UE-MercosurPierre Moscovici défend l'accord sur tous les plans

| AFP

Le commissaire européen aux affaires économiques Pierre Moscovici a estimé jeudi sur Radio classique que l'accord UE-Mercosur était bon « sur le plan agricole, économique et environnemental », alors que les polémiques s'enchaînent depuis sa signature vendredi dernier.

Selon Pierre Moscovici, le nouvel engagement commercial entre l'Union européenne (UE) et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) « est plutôt un bon accord parce qu'il oblige les pays sud-américains, notamment le Brésil, à respecter les accords de Paris » sur le climat.

Interrogé sur la déforestation massive en cours en Amazonie, il a affirmé que l'accord « faisait entrer l'édredon dans la valise et obligeait [Jair] Bolsonaro (le président d'extrême droite du Brésil, NDLR), à respecter les accords de Paris » sur le climat.

Répondant à Nicolas Hulot, selon qui cet accord est « antinomique » avec la lutte contre le réchauffement climatique et le libre-échange en général « à l'origine de toutes les problématiques écologiques », Pierre Moscovici a estimé que l'ancien ministre écologiste du gouvernement d'Emmanuel Macron exprimait « une opinion », alors que lui parlait « d'une négociation, de faits ».

Le commissaire français, encore en fonction jusqu'au 31 octobre, a également défendu le volet purement économique de l'accord, « qui ouvre un marché très important aux Européens, parce qu'il fait économiser des droits de douane par milliards, 4 milliards d'euros, et 800 millions d'euros pour la France, pour elle seule ».

Quant à la colère des agriculteurs, il a voulu relativiser l'impact qu'aurait l'importation de 99 000 tonnes de bœuf sud-américain en Europe, qui « représente 0,5 % du marché », a-t-il estimé.

Mardi dans toute la France, des agriculteurs se sont rassemblés pour dénoncer les profondes « distorsions de concurrence » qu'ils craignent de subir, avec l'importation de denrées agricoles (de bœuf et de sucre notamment) d'Amérique latine produites selon des standards de moindre qualité et à moindre coût.

Face aux polémiques, Pierre Moscovici a dit comprendre « qu'il y ait besoin d'explications. Ces choses-là ne s'imposent pas, il est important qu'il y ait un débat public, une étude indépendante (annoncée par Emmanuel Macron) pour confronter les points de vue, il faut que cela se déroule dans le champ de la démocratie ».

L'accord devra ensuite être ratifié par le Parlement européen et les parlements nationaux avant d'entrer en vigueur. Par ailleurs, Pierre Moscovici a salué l'arrivée, pour la première fois, de deux femmes à la tête des postes clés de l'UE avec l'Allemande Ursula von der Leyen à la Commission et la Française Christine Lagarde à la Banque centrale européenne. Il a qualifié Mme Lagarde de « femme remarquable » au « talent de communication extrêmement important », qui a su donner au Fonds monétaire international (FMI) « un rayonnement, une ouverture sur le monde ».

Concernant son avenir personnel, Pierre Moscovici, dont le nom circule pour succéder à Mme Lagarde au FMI, est resté vague. Pourrait-il rester commissaire ? « Cela ne dépend pas de moi puisque c'est le président de la République qui nomme à ces fonctions », a-t-il répondu.


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DÉJÀ 1 RÉACTION


steph72
Il y a 17 jours
Ces politiques ont la mémoire courte,il y a pas si longtemps il avait été trouvé de la viande avariée à destination de l'Europe.
Arrêtez de nous prendre pour des naifs en minimisant les conséquences sur l'agriculture;.
Vous avez sacrifié l'agriculture contre l'industrie.
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