Manifestations FNSEA-JA« Macron, réponds-nous ! » crient les agriculteurs face au silence de l'État

| par Arnaud Carpon, Amélie Bachelet avec AFP | Terre-net Média

(Mise à jour à 17h10) Suite à une première mobilisation, le 8 octobre dernier, à l'issue de laquelle ils estiment « n'avoir reçu aucune réponse du Gouvernement », le duo FNSEA-JA remobilise ses troupes mardi 22 octobre devant les préfectures pour renouveler son « cri de détresse ». Les agriculteurs des deux réseaux syndicaux mènent des opérations de bâchage des préfectures pour dénoncer « la stigmatisation permanente, les distorsions de concurrence et la faiblesse des revenus agricoles ».

Tract distribué par des jeunes agriculteurs du Loiret à des automobilistes, lors de la manifestation du 8 octobre sur le pont de Sully-sur-Loire.   Tract distribué par des jeunes agriculteurs du Loiret à des automobilistes, lors de la manifestation du 8 octobre sur le pont de Sully-sur-Loire. (©Terre-net Média) 

Stigmatisation permanente, distorsions de concurrence insurmontables, accords commerciaux déloyaux, revenus en berne : c’est pour au moins ces quatre motifs revendiqués que les agriculteurs de la FNSEA et de Jeunes agriculteurs se mobilisent à nouveau, ce mardi 22 octobre dans la matinée, devant les préfectures pour des « opérations de bâchage ». Les agriculteurs des deux réseaux syndicaux veulent interpeller le président Emmanuel Macron et obtenir de sa part une prise de position forte contre la déconsidération dont ils estiment être victimes et le malaise qui en découle.

Les manifestations en direct :

Dès lundi soir, les agriculteurs de la Sarthe ont mené une action au Mans. Ils étaient environ 200 dans le centre-ville avec une quarantaine de tracteurs et ont déversé de la paille devant la préfecture dont ils ont recouvert l'entrée avec une grande bâche. « Sans nous, que mangerez-vous demain ? » ou encore « Macron, réponds-nous », pouvait-on lire sur des pancartes dans le cortège des manifestants, réunis à l'appel des Jeunes Agriculteurs (JA) de la Sarthe. Une délégation a été reçue à la préfecture et les manifestants se sont dirigés en fin de soirée vers la Direction départementale des Territoires (DDT) pour une seconde opération de « bâchage ».

Pendant la nuit, dans les Ardennes, les agriculteurs ont revêtu les panneaux des villages d'un manteau noir pour « symboliser la mort de nos campagnes et des paysans ».

Ce mardi matin, dans la Nièvre, la préfecture était également bâchée avec les slogans #Sauvetonpayson et "Macron soutient tes paysans".

En Bretagne et en Normandie :

En Vendée, dans le Maine-et-Loire, en Eure-et-Loir, en Corrèze, les agriculteurs sont mobilisés. Dans la région Centre qui compte environ 25 000 agriculteurs, une centaine de personnes sont ainsi venues mardi matin avec des tracteurs devant la Préfecture de Bourges pour manifester leur mécontentement.

Dans l'Est, que ce soit en Bourgogne Franche-Comté, dans la Meuse, dans le Jura, en Haute-Saône, les agriculteurs sont devant les préfectures. En Bourgogne, la manifestation prenait même des accents nostalgiques : « Macron, réponds-nous ! » , « Chirac, reviens ! » ont écrit les agriculteurs en colère sur une bâche noire accrochée sur la façade de la préfecture à Dijon.

Dans le sud-ouest, plusieurs actions sont en cours. Dans le nord-ouest de Toulouse, une cinquantaine d'agriculteurs avec 15 tracteurs ont bloqué des ronds-points, notamment à Blagnac. En Gironde, c'est opération étiquetage des produits et dans les Landes rencontre avec le préfet : 

À Digne-les-Bains, dans les Alpes de Haute Provence, à Arles dans les Bouches-du-Rhône, ou encore dans le Var, les agriculteurs du sud-est sont également mobilisés. A Nîmes, plusieurs dizaines de tracteurs et véhicules agricoles encadrés par la gendarmerie ont bloqué l'entrée de l'autoroute A9 à Nimes Ouest, provoquant plusieurs kilomètres d'embouteillages dans une opération escargot.

Après avoir longuement bloqué l'A9 dans le sens Montpellier-Lyon, les agriculteurs ont parcouru les boulevards périphériques nîmois jusqu'à un centre des impôts situé près de la zone commerciale du Mas de ville. Des engins agricoles ont pénétré au delà du portail jusqu'à l'entrée du bâtiment où une cuve a notamment été vidée, du purin déversé et un poteau de signalisation sur lequel était fixée une caméra renversé. Les forces de l'ordre ont rapidement repoussé les manifestants avec des tirs de gaz lacrymogènes massifs, a constaté l'AFP. Des heurts sporadiques avec des jets de projectiles divers de la part des agriculteurs se sont poursuivis jusque vers 12h45 quand le convoi a repris sa route vers la préfecture.

En Isère :

« Les agriculteurs ont une colère rentrée, encaissent des coups, et ont envie d'exprimer leur exaspération face à certaines incohérences du gouvernement », a déclaré Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, sur CNews mardi matin. « Le président de la République contourne aujourd'hui les responsables syndicaux, considérant que les corps intermédiaires sont des ralentisseurs de réformes, c'est une erreur, on a vu ce que ça a donné quand il a contourné les syndicats de salariés, il y a eu tout le mouvement des gilets jaunes », a averti Christiane Lambert, accusant le chef de l'État d'« enterrer » l'agriculture française. « On a l'impression que l'agriculture est dans un étau et que personne ne mesure qu'on risque d'assécher le territoire, de désertifier le territoire avec la disparition de dizaines d'exploitations », a-t-elle ajouté.

Agribashing, intrusions dans les élevages, ZNT...

Lors de la dernière mobilisation nationale, le 8 octobre dernier, le syndicat majoritaire avait revendiqué quelque 10 000 agriculteurs et 6 000 tracteurs sur les routes de France, sans toutefois obtenir la moindre répondre de la part du chef de l’État ou du Gouvernement.

« Les paysans de la quasi-totalité des départements vont aller devant les préfectures de départements en disant « Macron, réponds-nous ! », explique Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA.

Vendredi dernier, des actions étaient d'ores et déjà prévues pour ce mardi 22 octobre dans une quarantaine de départements des régions Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne, Centre, Grand-Est, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur. Une quinzaine de départements, dont ceux de l'Ile-de-France, avaient néanmoins précisé qu'ils différaient leurs action pour des raisons climatiques ou de travaux de cultures.

But de l'opération : « à nouveau envoyer un message fort au président de la République, pour avoir des réponses de sa part sur les sujets que nous portons depuis le début », a déclaré Jérôme Despey. « Le but, vraiment, c'est d'aller devant le lieu symbolique de l'État qu'est une préfecture pour dire : Macron, répond nous, répond à cette détresse que vivent les paysans ». « Le président de la République nous doit des réponses. Nous saurons nous faire entendre par des actions envers les préfectures de tous les départements entre 9 h et 12 h.

Parmi les préoccupations des agriculteurs : « l'agribashing » ou la « déconsidération » du monde agricole ou de ces pratiques. La FNSEA et JA n’en peuvent plus des « intrusions » des militants antispécistes dans les élevages. La FDSEA de la Marne a ainsi recensé « 7 intrusions dans le département depuis le début de l’année 2019 », sur un total de « 40 intrusions dans des élevages » dénombrées par le syndicalisme majoritaire.

« Malgré les efforts constants en matière de bien-être animal et de bonnes pratiques agricoles, les agriculteurs sont harcelés, attaqués sur l’existence même de leur métier, avec des méthodes de plus en plus violentes, trop souvent illégales », insiste la FDSEA de la Marne.

« Le compte n’y est pas » en matière de rémunération des producteurs

Les deux réseaux syndicaux dénoncent aussi « la pression sur les phytosanitaires » avec les zones de non-traitement (ZNT) de produits phytosanitaires, de même que les « surtranspositions » de réglementation européenne, ainsi que les accords de libre-échange comme le Ceta (accord UE-Canada), auxquels ils sont « totalement opposés ». Les agriculteurs voient d'un mauvais œil des accords qui permettraient d'importer en Europe et donc en France des aliments produits à bas coûts, selon des normes de qualité moindres, à l'heure où ils sont sommés de « monter en gamme ».

Hasard du calendrier : cette action syndicale FNSEA-JA intervient au lendemain d’un premier bilan de la loi Egalim quasiment un an après sa promulgation. Cette loi était censée rééquilibrer les relations commerciales entre producteurs, industriels et distributeurs. Mais le ministre de l’agriculture a reconnu que « le compte n'y était pas s'agissant de la rémunération des agriculteurs ».


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DÉJÀ 23 RÉACTIONS


steph72
Il y a 30 jours
les manifs c'est devant les chambres,coop,grande distribution ,bref ceux qui vivent bien des agriculteurs.
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Tracteur cvx195
Il y a 30 jours
Mr Macron détruit les fermes en France.
Paysans mettez vous tous d'accord.
Tourner le dos à la grande distribution. Et aussi concernant les pub
Arrêter de poser en grand poster dans les rayons des supermarchés.
la grande distribution se sert de vous de votre image pour faire du fric.
Tourner le dos aux supermarchés. Et vous verrez qu ils seront bien obligés de vous écoutez.
Arrêter de livrer vos coopératives.c'est
Tous ensemble que nous devons avancer
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Pipo
Il y a 31 jours
Moty, votre constat sur FNSEA/JA est tout à fait correct. ( idem CGT d’ailleurs) cependant votre commentaire est assez contradictoire avec votre précédent commentaire. Merci de préciser votre pensée.
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Moty
Il y a 31 jours
1°) Les ja -fnsea manifestent contre Macron, ( ils n'ont pas forcément tors ) qui fait partie de la macronie ( l'ancien président National ja ) et Mme Christiane a soutenu son programme , en Bretagne un certain O. Allain .
2°) Dans les présidents ja-fdsea en Bretagne mais dans un certain nombre d'autres dep aussi, ils ont tous le million de litres ( parfois en bio !! ). En poules pondeuses bio ( 24000 ) et aprés on vient se plaindre, des robots de traite par ci , de la sur-enchère foncière par là , de la méthanisation ..; STOP arrêtez de vous plaindre avec vos tracteurs à + de 100 000€
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Maxens
Il y a 26 jours
Commission de copinage et valise...je croyais que c était la definition des safers....
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Pipo
Il y a 30 jours
CDOA = commission du copinage au plus offrant ( en valise)
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Patrick Jane
Il y a 30 jours
peux tu nous en dire plus sur les cdoa ?
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MARIUS
Il y a 22 jours
Dans votre première partie, je crois entendre une certaine blonde (dont un bon nombre de nos collègues ont oublié 1940/45 où nos anciens ont sacrifié leur vie pour nos libertés - ah mémoire quand tu fous le camp). deuxième partie plus réaliste. Qui est responsable de la situation actuelle. Nous d'abord. Notre agriculture est à notre image. Individualiste égoïste. Et toujours le même leitmotiv pour nous justifier : nous vous nourrisons donc on doit produire dans n'importe conditions. Bouffez et taisez-vous. Eh! Non c'est fini ce temps là. Le consommateur veut savoir ce qu'il mange. Et il a raison. Mais beaucoup ne veulent pas l'entendre.(la cgt agricole en tête dont certains ont donné leur âme). Tant pis pour eux. Je me marre (ils sont contre le ceta et autres mais contents d' exporter et surtout importent de la merde de ces pays (soja OGM - paillettes de taureaux clonés nourris aux farines animales) mais chut font pas que le consommateur le sache. Mais je ne me gêne pas pour le dire à nos clients. Et les mêmes ne sont pas contre pour acheter du matériel dans ces pays qu'ils critiquent.
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Terminé
Il y a 31 jours
Manifestation complètement hypocrite. Macron répond nous ????
Il va répondre en retroussant les manches... C'est à dire parler dans le vide.. Et ne va surtout pas contribuer à sortir le pays dans un état pitoyable pas que l agriculture.
Mr Macron à été financé pour sa campagne par les élites financiers. Il est donc là pour piller dépouiller la base donc les citoyens pour remonter toute la finance au sommet d une seule pyramide avec l Europe. On va vers l appauvrissement, des écarts societaux jamais vus.
Donc il ne va surtout pas répondre à la crise agricole.. Il a mis en place egalim... Résultat une trahison pour les agriculteurs.
Une seule chose messieurs reprendre absolument la main, retrouver la pleine propriété de ses denrées alimentaires qui sortent de l exploitation. L agriculteur doit pouvoir facturer ses propres produits.
En 2009 les agriculteurs sont divisés ils n ont jamais été d accord sur la grève totale du lait. La Fdsea avec Mr Lemaire ont mis en place les contrats. Juste incroyable une voie royale pour les laiteries et la grande distribution. Du jamais vu le producteur perd son droit à produire au profit de la laiterie et celle si met le prix qu elle veut. Ou voit on des contrats comme cela nulle part. Engagé sur un volume sans connaître le prix. Qui fait un contrat de travail sans connaître son salaire ??? Une réponse :les agriculteurs.
Fdsea vous êtes absolument responsable de ce qui se passe aujourd'hui, vous n êtes que 40 tracteurs par ci par là.. Avec la complicité de la MSA et de vos cdoa vous envoyez des agris au casse pipe.. Etc... On appelle cela de la corruption avec les transformateurs et la distribution.
La vraie manif c est de bloquer ses ventes être totalement solidaire. On est loin très loin beaucoup trop d intérêts personnels chez ces dirigeants pas droits dans leur bottes pour défendre une unique profession :les agriculteurs qui méritent beaucoup mieux que tout cela !!!
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tlecomte
Il y a 31 jours
sur la photo de la loi egalim Mr Leclerc avait un sourire ironique et il a gagner nous somme les c.... de cette loi !!!!!! et je pense que la revolte commence a couve dans les campagne et ont sera bientôt les gilles vert du gouvernement.Les revoltes ont toujours debuter dans les campagnes!!!qu on se le dise
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