Abattage d'un ours en juinManifestation pro et anti-ours à Toulouse et en Ariège

| AFP

Quelque 150 personnes soutenues par 14 000 pétitionnaires à Toulouse, quelque 2 000 manifestants autour de l'Etang de Lers en Ariège : les camps pro et anti-ours se sont mobilisés samedi 4 juillet 2020 après que l'abattage d'un ours début juin a relancé le conflit les opposant.

A Toulouse, devant la préfecture, les manifestants, quelque 150 selon la police, ont réclamé le remplacement de ce spécimen, un mâle de quatre ans, tué par balles début juin près d'estives en Ariège, à l'appel de la Coordination des associations pyrénéennes pour l'ours (Cap ours).

« Nous sommes 14 000 à manifester », en ce sens a lancé aux manifestants le chef de file du camp pro-ours, Alain Reynes, invoquant le résultat, « constaté par huissière » d'une « télé manifestation » en ligne organisée conjointement.

Parallèlement, près de 2 000 éleveurs, élus, syndicalistes agricoles et chasseurs, étaient réunis en Ariège, autour de l'Étang de Lers, à l'appel du camp anti-ours, selon une journaliste de l'AFP.

Ils réclament notamment la fin des lâchages d'ours, et la suppression des spécimens les plus prédateurs.

« Il est fondamental de remplacer l'animal tué, chaque spécimen compte » a lancé aux manifestant toulousains Alain Reynes, rappelant que l'État s'y était explicitement engagé dans son plan ours.

Gel du programme de réintroductions

La mort de l'ours a relancé le conflit récurrent entre éleveurs et défenseurs de la biodiversité depuis que la France a commencé dans les années 90, en respect de ses obligations européennes, le repeuplement en ours du massif pyrénéen.

« Il faut retrouver les coupables, que l'affaire ne soit pas classée sans suite », a souligné Alain Marek, délégué régional de l'Association pour la protection des animaux sauvages.

L'Etat a porté plainte mais l'enquête n'a jusque là pas abouti, tandis que l'offre par l'ONG Sea Shepherd d'une prime de 45 000 euros pour toute information menant aux auteurs - à laquelle Cap ours ne s'est pas associée - a mis le feu aux poudres chez les anti-ours.

A la peine pour ramener le calme, l'État avait gelé en janvier son programme de réintroductions, invoquant « une dynamique favorable de la population ursine », avec une cinquantaine de spécimens désormais recensés dans les Pyrénées.

Mais pour les pro-ours, ce chiffre ne garantit pas la survie de l'espèce.

Quelque 10 millions d'euros seront aussi mobilisés en 2020 pour soutenir la cohabitation entre ours et pastoralisme dans le massif pyrénéen, a annoncé jeudi le préfet d'Occitanie.


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