Projet de loi AlimentationLes oppositions se font les porte-voix des agriculteurs « déçus »

| AFP

Les députés des oppositions ont porté mercredi soir la voix des agriculteurs « déçus » par le texte du gouvernement visant à rééquilibrer leurs relations commerciales, tandis que le ministre Stéphane Travert a défendu les « outils » mis à disposition du secteur.

L'Assemblée nationale a entamé en nouvelle lecture l'examen du projet de loi agriculture et alimentation, sur lequel près de 900 amendements ont été déposés. Principal point d'achoppement : les modalités d'élaboration des indicateurs contribuant à la formation des prix agricoles. Ces indicateurs doivent servir de référence dans les contrats commerciaux entre les agriculteurs et leurs clients, l'industrie de transformation ou la distribution. « Les indicateurs doivent être obligatoires », sinon « comment peut-on espérer un changement du rapport de forces qui mine nos agriculteurs », a lancé Jérôme Nury, dont le groupe LR a défendu en vain deux motions préalables de rejet et renvoi en commission.

Thierry Benoit (UDI-Agir) a demandé ironiquement au ministre de le prévenir « le jour où les agriculteurs fixeront le prix du lait et iront voir Lactalis ». « Vous faites aujourd'hui le choix de ne pas réguler le marché », a aussi dénoncé l'Insoumis François Ruffin. « Il y a dans nos campagnes les germes d'une profonde désillusion », a abondé le socialiste Guillaume Garot, le communiste Jean-Paul Dufrègne évoquant une « déception générale » et même une « défiance des agriculteurs ».

Stéphane Travert a assuré pour sa part que « l'État ne se désintéresse pas du sujet des indicateurs » mais entend rester dans le cadre de « l'économie de marché » et dans « le respect du droit communautaire ». Le ministre a martelé le message déjà adressé aux agriculteurs : « Agissez au sein de votre interprofession, appuyez-vous sur les indicateurs, c'est comme cela que vous pourrez faire bouger les lignes ». Les sujets du bien-être animal, du glyphosate et encore de la réduction du plastique alimentaire sont également au menu, jusqu'à vendredi.


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DÉJÀ 2 RÉACTIONS


steph72
Il y a 69 jours
Economie de marché,c'est a dire que les puissants industriels et gms vont pouvoir continuer de peser sur le prix.

En plus ce n'est pas suffisant on signe des accords commerciaux pour faire plonger de nos produits déjà bas.
On va continuer à se foutre longtemps de la gueule des agriculteurs?
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PàgraT
Il y a 69 jours
Nous avons un gouvernement hypocrite, européen quand ça l'arrange et franco français dans le cas contraire! Pour le sabordage de l'agriculture française, là il est constant!
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