Débat national sur la future PacLes thématiques environnementales au c½ur des contributions

| par | Terre-net Média

Missionnée pour organiser une consultation publique autour du plan stratégique national de la future Pac, la Commission nationale du débat public a rendu le 19 juin un rapport d'étape, riche de 127 propositions issues des préoccupations principales des participants en matière agricole. La question du modèle agricole et de ses implications sur l'environnement est celle qui a généré le plus de contributions.

La Commission nationale du débat public a rendu le 19 juin un compte-rendu d'étape contenant 127 propositions pour la future PacLa Commission nationale du débat public a rendu le 19 juin un compte-rendu d'étape contenant 127 propositions pour la future Pac (©CNDP/Terre-net Média)

Lancée à l’occasion du salon de l’agriculture, en février, la consultation publique sur le plan stratégique national de la future Pac a vu son calendrier perturbé par la crise sanitaire. Pour autant, la Commission nationale du débat public (CNDP), missionnée pour organiser le débat, a continué à recueillir sur internet les contributions de tous ceux qui souhaitaient participer.

Le 19 juin, la CNDP a ainsi remis un compte-rendu d’étape, un exercice inédit dans le cadre de cette procédure, mais jugé opportun en raison du calendrier des négociations entre les États membres et l’Union européenne, et de la pandémie de Covid-19 qui a contribué à remettre l’alimentation, l’agriculture et l’environnement au cœur des préoccupations des Français.

Une question centrale, celle du modèle agricole

Le débat généré sur la plateforme en ligne a permis de toucher plus de 810 000 personnes, et de recueillir 9 500 contributions. Parmi les différentes thématiques proposées, « quels modèles agricoles pour la société française ? » a généré le plus de réactions (36 %), devant la question de la transition agroécologique (18 %) et de « qu’est-ce que je mange ? » (15 %).

Les contributions sur ce thème traduisent sans surprise les oppositions classiques, avec « la position de celles et ceux qui considèrent que les systèmes agricoles actuels ne sont pas à changer – en particulier le système dit intensif – autrement que pour les adapter graduellement aux enjeux de la transition écologique et dans la limite de ce qui est compatible avec les objectifs premiers de l’agriculture » et « la  position  de  celles  et  ceux  qui  estiment  que seul un changement profond du système actuel  –  et  notamment  l’arrêt  du  système  intensif – peut permettre une transition agro-écologique  intégrant  pleinement  les  enjeux  environnementaux,  sanitaires  ainsi  que  la  préservation des ressources naturelles », relève la CNDP. Des positions au sein desquelles les clivages agriculture biologique / agriculture conventionnelle ou anti/pro pesticides se retrouvent également.

Peu d’intérêt pour la modernisation et l’avenir du secteur agricole

A travers le sujet du modèle agricole, les répondants ont surtout voulu débattre des implications environnementales, comme l’exprime la hiérarchie de leurs préoccupations. Ainsi, ils jugent « très prioritaire à 86,8 % le fait de gérer durablement les ressources environnementales, à 85,9 % le fait de protéger la biodiversité, les paysages et les écosystèmes, et à 84 % le fait de lutter contre le changement climatique et de s’y adapter. »

Les thématiques plus strictement agricoles sont jugées moins importantes au regard des enjeux environnementaux. Seuls 30,1 % estiment « très prioritaire » d’assurer un revenu juste et de soutenir la résilience du secteur et 33,8 % estiment très prioritaire d’attirer les jeunes agriculteurs. Quant à la compétitivité et à la modernisation, elles ne sont très prioritaires que pour respectivement 6,9 % et 7,7 % des participants à la consultation publique.

127 propositions disparates

Prenant en compte l’ensemble des contributions, la CNDP a donc rassemblé 127 propositions transmises au ministère de l’agriculture. Un premier groupe de propositions « à caractère précis », suggère des mesures sur des points clairement identifiés. Sur la Pac, la CNDP liste ainsi plusieurs mesures comme conditionnaliser les aides, plafonner une éventuelle aide à l’actif, ou plafonner l’aide à l’hectare. Plusieurs évoquent également les ZNT : reconvertir les ZNT, laisser à la charge des aménageurs les compensations sur les ZNT, ou revaloriser ces zones. Un certain nombre de propositions concernent également l’amélioration du bien-être animal, les OGM (notamment l’idée de rouvrir le débat), ou les produits phytosanitaires.

Un deuxième groupe de mesures réunit ensuite les propositions à caractère plus général, qui concernent cependant des sujets tout aussi variés, allant du soutien à la traction animale à la proposition de rémunérer en fonction de l’usage de la substance chimique, évoquant aussi le partage et la gestion des terres, ou la fin des aides à l’hectare de la Pac.

Lire ici l'intégralité du compte-rendu d'étape de la CNDP.

Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article

DÉJÀ 8 RÉACTIONS


Moty
Il y a 118 jours
Oui, il y a de la diversité dans les propositions citoyennes tout comme dans nos manières de voir les choses ( nous, producteurs ). Mais ça tourne autour du durable et du changement climatique et pas compétitivité et modernisation. Je suis content de cette " nouvelle " approche qui est plus respectueuse de l'Humain et d la nature.
Depuis 50 ans , Modernisation = élimination massive des Paysans , ça suffit.
Il est grand temps que ça change. Un petit éleveur Heureux
Répondre
Jeuneagri
Il y a 119 jours
Je me vois mal faucher 75ha dans l'année avec des boeufs... Certains ont visiblement un problème avec notre métier. Jalousie ? Méconnaissance ? Imbécillité ? Les esclaves aujourd'hui, c'est nous...
Répondre
PàgraT
Il y a 120 jours
D'ici 2030 les salles de sport seront transformées en unités de production d'énergie . Les calories aujourd'hui évacuées par les sportifs sont gaspillées et devront donc être valorisées en direction de génératrices d'électricité !
Dans le domaine du transport, les chemins de halage seront réhabilités en employant la main d’œuvre des grandes villes quasiment toutes situées sur les fleuves et rivières !!
Répondre
Cabeillade
Il y a 120 jours
Enfin des propositions qui répondent vraiment aux enjeux, même si ça manque un peu d'acronymes ! Il faudrait aussi évoquer l'utilisation excessive qui est faite de la ressource en eau et mettre en place une interdiction pure et simple de l'irrigation, pour ne pas perturber le cycle de l'eau. Afin que la biodiversité (sangliers, chevreuils, rongeurs) puisse vraiment s'épanouir, un partie de la S.B.U. (Surface de Biodiversité Utile) devra être allouée à la production de nourriture pour la faune sauvage, au cas où les ressources dans les bois viendraient à manquer. Ces cultures devront s'effectuer manuellement dans le plus strict respect des gestes barrières et de distanciation sociale, c'est à dire pas plus de 3 personnes par hectare en même temps avec port du scaphandre obligatoire. L'agriculteur devra également s'assurer que les animaux sauvages ont accès à un logement décent avec l'installation de cabanes les protégeant des aléas climatiques et favorisant leur prolifération. La limitation de la disponibilité en denrées agricoles devrait ainsi permettre de réduire la population du pays de 50% à l'horizon 2050, avec une volonté d'arriver à zéro humain en 2100, seul moyen pour que notre impact sur les écosystèmes soit enfin réduit à néant.
Répondre
PàgraT
Il y a 120 jours
Je propose qu'au fur et à mesure des départs en retraite, on reboise les terres libérées. Ces surfaces seront rémunérées pour le stockage de carbone; 30€ / la tonne dans un premier temps puis progressivement jusqu'à 100€ . Les anciens exploitants auront le droit de garder une parcelle de subsistance pour eux et leur famille ! Le glanage sera de nouveau autorisé pour les quelques légumes naturels des champs (pissenlits et autres ) en attendant que la forêt ne reprenne ses droits. Le travail des champs pas encore concernés par cette mesure devra être effectué manuellement c'est à dire sans motorisation qui nous le savons tous est polluante, ni par la traction animale qui est inacceptable pour le bien être des animaux ! De même , les animaux d'élevage seront libérés dans la nature pour que les prédateurs puissent reprendre toute leur place ! Les citadins devront dans un premier temps donner de leur temps pour les semis et les récoltes, puis apprendre assez rapidement à se contenter de leur balcon ou leur jardin pour les mieux lotis, pour leur alimentation au cas où celle-ci venait à manquer ! Nous interdirions les importations des denrées agricoles au bilan carbone négatif. Je conseille donc vivement le retour de la marine marchande à voile, le retour des triporteurs à pédales ainsi que tout autre mode de transport vertueux ! Je reviendrai vers vous pour d'autres propositions et attends de vous que vous fassiez de même, bien entendu dans le respect de l'environnement et de la morale !!!!
Répondre
maxens
Il y a 120 jours
Très clair, le revenu des agriculteurs, et leur mode de vie, ils s'en fichent, ils veulent juste de beaux espaces vert, et des esclaves corvéables à merci pour leur assurer cela.... mais pas de surprise, on le savait déjà
Répondre
Réaliste
Il y a 120 jours
90% veulent de l'agroecologie. 30% du revenu pour les agris. 7% de la compétitivité. Rien à ajouter tellement ce pays est consternant.
Répondre
vajouphil
Il y a 120 jours
si on ne veut plus d'agriculture en france,qu'on le dise.toujours plus de contraintes et moins d'aides,comment on fait pour vivre.s'ils ne veulent plus de production,que l'on nous paie à mettre toutes les terres en jachère...trop ça devient trop la coupe est pleine,les russes et les ukrainiens peuvent se frotter les mains...
Répondre