Lu dans la presse« Notre agriculture enfermée entre quatre murs » : la colère d'une agricultrice

| par | Terre-net Média

Dans une tribune publiée dans le Figaro Vox, Anne-Cécile Suzanne, agricultrice en polyculture-élevage dans l'Orne, dénonce la ratification du Ceta, « la dernière consécration du paradoxe français, qui enferme notre agriculture entre quatre murs », ceux de la pression sociétale, de la pression des normes, de la pression anti-élevage, et de la course imposée à la productivité.

Anne-Cécile Suzanne est agricultrice dans l’Orne, installée sur une exploitation de polyculture-élevage. La ratification française du Ceta par les députés, le 23 juillet dernier, l’a profondément mise en colère. Une colère qu’elle exprime dans une tribune qu’elle a signée et publiée sur le site du Figaro

« Accusé agriculteur, présentez-vous à la barre ! » Tel est résumé son sentiment grandissant au vu des pressions croissantes qui pèsent sur l’agriculture en général, et son activité en particulier. « Cette colère est montée, comme si ce vote avait été la goutte de trop, la dernière consécration du paradoxe français, qui enferme notre agriculture entre quatre murs », explique-t-elle. « Quatre murs » qu’elle détaille ensuite.

Elle cite d’abord « la pression sociétale et médiatique ». « Quand on est agriculteur, il n’est plus possible d’aller chez son boulanger sans se voir reprocher de traiter son blé. » Il y a aussi « les pages de traités qui font de l’agriculture la variable d’ajustement des négociations commerciales ». « Pour survivre, un seul mot d’ordre, dont l’écho résonne à chaque nouveau traité de libre-échange: la productivité. »

« Soit on est durable, mais pas rentable, soit on est performant, mais détesté »

Il y a aussi la pression anti-élevage grandissante. « Aujourd’hui, être éleveur bovin, c’est être résistant. » « De plus en plus, on s’excuse d’exister et on fantasme l’élevage, comme un métier fait de cages, alors même que les animaux, eux, vivent le plus souvent dans les prés. »

Le dernier « mur », selon elle, est « noir comme les pensées des céréaliers, des maraîchers des fruiticulteurs et des éleveurs qui se voient imposer des normes affectant leurs rendements et des prix d’achat en dessous de leurs coûts de production. »

« On pense l’agriculture en saucissons alors même qu’il s’agit d’une activité « "systémique", qui possède un impact global sur son environnement, sur sa société, sur ses consommateurs et sur le climat. »

 


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DÉJÀ 5 RÉACTIONS


Moty
Il y a 43 jours
Comment on peut dire de telle chose
Soit on est durable mais pas rentable
soit on est performant, mais détesté. La première phrase me parait déjà complétement contradictoire . En effet, dans la notion de durabilité, la rentabilité est evidemment intégré dedans . Par contre , être performant , qu'est-ce que cela signifie ? Souvent , on assimile cela à des performances techniques et Là , la rentabilité est loin d'être garantie pour le producteur.
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hub
Il y a 54 jours
Mouai... Anne- cecile Suzanne ,agricultrice ???? ;p)
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Grochat
Il y a 54 jours
Toute ma belle famille est issue du milieu salarié depuis des générations mais les+ de 80ans faisaient de l'élevage de volaille et de cochon ainsi qu'un jardin pour nourrir la famille. Aujourd'hui mes beaux parents ont encore 5 poules et 100m2 de jardin, mais tout les ans, fin août ils tuent les poules pour aller en vacances et font leurs courses en grande surface car c'est plus rentable que le jardin....
Autant dire qu'il y a des moments où je me demande qui a raison 🤔?
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ngae00341
Il y a 57 jours
Bravo a cette agricultrice qui résume a merveille le ressentit de bon nombre d'agriculteur de ce pays . Pays qui méprise autant les gens qui le nourrisse que ceux qui le soigne . Honte a vous peuple Français !!!
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steph72
Il y a 57 jours
Felicitations à cette agricultrice qui a bien décrit la situation;
Dans 10 ans la moitié des agriculteurs aura disparu,les consommateurs mangeront de la m,,,de pas chere venue du mercosur ,canada,usa...
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