Négociations UE-MercosurP. Bénézit:« L'élevage brésilien utilise tous les produits interdits en Europe »

| par | Terre-net Média

Au Sommet de l'élevage, la FNSEA, Jeunes agriculteurs, la FNB et Interbev ont vivement critiqué la proposition de la Commission européenne d'octroyer aux pays du Mercosur un quota d'importation de 70 000 tonnes de viande bovine. Une proposition qui « détruirait toute la filière française ». Tous les acteurs de la filière bovine comptent bien faire passer le message à Stéphane Travert, qui fera sa visite officielle du salon vendredi 6 octobre dans la matinée.

Les pays du Mercosur représentent déjà les trois quarts de toutes les importations de bovins de l'UE avec 246.000 tonnes (équivalent poids-carcasse) chaque année.Les pays du Mercosur représentent déjà les trois quarts de toutes les importations de bovins de l'UE avec 246.000 tonnes (équivalent poids-carcasse) chaque année. (©Terre-net Média)

Avec les Etats généraux de l’alimentation, c’est LE sujet politique de cette édition 2017 du Sommet de l’élevage. Chez les professionnels de la viande bovine, la proposition de la commission européenne d’octroyer un quota annuel d'importation de 70 000 tonnes aux pays du Mercosur dans le cadre des négociations d’un accord de libre-échange, ne passe pas du tout.

« Monsieur le président de la République, allez-vous laisser la Commission européenne détruire la filière viande bovine française ? » a ainsi demandé l'interprofession du bétail et de la viande dans une lettre adressée à Emmanuel Macron.

« L'offre que la commission met sur la table est une véritable provocation envers la filière bovine européenne. En termes de tonnages, elle causerait un déséquilibre majeur sur les marchés et d'énormes dégâts au secteur, en particulier en Irlande et en France », ont pour leur part protesté la FNSEA, les Jeunes agriculteurs et la Fédération nationale bovine dans un communiqué commun.

De plus, ces 70.000 tonnes de viandes sud-américaines s'ajouteront aux 65.000 tonnes de viandes canadiennes qui arriveront bientôt en Europe dans le cadre de l'accord Ceta avec le Canada, et pourraient ainsi « venir, également, demain, concurrencer nos viandes françaises sur notre marché, aujourd'hui largement auto-suffisant », estime Interbev.

Quid de la cohérence politique ?

« Avec le Ceta, nous sommes déjà extrêmement choqués qu’un tel accord puisse se mettre en place », a martelé Patrick Bénézit, président de la FRSEA Massif-Central et secrétaire général adjoint de la FNSEA. « Entre les activateurs de croissance, les hormones, les produits phytosanitaires, les farines animales, les fermes canadiennes utilisent 46 produits et substances interdits en Europe ! »

Avec les pays du Mercosur (Brésil, Bolivie, Argentine, Uruguay et Paraguay), le décalage normatif avec l’Union européenne est encore plus important. « Au Brésil, tout ce qui a été inventé sur la planète et interdit d’usage depuis en Europe est utilisable dans les exploitations ! »

« Où est la cohérence politique ?, s’insurge le syndicaliste. Nous demandons que les produits sensibles au premier rang desquels la viande bovine soient exclus de la négociation Mercosur. » « Plus largement, les produits agricoles ne sont pas des marchandises comme les autres et ne peuvent être traités de la même façon dans les négociations internationales », renchérit Jérémy Decerle, président de Jeunes agriculteurs, lui aussi producteur de viande bovine.

« Nous voulons une Europe qui protège. La Commission européenne ne peut rester sourde à l’appel de 11 Etats membres qui se sont clairement opposés à cette offre. »


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DÉJÀ 2 RÉACTIONS


Brahman
Il y a 73 jours
Parce que vous n'en savez rien.
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Jean
Il y a 74 jours
« Au Brésil, tout ce qui a été inventé sur la planète et interdit d’usage depuis en Europe est utilisable dans les exploitations ! »

Pourquoi, donc, les brésiliens ne tombent jamais malades d'en manger ? Pourquoi leur viande est la meilleure au monde ?
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