Crise porcine Les producteurs réclament l'étiquetage pour contrer l'Allemagne et l'Espagne

| AFP

Rennes, 26 jan 2016 (AFP) - Les éleveurs de porcs bretons ont réclamé une nouvelle fois mardi l'étiquetage mentionnant l'origine de la viande dans les plats transformés, une manière pour eux de contrer la « concurrence déloyale » de l'Allemagne et de l'Espagne.

« On est en attente de mesures concrètes sur la compétitivité. Il faut passer par l'étiquetage, c'est primordial », a déclaré Philippe Bizien, président du Comité régional porcin (CRP), lors d'une conférence de presse à Rennes. Si le gouvernement publie ce décret rendant obligatoire la mention de l'origine de la viande, a estimé Philippe Bizien, « on s'expose à une plainte de Bruxelles », voire à des amendes, comme l'explique le ministère qui s'y refuse pour cette raison. « Mais ça permettra de mettre sur la table le dossier des distorsions sociales » en vigueur en Allemagne et en Espagne, les deux principaux concurrents de la France, avec des « salaires à 500 euros par mois ». « On est en concurrence déloyale avec ces pays qui paient une misère », a-t-il fait valoir. « Payer des salariés 500 euros par mois, ce n'est pas notre modèle en France. Mais c'est ce qu'on est en train de mettre en avant au plan européen », a estimé le président du CRP.

A la veille d'un « mercredi noir » en Bretagne annoncé par les syndicats agricoles qui entendent établir des barrages sur les principales voies de communication, le président du CRP a dressé un tableau très sombre de la situation actuelle et exhorté les politiques à « donner un cap à l'agriculture française » et à l'élevage en particulier.

« S'il n'y a pas de décision, la filière porc va être réduite à la portion congrue (...), a prédit Philippe Bizien. Je ne sais pas combien va coûter à l'Etat le démantèlement de la filière porcine » si on laisse faire. « Si la production baisse, ce sont tous les maillons qui devront se restructurer avec des pertes d'emplois partout, dans les abattoirs, dans les services, etc... On est dans une spirale, on n'en voit pas la fin ». « On a l'impression de dire toujours la même chose. On (les politiques) nous reçoit mais on n'est pas entendus », a-t-il ajouté.

Première région agricole française, la Bretagne représente près de 60 % de la production nationale de porcs. 20 % des éleveurs porcins de la région ont déjà arrêté ou devraient déposer le bilan dans les semaines à venir et 20 % supplémentaires sont dans une situation de grande fragilité, selon l'interprofession.


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