de la betterave à sucre-- constituait « un exemple typique des problèmes que nous rencontrons quand on n'est pas suffisamment vigilants sur l'application des lois que nous votons ».

« En quatre ans on avait le temps pour trouver des alternatives, y compris pour les betteraves, le problème c'est que derrière ça n'a pas suivi. La filière n'a pas suivi, elle a traîné les pieds, la recherche n'a pas avancé pour trouver des alternatives suffisantes et puis l'État et les parlementaires n'ont pas suffisamment joué leur rôle pour dire "on en est où ?" ». « Je pense toujours que les néonicotinoïdes sont très dangereux. Je pense toujours qu'il faut qu'ils soient interdits totalement, je suis très fière qu'à l'heure actuelle il y ait plus de 91 % des utilisations qui soient interdites en France. Maintenant il faut la dernière petite marche. Le pilotage qui a manqué pendant quatre ans, là on va l'avoir avec (le ministre de l'Agriculture) Julien Denormandie et les alternatives on va les trouver, » a-t-elle assuré.


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DÉJÀ 36 RÉACTIONS


phil59
Il y a 30 jours
Hé mon gars Romain , t'es qui toi pour donner des lecons de morale et de techniques qui n'en sont pas aux agri ? Est ce que tu crois vraiment qu'on balance du phyto pour faire plaisir ? Au prix du litre de produit tu devrais te renseigner ! Nous on est pas dans notre bureau pèpère a critiquer tous le monde ! On est dehors et on travail sur du vivant donc on a pas droit a l'erreur ! Si il n' y a plus de phytos, surtout desherbage , le rendement sera divisé par deux et vous mangerez des cacahuettes ogm du brésil ! Plus que les yeux pour pleurer mon gars !!!
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Romain95
Il y a 40 jours
Moi je serais d'accord avec toi si ces substances ne posaient pas des problèmes à la société (que tu ne vois peut être pas à ton niveau ou que tu ne veux peut être pas voir). La solution n'est pas forcément de tout interdire en fonction de chaque produit, dans les conditions d'utilisation et de l'endroit où on l'utilise (par exemple dans les zones de captages d'eau potable avec un périmètre de non utilisation de pesticides).

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Réaliste
Il y a 40 jours
Tu supprimes le glyphosate. Ok. Nous on traitera + en post-levée. Comme tu nous a supprimé les néonicotinoïdes, maintenant on traite 2 ou 3 ou 4 ou 5 ou 6 fois en plein pour tenter de compenser. A une mesure idiote il faut répondre de manière adéquate.
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Romain95
Il y a 41 jours
Je tiens juste à te dire que je ne suis aucunement un bobo écolo et aucunement lié à une assos écolo (qui sont souvent à côté de la plaque et nuise à l'écologie car un peu trop extrême dans leurs actes). Je tiens aussi à te préciser que je respecte toute forme d'agriculture (il en faut pour tout le monde) et que je ne suis pas contre l'utilisation des pesticides mais juste pour une modération de leurs utilisations et le glyphosate en fait parti (après il y aura toujours des dérogations en fonction de l'utilisation pour en utiliser).
Est on obligé d'être un écolo quand on dit qu'on est pour une modération de l'utilisation des pesticides? Je ne pense pas puisque notre gouvernement français va dans ce sens et il est très loin d'être écolo: s'il va dans ce sens c'est que l'on n'a pas le choix: pollution de l'eau, diminution de la biodiversité...
Je connais déjà ton argumentaire, c'est pas moi c'est eux (industriel, urbain, voiture qui pollue, les médicaments plus dangereux que les pesticides, blabla...) mais l'un n'empêche pas l'autre.

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steph18
Il y a 41 jours
Romain, votre argumentation est interessante, mais vous semblez oublier deux choses: dans certaines régions de France, le climat ne permet pas defaire tous les sortes de cultures, et parfois les sols non plus....je suis en polyculture élevage , et je constate de plus en plus que beaucoup de modes de productions sont en grande difficulté dans ma région...
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Réaliste
Il y a 41 jours
Un beau discours en façade à base de "les pesticides c'est mal" et l'agroecologie mais en réalité vide. Laissez moi deviner. Vous êtes un EELV ou assimilé (assoc écolo, etc). On vous renifle à 10 km. Bon je ne vais pas vous reposer la question de comment fait-on concrètement encore une fois, on vous l'a assez posé et vous n'avez jamais répondu. Pour vous répondre au "en optimisant un petit peu tu devrais y arriver" alors non mon grand. C'est déjà optimisé et surtout la "petite" optimisation dont tu parles de 150€/ha c'est supérieur à la moyenne sur 5 ans de ce qu'on gagne (et encore, sans se verser de salaire, mais on a compris qu'on est vos esclaves de toute façon). Vous pourriez au moins avoir le courage de nous dire en face "dém....ez vous on s'en moque de vous". Parceque c'est ce qui se passe toujours avec vos injonctions ! Vous et vos idées êtes des cancers pour l'agriculture, l'économie, l'écologie et pour la France en général.
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Romain95
Il y a 42 jours
En optimisant un petit peu tu devrais y arriver, mais peut être qu'il faudra privilégier un peu l'agronomie et réfléchir un peu plus avant de travailler...
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Réaliste
Il y a 42 jours
Et à part des incantations et du tirage de plan sur la comète, concrètement ? On compense comment les 150€/ha de surcoût ?
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Romain95
Il y a 42 jours
Il n'y a pas une solution miracle mais des solutions qui peuvent permettre à terme de s'en passer. Chaque mode d'agriculture a sa solution, ça c'est sur, plus ou moins contraignante, peut être qu'il va falloir donner des dérogations d'utilisation comme par exemple l'agroécologie qui se retrouve dans une impasse (pour le moment), peut être faudra t'il valoriser aussi plus certains produit qui coute plus cher à produire sans glyphosate (en valorisant le produit qui utilise moins de pesticide), mais au final notre agriculture pionnière dans le domaine pourrait en sortir grandi face à l'évolution du monde qui nous attend.
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steph18
Il y a 42 jours
Et Romain, mis à part jouer sur les mots, avez vous des solutions intelligentes à proposer?
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