Viande bovineLes prix augmentent lentement, l'exaspération gagne les producteurs

| Afp

Paris, 10 juil 2015 (AFP) - Les prix payés aux producteurs de viande bovine ont pris 2 centimes au cours de la semaine qui vient de s'écouler, une hausse loin des 5 centimes attendus et qui pourrait mettre le feu aux poudres auprès de producteurs « en détresse » selon la Fnsea.

« Quand les opérateurs prennent des engagements, il faut les tenir, ou alors on est dans un jeu de tricheur et de menteur », a déclaré cette semaine le patron de la Fnsea Xavier Beulin lors d'une conférence de presse. Pour lui, les agriculteurs « en détresse », « vivent de plus en plus mal la situation où ils se trouvent » et « il ne faudra pas demander aux syndicats agricoles de faire la police dans les rangs des agriculteurs », s'ils décidaient de mener des actions contre les opérateurs.

Le premier syndicat agricole et les Jeunes agriculteurs avaient organisé la semaine dernière une mobilisation nationale pour « montrer la détresse des agriculteurs » qui a réuni quelque 12.000 agriculteurs.

Mi-juin, producteurs, abattoirs et distributeurs ont négocié sous l'égide du ministère de l'Agriculture un accord visant à revaloriser les prix payés aux producteurs de viande bovine. L'objectif était d'atteindre 4,50 euros par kilo, en augmentant progressivement les prix de 5 centimes par kilo et par semaine, pour permettre aux éleveurs de couvrir leurs coûts de production.

Mais près de trois semaines après cet accord, les prix à l'entrée des abattoirs ont augmenté de 2 centimes par kilo en moyenne tous produits confondus, pour atteindre 3,74 euros le kilo, selon les cotations hebdomadaires publiées mardi par l'établissement public FranceAgriMer.

Les travaux entrepris par le Médiateur des relations commerciales agricoles « montrent des disparités sensibles entre régions, entre opérateurs, et au sein même des opérateurs. Des hausses significatives ont parfois été enregistrées et les abatteurs ont pu les répercuter aux distributeurs sans difficultés, montrant que le dispositif évoqué lors de la table-ronde du 17 juin fonctionne, selon un communiqué du ministère daté de mercredi.

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a cependant indiqué jeudi sur Rtl qu'il n'avait légalement « aucun moyen d'aller sanctionner une entreprise qui n'applique pas un accord ». « Je ne peux pas définir et imposer un prix », a-t-il ajouté. « L'évolution des cotations et des volumes abattus continuera de faire l'objet d'un suivi hebdomadaire de la part du Ministre qui demandera aux préfets de rappeler chaque opérateur à ses engagements si nécessaire », a assuré le ministère.


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