Réinventer la Pac, aider les jeunesMacron au salon de l'agriculture

| AFP

Réinventer la Pac (politique agricole commune), créer des filières européennes de production, aider les jeunes à s'installer, lutter contre l'artificialisation des terres : Emmanuel Macron a inauguré le salon de l'agriculture samedi à Paris en déclinant une vision intégrée de l'alimentation européenne du futur.

Discours d'Emmanuel Macron au Sia 2019Emmanuel Macron lors de son discours inaugural au Salon international de l'agriculture 2019 (©Terre-net Média) 

Extraits du discours d'Emmanuel Macron au salon de l'agriculture 2019 à Paris.

Négociations pour une nouvelle Pac

« L'avenir du terroir français (...) passe par une politique agricole européenne protectrice, pragmatique ambitieuse ». « L'Europe agricole est aujourd'hui menacée (...) depuis l'extérieur par de grandes puissances qui n'hésitent plus à adopter des stratégies offensives pour imposer leurs normes, leurs standards ». « L'Europe agricole est aussi menacée de l'intérieur par ceux qui, au prétexte qu'elle serait imparfaite ou qu'elle n'est pas leur priorité, voudrait la renationaliser ».

« L'Europe agricole est un bien précieux qu'il nous faut protéger ». « Sans la Pac, cette politique commune voulue par les pères fondateurs, les consommateurs européens ne bénéficieraient pas aujourd'hui d'une alimentation accessible et de qualité ». « Notre défi, ça n'est pas simplement, comme le voudraient certains, de liquider l'héritage de plus de 60 ans de politique agricole commune, de céder au poison lent de la division, c'est bien de réinventer cette politique agricole commune aujourd'hui ». « C'est pour moi une question de souveraineté alimentaire, environnementale, industrielle, c'est-à-dire de pouvoir faire en tant que citoyen européen nos choix ». « Je prends ici l'engagement que soit inscrit dans la nouvelle Pac, l'objectif de protéger les agriculteurs d'Europe des risques climatiques de marché inhérent à votre métier ». « Une part significative de la Pac doit être consacrée à l'environnement ».

Des filières de production européennes

« Nous devons définir des stratégies européennes, filière par filière. Il faut s'organiser en amont dans les choix de production, il faut agir en aval en investissant dans le maillon industriel pour que la transformation de nos produits et donc la captation de valeur ne se fasse pas à l'extérieur du continent, mais bien en Europe, sur notre territoire. »

« Le défi de notre agriculture est cette quête de la qualité et de l'écologie qui passe en premier lieu par la structuration des filières ». « C'est en effet à cette échelle-là qu'il est possible de pratiquer à plein la segmentation, c'est-à-dire de sélectionner pour chaque territoire en fonction de son contexte climatique, géologique, social, culturel, les productions les plus adaptées, celles qui présentent l'avantage comparatif le plus important (...) C'est à cette échelle-là que nous pouvons bâtir des stratégies intégrées en matière de logistique, de stockage, de transformation ».

Sécurité sanitaire alimentaire

« Faisons de l'Europe l'avant-garde de la data (traitement des données) agricole, en développant des outils qui permettront de suivre chaque produit depuis la production de la matière première jusqu'à l'emballage en passant par la transformation et le transport ». « Aucun accord commercial ne saurait être autorisé sur des produits ne respectant pas les standards européens environnementaux, sanitaires et sociaux ».

« La France porte une réforme de l'Autorité européenne de la sécurité des aliments. Cette instance doit étendre son champ d'action et se mettre en capacité d'analyser les dangers, les risques d'utilisation ou non de telle ou telle substance chimique ». « Elle doit devenir entièrement le tiers de confiance qui réconcilie les agriculteurs européens, et la société et nous devons, dans le cadre de cette réforme, apporter toutes les garanties d'indépendance et de transparence à nos concitoyens de tous les scientifiques qui s'expriment dans cette enceinte ».

Afrique

« Je le dis pour l'ensemble des agriculteurs européens ici présents, comme des décideurs, c'est une opportunité pour nous de saisir les opportunités de développement partagé, les opportunités d'exportation de notre savoir-faire pour nous aider à faire réussir le continent africain ».

Glyphosate

« Quand je regarde le vignoble français, je pense que nous pouvons faire le premier vignoble du monde sans glyphosate, dans 80 % des cas cette transition va d'ailleurs s'effectuer ».

Jeunes agriculteurs

« Un agriculteur européen sur deux a aujourd'hui plus de 55 ans et partira donc à la retraite d'ici 2022 ». « Il faut anticiper le renouvellement des générations, c'est la bataille indispensable que nous devons mener ». « On sait ce qui bloque aujourd'hui, c'est l'accès à la terre agricole ». « Nous prendrons des mesures fortes pour faciliter l'accès au foncier pour les jeunes agriculteurs, nous les prendrons d'abord dans le cadre d'une loi foncière à venir ».

Il a aussi annoncé « un sommet international des jeunes agriculteurs » à « Paris » en « avril prochain », au cours duquel « je suis sûr que les jeunes agriculteurs d'Europe feront valoir leurs spécificités ».

Erasmus Farmer

« Un projet comme l'Erasmus Farmer doit permettre aux jeunes futurs agriculteurs de voyager, d'aller passer un semestre ou une année dans un autre pays européen pour y voir les techniques agricoles, les spécificités, les bonnes pratiques ».

Lutte contre l'artificialisation des terres et urbanisme

« La France, pour ne parler que d'elle, a perdu un quart de sa surface agricole sur les 50 dernières années, il faut y remédier ». « Dans nos politiques d'urbanisme, c'est un véritable défi parce qu'il vient à rebours de tout ce que nous avons fait depuis des décennies » car à la périphérie des villes et villages, « nous n'avons cessé de grignoter les terres agricoles pour ouvrir des zones commerciales, des zones industrielles, des zones de logistique ». « Il faut rompre avec cette pratique, et là, le combat agricole est pleinement réconcilié avec le combat écologique, parce que cette extension progressive est mauvaise sur le plan environnemental. Donc le zéro artificialisation nette, c'est un vrai changement de l'organisation de notre urbanisme ».

« Agriculture bashing »

« Moi je n'ai jamais vu quelqu'un de plus sensible à la maltraitance animale qu'un éleveur, parce qu'il vit avec ses bêtes, parce que c'est lui qui se réveille la nuit quand il y a un vêlage (...), je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi anxieux pour le changement climatique, le réchauffement, qu'un agriculteur parce que c'est lui qui en vit les conséquences chaque semaine. » 

Extraits du discours d'Emmanuel Macron au salon de l'agriculture 2019 à Paris.


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