Didier Guillaume« Pas question » de « nationaliser » la Pac

| AFP

Le ministre de l'agriculture Didier Guillaume a estimé mercredi que la politique agricole commune (Pac), « une politique agricole intégrée », devait « rester européenne », et qu'il n'était « pas question de la nationaliser ».

« Si chaque État prenait l'argent de l'Europe et faisait ce qu'il voulait, ce serait une concurrence terrible entre les États membres de l'Union, ce serait une catastrophe absolue », a déclaré le ministre sur France Inter. Il répondait à des critiques émises par des parlementaires du Sénat et de l'Assemblée nationale, qui ont fustigé mardi le « dialogue de sourds » entre les gouvernements nationaux et la Commission européenne, appelant à « sanctuariser » les moyens alloués à la Pac après 2021. Le président de la commission des Affaires européennes du Sénat Jean Bizet (LR) a notamment estimé que la réforme de la Pac en cours de discussion entre les États membres de l'UE conduirait « mécaniquement à une renationalisation » de cette politique et qu'elle créerait des « distorsions de concurrence très préjudiciables aux agriculteurs français ».

Sur ce point, « je pense que nous avons gagné la partie » a observé mercredi Didier Guillaume, sans autre précision. Néanmoins, il a convenu qu'il fallait défendre le montant du budget total pour l'agriculture européenne, appelé à baisser après la sortie des Britanniques de l'UE, et de nouvelles priorités (sécurité..) affichées par les États membres. « Pour la France, nous avons environ 9,5 milliards d'euros qui viennent de la Pac, et les aides directes aux agriculteurs de la France, (émanant) du budget français, c'est 3 milliards : la Pac donne trois fois plus d'aide aux agriculteurs français que n'en donne le budget national », a déclaré le ministre. « La bagarre que nous menons à 20 États membres, vingt sur vingt-sept, est de dire " ne touchez pas au budget agricole" » a-t-il ajouté.

La négociation entre les 27 « n'est pas menée par le seul ministre de l'agriculture, elle est menée par le gouvernement, c'est le Premier ministre qui donne les lignes sur lesquelles nous nous battons », a précisé Didier Guillaume. Une sorte de réponse à l'ancien ministre de l'Environnement Nicolas Hulot, qui souhaiterait voir les négociations copilotées par le ministère de la transition écologique. Le « A » de Pac, « c'est aussi l'alimentation », a par ailleurs noté Didier Guillaume. Sur l'environnement, il s'est engagé à ce que les aides agricoles soient « vraiment portées sur la transition agroécologique » : « pas d'aides directes s'il n'y a pas la transition agroécologique», a-t-il assuré.


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DÉJÀ 1 RÉACTION


jememare
Il y a 43 jours
C'est déjà fait dans les autres pays de l' Europe sauf la France qui veut laver plus blanc que blanc .
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