Paroles de lecteursOui, les coops ont perdu leur esprit

| par | Terre-net Média

Selon Bertrand Valiorgue, Émilie Bourlier Bargues et Xavier Hollandts, les coopératives agricoles n'ont cessé de s'adapter et de se renouveler au gré des politiques agricoles et des changements socio-économiques. Mais pour les lecteurs de Terre-net, elles ont « perdu leur âme » privilégiant leurs « intérêts », notamment « financiers », à ceux de leurs adhérents, dont le pouvoir s'amenuise, tout en cherchant à faire de « l'agrobusiness ».

paroles de lecteurs terre net les coops ont perdu leur esprittitian a « rarement vu autant de consensus » sur un sujet que celui des coopératives ! (©Pixabey // Création Terre-net Média) 

Nomis analyse : « Les coopératives agricoles sont engagées dans une croissance avec des charges de fonctionnement toujours aussi élevées, et malgré les avantages fiscaux et les subventions européennes, elles ne sont pas capables de mieux rémunérer les agriculteurs coopérateurs que les négoces. Les plus grosses sont même aujourd'hui soutenues par les politiques car beaucoup d'emplois dépendent de leur bonne santé financière. Et elles sont malheureusement en train de copier le même modèle pour le bio, mais tant qu'il y a des paysans à plumer pourquoi changer ? Il faut dire que beaucoup d'agriculteurs préfèrent s'agrandir que capter de la valeur ajoutée en maîtrisant eux-mêmes leur commercialisation. En fait, ils sont devenus salariés des coops. »

toto  résume, « pour simplifier » : « Nos anciens ont créé ces coop pour dégager un meilleur revenu grâce à la mutualisation des achats d'intrants et de la vente des productions agricoles. Ces codes sont erronés et ce sont même des bâtons que les paysans d'autrefois ont mis dans les roues des générations d'agriculteurs suivantes (...) »

Pour nos anciens : mutualiser les intrants et ventes pour un meilleur revenu.

« Les intérêts économiques et financiers priment » 

moi-même lance : « (...) Seuls les intérêts économiques et financiers les préoccupent ! Avec la bénédiction des politiques du département et même d'au-delà. Les banques aussi suivent car nous sommes un marché captif avec les crédits appro. Idem pour toutes les structures satellites des coops. Nous ne sommes plus que des fournisseurs à la botte de ces gens-là. En plus, ils nous donnent l'aumône et considèrent qu'ils nous paient largement. (...) »

Un autre Paroles de lecteurs sur les coopératives agricoles : Crise agricole − les coopératives montrées du doigt

fou est d'accord avec @moi-même : « Oui, les coopératives dérivent sur le dos des paysans et perdent leur âme... » Il détaille en neuf points : « 1. Elles pourraient mieux rémunérer les producteurs tout en vivant très bien. 2. Elles ne devraient pas céder quand les banques leur proposent, pour grossir, de ramasser des canards boiteux. 3. Elles pratiquent des coûts de transport trop élevés. (...) 4. Elles n'assurent plus d'approvisionnement dans certains secteurs. (...) 5. Un homme = une voie. Encore faudrait-il élire des administrateurs compétents, pas des gens proches de la retraite ! 6. Les outils industriels sont là, mais mal utilisés. 7. Les coopératives agricoles fonctionnent comme des administrations. Il faut deux à trois jours, si ce n'est plus, pour obtenir une réponse. 8. Leur analyse de la situation des paysans est souvent fausse. 9. Dans certaines, les salariés sont en surnombre. (...) »

Les coops pourraient mieux rémunérer leurs adhérents.

« Les coopératives font de l'agrobusiness »

vik envie les coops, ironisant : « Elles ont de la chance ! Si je pouvais faire plusieurs sociétés comme elles avec mon exploitation ! Une 1ère pour les bovins viande, une 2e pour le lait, une 3e pour le blé, une 4e pour le colza, etc. Ainsi, si mon lait augmente et mon blé baisse, si j'ai bien compris, pour les impôts, c'est une opération nulle... »

Massol ajoute : « (...)  Le problème n’est pas tant l'agrandissement des coopératives agricoles mais les dividendes qui ne sont pas redistribués. »

Les petites coops existent encore. Exemple à Milly-sur-Thérain dans l'Oise : A. Clément, son directeur explique comment il commercialise les céréales

Terminé, fataliste : « Elles vont continuer à s'agrandir pour devenir mondiales et finir leur travail pour tuer l'agriculture française. (...) L'esclavage moderne des agriculteurs !! (...) Honte à cette coopération qui n'a fait que tirer les prix vers le bas ! Le confinement va encore bien arranger les choses : avec des AG aux chaises vides, elles vont avoir les mains libres pour gouverner... Qu'elles continuent de se bouffer entre elles ! Moi, je ne fais plus partie de leur monde puisque j'ai été rayé de la carte... »

L'agronome passionné n'existe plus...

Total64 confirme : « Aujourd'hui, les coops font de l'agrobusiness ! Le profit, il n'y a que ça qui compte !! Et vas-y que je rachète ça et que j'investis en Chine !!! Le salaire des dirigeants est juste honteux. (...) Quant aux "technico-commerciaux", ce sont uniquement des vendeurs qui recherchent 10 % de marge. L'agronome passionné, qui vous conseillait objectivement, n’existe plus. »

« Les mettre en concurrence des privés »

Pour PàgraT, « c'est très simple, il suffit de mettre sa coop en concurrence avec le privé. Très vite, on comprend qu'on n'a plus grand chose à faire avec elle ! »

Nn est du même avis : « (...) J'ai ensuite travaillé avec un privé : les règles étaient définies mais le fonctionnement beaucoup plus souple. Dorénavant, je suis pratiquement autonome et c'est très agréable. » 

Groschat estime également que, « (...) grâce à internet et au bouche à oreille, il est facile d'avoir 500 € de plus par camion de céréales ». « Mes voisins n'y croyaient pas, raconte-t-il. Mais quand j'ai montré les factures, ils ont commencé à réfléchir. Demandez tous le remboursement de vos parts sociales et peut-être que là, les coops commenceront à comprendre ! »

« Le pouvoir des agris confisqué »

Selon Rêveur, ce sont les agriculteurs « les fautifs ». « Nous avons donné tous les pouvoirs et une totale liberté d'agir à des directeurs pas toujours compétents car souvent choisis en tant que "relation" de tel ou tel administrateur. De plus, certains administrateurs pensent plus à leurs émoluments et autres avantages qu'aux intérêts de la coopérative et de ses adhérents. (...) »

Lau estime lui aussi : « (...) Les conseils d'administration semblent faire "tapisserie". Le pouvoir est confisqué par la direction parfois trop ambitieuse mais les pertes sont assumées par les paysans coopérateurs. Comment changer ce système pervers qui au départ était mis en place pour assurer une meilleure relation commerciale avec l'amont et l'aval ? Je ne vois pas ! »

Les conseils d'administration font "tapisserie" !

Stéphane Vitosky déplore également que « la politique de ces grands groupes soit influencée par des directeurs qui ne connaissent rien au monde agricole, ne sont que des financiers et joue au bras de fer par orgueil (...) ».

agridemain enchaîne : « Les coopératives ont oublié le sens de leur nom et de celui de leurs adhérents − co-opérateurs −, chacun devant avoir sa place et gagner sa vie. (...) »

Et titian de conclure : « J'ai rarement vu un tel consensus ! »

Et sur Facebook, plus de 50 commentaires dont :

posts facebook sur les cooperatives agricoles (©Page Facebook de Terre-net)

« Attention aux visions binaires ! »

Les mauvaises années, la coop est obligée d'acheter votre blé, le négoce non !

anonyme prend alors la défense des coopératives : « Je suis consterné de voir que seuls ceux qui crachent sur les coops laissent des messages en réponse à ce sujet forcement clivant. Le modèle coop est-il parfait ? Non. Mais vous oubliez que ce système a été mis en place pour lutter contre les privés qui tondaient allègrement les agriculteurs il y a plusieurs décennies. Vous oubliez aussi que si les négoces peuvent être bien placés aujourd'hui, c'est grâce à la pression des coops qui offrent un point de comparaison. Je croise nombre de personnes qui donnent des exemples comme ceux ci-dessus en comparant des petits négoces avec 5 employés et 0 service face à des structures coopératives qui offrent un panel complet de services. Je rappelle aussi que les mauvaises années, la coop est obligée d'acheter votre blé, le négoce non. Un gros négoce comme Soufflet qui a un modèle aussi complet qu'une coop n'est pas fatalement meilleur que les coops par exemple. Ma famille travaille avec sa coop depuis trois générations et gagne bien sa vie notamment parce que l'accompagnement de la coop évite de faire des grosses erreurs. Le monde agricole souffre mais le faire payer à ses conseillers me semble un peu trop facile. Il faut être exigeant mais pas injuste ! À force de les dégoûter du métier, bientôt il n'y en au plus. Conclusion : de l'exigence oui, mais pas de vision trop binaire. »

L'accompagnement des coopératives évite bien des erreurs !


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DÉJÀ 3 RÉACTIONS


Détritus
Il y a 61 jours
Les coops n’ont pas perdu leur esprit...ce sont les agris qui l’on perdu
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moi meme
Il y a 61 jours
dernier conseil de la coop. faire sur ble semence vibrance et latitude .aucun interet pour l'agri gros interet pour la coop double traitement .par contre l'environnement en prends en plein. on voit la un accompagement dans le seul interet financier de la coop.scandaleux.
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bourg
Il y a 62 jours
enfin la véritée éclate bravo a ternet de résume la situation pour ma part j'ai compris depuis longtemps que plus je m'écartais des OPA mieux ça allé pour moi chercher l'erreur
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