Accord de libre-échangeLes négociations UE/Mercosur continuent, Emmanuel Macron met en garde le Brésil

| AFP

Les négociations entre l'UE et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) en vue de finaliser un accord commercial vont se poursuivre vendredi, avec une mise en garde du président français Emmanuel Macron au Brésil sur l'environnement.

« Les rencontres entre l'UE et le Mercosur continuent. Chacune des parties travaille dur pour surmonter les divergences qui restent », a indiqué à l'AFP une source proche de la Commission européenne. L'une de ces divergences a été évoquée publiquement par Emmanuel Macron depuis Osaka (Japon), où s'est ouvert un sommet du G20 vendredi.

La France souhaite en effet que le Brésil maintienne ses engagements contre le changement climatique. « Si le Brésil quittait l'accord de Paris, nous, on ne pourrait pas signer des accords de commerce avec lui », a déclaré le chef de l'Etat aux journalistes. « Le climat va avec le social, avec le commercial. Je ne veux pas faire d'accords de commerce avec des gens qui ne suivent pas l'accord de Paris, qui ne respectent pas nos engagements en termes de biodiversité », a-t-il ajouté.

Réunis depuis mercredi à Bruxelles, les négociateurs européens et sud-américains sont entrés dans la dernière ligne droite des discussions, entamées il y a 20 ans. Ils espèrent donner naissance à l'un des plus vastes accords de libre-échange jamais conclu, dans un contexte mondial déstabilisé par la politique commerciale offensive du président américain Donald Trump.

Les ministres sud-américains avaient dîné mercredi soir à Bruxelles avec le vice-président de la Commission européenne, Jyrki Katainen, et les commissaires au commerce Cecilia Malmström et à l'agriculture Phil Hogan. La rencontre avait été jugée « constructive » par l'exécutif européen. Un « accord politique » dans les prochains jours « est possible », avait indiqué une source proche des discussions jeudi matin. Mais « il peut aussi ne pas y avoir d'accord du tout », avait-elle souligné.

Les discussions pourraient aussi se poursuivre au niveau des chefs d'Etat lors du G20 vendredi et samedi. De sources concordantes, les Européens attendent des avancées du côté du Mercosur en matière d'indications géographiques protégées et surtout sur l'ouverture de leur secteur automobile. A l'inverse, les Sud-Américains espèrent un plus grand accès au marché européen pour leur production agricole, en particulier leur bœuf, ce qui inquiète les agriculteurs de l'UE. « Je doute que l'offre européenne sur le bœuf suffise à ouvrir le marché sud-américain de l'automobile, qui est au cœur de l'accord. Le contexte politique est assez tendu en Europe », avait souligné un diplomate européen.

Désaccord en Europe

« Si un accord est conclu, ce sera pour des considérations géopolitiques et pour envoyer un signal sur les mérites du libre-échange ».

L'accord UE-Mercosur suscite un malaise grandissant dans certains Etats membres de l'UE, sous la pression des agriculteurs et des ONG. La semaine passée, les dirigeants français, irlandais, polonais et belge ont exprimé à la Commission leur « profonde préoccupation » sur les conséquences de cet accord sur leur agriculture.

Quelques jours plus tard, un autre groupe de pays - Allemagne, Pays-Bas, Espagne, République tchèque, Portugal, Lettonie et Suède - ont exhorté Bruxelles à conclure cet « accord historique ». L'accord est aussi critiqué par 340 ONG européennes et sud-américaines « en raison de la détérioration des droits humains et de la situation écologique au Brésil » depuis l'investiture en janvier du président d'extrême droite Jair Bolsonaro. Mercredi, la chancelière allemande Angela Merkel avait indiqué vouloir s'entretenir avec lui de la déforestation au Brésil, sans remettre en cause la conclusion de l'accord.


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DÉJÀ 1 RÉACTION


steph72
Il y a 23 jours
Une trahison de plus,signature de l'accord.
Ecoeurant!
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