Politique agricole commune« Pas de baisse des aides sans cadre garantissant des prix rémunérateurs »

| par | Terre-net Média

Réagissant aux propositions budgétaires pour l'Union européenne, l'EMB ne s'affiche pas foncièrement opposée à une baisse des subventions agricoles, mais « à condition que les prix couvrent les coûts ! » L'organisation syndicale européenne plaide une nouvelle fois pour la mise en place d'une régulation laitière et défend son « programme de responsabilisation face au marché ».

Pour l'EMB, la Commission européenne ne peut simplement envisager une baisse des aides agricoles sans mettre en place un cadre permettant une régulation de la production laitière en Europe.Pour l'EMB, la Commission européenne ne peut simplement envisager une baisse des aides agricoles sans mettre en place un cadre permettant une régulation de la production laitière en Europe. (©Watier Visuels)

« Selon une proposition du commissaire européen au budget, Günther Oettinger, le budget de l’agriculture doit être réduit de 5 %. (…) Une réduction des fonds agricoles n’a de sens que si, dans le même temps, il est possible d’atteindre des prix couvrant les coûts », réagit l’European Milk Board. Sinon, la situation des producteurs de lait européens ne fera que s’aggraver. Surtout dans un contexte où ceux-ci ne font que se traîner d’une crise à une autre. »

« Une baisse des subventions agricoles impose un cadre pour garantir des prix rémunérateurs », résume l’organisation syndicale européenne. « Nous, les producteurs de lait, ne demandons pas mieux que de tirer nos revenus de la vente de notre lait. Encore faudrait-il pour cela que les prix suffisent à couvrir les coûts, c’est-à-dire que notre lait ne doit pas se vendre à un prix inférieur aux coûts de production comme c’est le cas actuellement », explique Erwin Schöpges, le nouveau président de l’EMB. Pour lui, si la politique communautaire prévoit de réduire les subventions, il est d’autant plus urgent de créer les conditions nécessaires pour que les prix couvrent les coûts.

« D’après les prévisions de l’UE, les versements directs aux agriculteurs européens devraient être réduits de 4 % à partir de 2021. En Allemagne, par exemple, le coût de production total avant déduction des aides était de 44,48 centimes/kg de lait en janvier 2018. Les producteurs ne se sont toutefois vus verser que 36,75 centimes/kg. Les versements directs de 2,69 centimes/kg de lait ont permis d’amortir légèrement le déficit de 7,73 centimes », chiffre EMB.

« Les collègues français sont dans une situation semblable. Le coût de production total avant déduction des aides était de 49,25 centimes/kg de lait en janvier 2017. Les producteurs ont reçu un prix de 34,42 centimes. Ce déficit important, de près de 15 centimes/kg de lait, était jusqu’ici légèrement tempéré par 4,11 centimes/kg d’aides directes de l’UE. »

« Si ces versements directs sont réduits à l’avenir, sans qu’on ait mis en place sur le marché un cadre garantissant des prix couvrant les coûts, les revenus des producteurs de lait ne feront qu’empirer. »

Et l’EMB d’exiger : « Il faut mettre en place un cadre légal permettant de maintenir l’équilibre entre l’offre et la demande, et donc d’obtenir des prix stables et suffisants pour couvrir les coûts. Le Programme de responsabilisation face au marché de l’EMB prévoit, par exemple, une renonciation volontaire aux livraisons en cas de déséquilibre du marché afin de s’opposer à la chute des prix entraînée par la surproduction. »


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