Ferme des « Mille vaches »Les opposants demandent en référé la suspension du permis de construire

| Afp

LILLE, 17 fév 2014 (AFP) - Les opposants à la « ferme des Mille Vaches » ont demandé lundi en référé la suspension du permis de construire de la ferme géante devant le tribunal administratif d'Amiens, ont annoncé leur avocat et la Confédération paysanne.

« On demande la suspension de l'arrêté de permis de construire de la ferme des Mille Vaches », située près d'Abbeville (Somme), a indiqué à l'AFP Me Grégoire Frison, avocat de la Confédération paysanne, de l'association d'opposants locaux Novissen et des associations MNLE, L214 et Picardie Nature.

Ce recours en « référé-suspension » concerne le permis de construire de la ferme géante « qui a été délivré il y a un an et demi » et « dont on dit qu'il faut le suspendre compte tenu d'irrégularités manifestes et nombreuses », a poursuivi l'avocat. « Si ce n'est pas suspendu, le projet va continuer et même si le permis est annulé dans six mois, un an, ça sera construit et on permettra (au promoteur Michel Ramery) de régulariser sa situation », a-t-il encore déclaré.

La décision du tribunal administratif doit tomber dans une quinzaine de jours, selon Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne.

Cinquante à soixante militants, ainsi que quelques élus, étaient présents à l'audience, a-t-il précisé. Dans un communiqué diffusé lundi soir, des élus EELV, parmi lesquels les députés européens José Bové et Karima Delli, ont dit soutenir « pleinement la démarche de ce collectif contre un projet d'agrobusiness aux conséquences désastreuses pour l'environnement, la santé, l'économie locale et le bien-être animal ». Un arrêté préfectoral a limité à 500 le nombre de vaches laitières sur le site, tant que la surface d'épandage des boues résiduelles ne serait pas suffisante. Mais les opposants estiment que les dimensions de la ferme, et du méthaniseur qui y est associé, n'ont pas été changées et qu'il s'agira à terme d'une ferme de 1.000 vaches (1.750 bovins au total avec les génisses).

« La méthanisation est une option intéressante pour la transition énergétique agricole, à condition de ne pas la marier avec un gigantisme industriel dédié, qui tire les prix vers le bas et détruit les fermes existantes », ont poursuivi les élus EELV.

L'Etat a demandé le mois dernier la démolition de bâtiments illégaux ne correspondant pas au permis de construire délivré, sans cependant avoir le pouvoir de contraindre le promoteur à s'exécuter. Un « hangar à paille » a notamment été démoli, selon les opposants.

Michel Ramery a déposé simultanément une demande de « permis modificatif » pour ses installations. « On veut faire de ce procès le procès du système Ramery et de ce système d'agriculture qu'on combat », qui « fait disparaître plein d'éleveurs partout en France », a ajouté Laurent Pinatel. « On en appelle au président de la République et on dit aujourd'hui à François Hollande : on veut des fermes ou des usines ? », a-t-il ajouté.

Les opposants à la méga-ferme comptent interpeller François Hollande à l'occasion du salon de l'agriculture, qui s'ouvre samedi à Paris.

Joints par l'AFP, les services de Michel Ramery n'ont pas fait de commentaire, souhaitant « laisser le juge faire son travail ». 


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