Sommet de l'élevage, jour 1Les syndicats agricoles unanimes : À quand une réelle cohérence politique ?

| par Emilie Durand | Terre-net Média

Didier Guillaume, ministre de l'agriculture, est venu au Sommet de l'élevage pour « apporter » tout son « soutien à l'élevage qui souffre ». Mais de cette visite, sans grandes annonces, il en ressort un discours manquant de « cohérence » selon les syndicats agricoles, qui semblent parfois désarçonnés.

Didier Guillaume, ministre de l'agriculture, ici aux côtés de Jacques Chazalet, président du salon, a inauguré le Sommet de l'élevage, mercredi 2 octobre 2019.Didier Guillaume, ministre de l'agriculture, ici aux côtés de Jacques Chazalet, président du salon, a inauguré le Sommet de l'élevage, mercredi 2 octobre 2019. (©Terre-net Média)

« Je ne suis pas venu faire des annonces », a répété plusieurs fois Didier Guillaume, ministre de l’agriculture, le 2 octobre, lors de sa venue au Sommet de l’élevage. « Je suis venu apporter tout mon soutien » aux éleveurs dont il reconnait les difficultés économiques actuelles. « Le terme de crise est galvaudé ! Il s’agit d’une situation hors norme ! » que vivent les éleveurs aujourd’hui, selon lui.

Durant sa déambulation de plusieurs heures dans le salon, il a écouté les éleveurs qui l’ont interpellé sur le Ceta ou le Mercosur : « Le Ceta n’est pas ratifié. Nous en reparlerons lorsqu’il le sera ! Quant au Mercosur, c’est fini ! », a-t-il déclaré sans détours. Et les éleveurs de lui répondre : « Faites quelques chose pour le monde rural », « On va disparaître ! », « Mettez tout en œuvre pour que cela change ».

Didier Guillaume met alors en avant la responsabilité des producteurs, les incitant par exemple à se regrouper en OP commerciales et surtout à exporter vers la Chine. « À l’heure qu’il est, 203 tonnes de viande bovine ont été exportées vers la Chine, soit dix fois plus que l’an passé », souligne-t-il. Et de rajouter : « Le marché chinois est sans fin ! », évoquant des objectifs de 2 000 tonnes voire 20 000 tonnes de viande exportées à l’avenir.

La Chine, un débouché à prendre pour les éleveurs

Il n’y aura pas d’altercation extrême dans les halls d’élevage. Les éleveurs ne reconnaissent pas forcément leur ministre, s’écartent volontairement ou non. Ils envoient leurs enfants. Et Didier Guillaume explique comment il va aider « leur papa ». Parfois, il interpelle aussi l’éleveur : « Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? […] Nous sommes dans un monde économique. Moi je fais en sorte de garder des perfusions !  Ce n’est pas moi l’élevage français ! ».

Il a annoncé la gratuité des péages pour les transports de pailles et de fourrages ainsi que des avances issues du fond des calamités agricoles pour les départements les plus touchés par la sécheresse, notamment le Puy-de-Dôme et l’Allier. « Ce n’est pas nouveau », s’exclame Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne. Les propos du ministre font sourire Bernard Lannes, président de la Coordination rurale, quelque peu cynique. Quant à Bruno Dufayet, président de la Fédération nationale bovine et Thierry Roquefeuil, président de la Fédération nationales des producteurs de lait, ils attendent eux une « vraie » politique nationale agricole avec une ligne directrice affichée.

Ce flou politique se retrouve finalement dans le salon notamment dans les demandes de l’ensemble des syndicats agricoles face à un ministre qui prône les Etats généraux de l’alimentation, les circuits courts et… les échanges internationaux.

Le Sénat appelé en appui

Bruno Dufayet a invité les membres de la Commission nationale économique du Sénat pour défendre l’élevage, notamment contre le Ceta, le même jour. Une première ! Sophie Primas, présidente de la Commission des affaires économiques sent le besoin de déclarer durant son intervention : « Nous ne sommes pas en compétition avec le ministre ou l’Assemblée nationale ! ». Et pourtant, Bruno Dufayet apparaît perplexe devant les décisions du gouvernement : « Nous avons besoin d’une vraie cohérence politique ! ».

Thierry Roquefeuil évoque lui aussi « un manque de lisibilité à moyen et long terme pour l’élevage français », au point de réclamer « un plan Élevage ». L’ensemble des porte-parole syndicaux évoqueront le travail effectué durant les Etats généraux de l’alimentation et la nécessité de le porter jusqu’au bout. En attendant, le ministre reconnait, acquiesce, écoute : « Les prix n’y sont pas. Tant qu’il n’y aura pas de revenus [pour vous éleveurs, ndlr], cela ne bougera pas ! ». Et d’ajouter : « Il y a de l’avenir dans les filières d’élevage ! ».


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DÉJÀ 7 RÉACTIONS


steph72
Il y a 11 jours
modérateur!!!
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steph72
Il y a 13 jours
Bien dit Baptiste,beaucoup d'organismes qui nous coutent et qui ne nous defendent pas.
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BAPTISTE SERVANS CANTAL
Il y a 13 jours
les 4 syndicats (dit ) majoritaires ne sont là que pour toucher les aides de l'état et placé quelques guignols dans les gouvernements eux les paysans de base ils s'en foute comme de leur premiere chemise ce qu'ils demandent c'est placé quelques guignols dans les inter professions et passé une bonne république , à leurs façons de gérer l'agriculture ils ont été les fossoyeurs de notre profession des sinistres responsables comme tous les présidents de cop ou inter professions ne devraient plus avoir le droit de parler au nom de la base , ils nous ont tous vendu pour eux faire les quéqués , il est urgent que la base reprenne le pouvoir de notre avenir sinon ce sera la faillite compléte de toute notre profession ces irresponsables n'ont pas encore compris que nous ne devons plus vendre nos productions en dessous de nos côuts de revient , c'est le seul moyen de vivre de son métier , alors qui sera d'accord avec moi?????
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vachalait
Il y a 14 jours
La Chine nouvel eldorado ah ah ah je me marre demandez au producteurs de SODIAAL
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Oscar
Il y a 14 jours
Il est venu nous expliquer lors de la fermeture de notre sucrerie (cagny) qu'il serait avec nous bilan tout ferme et il n'en a rien à faire il est maintenant plus joignable. On a plus a faire a des patriotes ,ils vendent le pays par pièce
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Professeur tournesol
Il y a 14 jours
Cet fait des années que la base dit qu’il y’a problème au niveau de l agriculture française. Et j en fait parti de ceux qui ont tiré la sonnette d alarme. Pendant des années le syndicalisme a passé son temps à se congratuler de miettes obtenues mais le travail de fonds n a jamais été fait ! N oublions pas quand même que tous les patrons de coops sont ( des paysans) affiliés au syndicalisme il va de soi et comme ce sont des notables le syndicalisme ne les a jamais chatouillé et comme ils font partie de la famille..... Et si par malheur une grande dent voulait se plaindre ( de Sodiaal par exemple) il était systématiquement mis sur la touche et maintenant on dit : au secours il y’a le feu ! Désolé c est trop tard le mal est fait. Et quand on a nourri un cochon a la farine difficile de lui faire manger des topinambours crus
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tintin
Il y a 14 jours
nous avons un gouvernement qui pense s sacrifier l agriculture française au profit de la finance et des nouvelles technologies .plutôt des avions que l agriculture.le ministre lui fait la voiture ballet
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