Surfaces pastoralesManifestation de la Confédération paysanne

| AFP

La Confédération paysanne a manifesté mercredi pour demander l'intervention du gouvernement dans le dossier des surfaces pastorales ligneuses (SPL), des surfaces non herbacées utilisées pour l'élevage qui bénéficiaient jusqu'ici d'une aide européenne.

Q uelques 70 agriculteurs, accompagnés d'une dizaine de brebis, ont manifesté dans des locaux du ministère de l'agriculture , en l'occurrence de la DGPE (direction générale de la performance économique et environnementale des entreprises), chargée notamment de gérer les aides européennes. Devant les locaux, ils ont tendu une grande bâche noire sur laquelle était peint à la bombe : « Surfaces pastorales abandonnées, fermes en péril ». « On a demandé à rencontrer (le ministre de l'agriculture) Stéphane Travert », a déclaré à l'AFP Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, qui réclame le maintien pour toutes les surfaces pastorales des aides de la Pac. Le syndicat demande au gouvernement « d'agir avant le 31 mars pour récupérer les "sortants" du nouveau zonage SPL mis en place en 2017, conserver ceux qui sont encore dedans et faire entrer ceux qui devraient y avoir droit et qui n'ont jamais été reconnus ». Selon le syndicat, « la France a jusqu'au 31 mars 2018 pour dire à la Commission européenne si elle souhaite améliorer la reconnaissance de ces surfaces pastorales et les sécuriser ».

Suite à un audit de la Commission européenne, remettant en cause les contrôles administratifs sur les surfaces pastorales, le ministère de l'agriculture pourrait réduire les aides sur ces surfaces, via une modification du prorata d'aides versées selon les surfaces comportant des aliments pour les élevages, afin d'éviter des sanctions en chaînes. « Une telle modification serait une catastrophe pour les paysans qui ont déjà vu leurs aides baisser avec l'application du prorata sur leurs aides de la Politique agricole commune (Pac) (...) et ceux qui vont être "impactés" par la sortie du zonage ICHN ZDS » (des zones défavorisées qui ont droit à certaines aides NDLR), souligne la Confédération paysanne dans un communiqué.

Selon le syndicat, « la Commission européenne ne remet pas en cause les prorata mais bien les contrôles qui ne sont pas adaptés à ces surfaces. Il s'agit donc de travailler sur une méthode de contrôle adaptée aux surfaces pastorales et non d'éliminer encore plus d'éleveurs pastoraux ». Alors que le règlement européen (dit « Omnibus ») offre l'opportunité de reconnaître toutes les surfaces pastorales, dont celles ayant moins de 50 % d'herbe, sur tout le territoire français, le ministère propose de reconnaître les surfaces avec moins de 50 % d'herbe sur seulement quelques départements (élargissement du zonage SPL). Cependant, ces mêmes départements seront, eux aussi, lourdement affectés si le prorata venait à être plus contraignant, assure la confédération


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