Lettre de la Fnb à Stéphane Le FollLes forces de l'ordre « au service » du refus de transparence des prix

| par | Terre-net Média

Dans une lettre rendue publique, Jean-Pierre Fleury, président de la Fédération nationale bovine s'étonne du traitement réservé par les forces de police aux éleveurs de bovins viande le 26 août dernier. Ils étaient venus manifester pour dénoncer le manque de transparence des étiquettes apposées sur les barquettes de viande des rayons du magasin Leclerc à Vitry-sur-Seine.

Y-a–t-il « deux poids et deux mesures dans notre pays, selon que l’on est riche et puissant (comme M. Michel-Edouard Leclerc) ou simple éleveur de viande bovine… », écrit Jean-Pierre Fleury dans un courrier rendu public adressé à Stéphane Le Foll au lendemain de la manifestation des adhérents de la Fédération nationale bovine.

« Les éleveurs sont stupéfaits et révoltés » car « les forces de l’ordre ont été rangées du côté de la Grande distribution contre les éleveurs, et elles ont été mises "au service" du refus de transparence du groupe Leclerc ! »

Le 26 août dernier, une centaine d’entre eux s'est rendue dans un magasin Leclerc, à Vitry-sur-Seine, dans l’objectif d’alerter sur leur situation de crise économique et vérifier la traçabilité et le respect des engagements de mise en avant des viandes bovines françaises. Ils étaient venus pour « relever dans les rayons de ce magasin des barquettes de viande bovine "Origine Union Européenne" », « une indication strictement illicite au regard de la réglementation qui impose l’indication du nom du pays ».

« Alors qu’il n’y a eu aucun trouble à l’ordre public, ni perturbation des consommateurs (qui ont tout au contraire marqué leur adhésion à notre action), les éleveurs se sont retrouvés face aux forces de l’ordre à l’intérieur même du magasin, dans une enceinte privée, avec des unités de CRS massées notamment dans les frigos, dont elles bloquaient l’accès », déplore la Fnb.

« L’Etat trouve ainsi les moyens pour contrôler les éleveurs dans tous les domaines réglementaires », mais aussi pour déployer des forces de l’ordre contre les éleveurs. En revanche, les effectifs des inspecteurs de la Dgccrf sont insuffisants pour remplir leur fonctions ce qui laisse la porte ouverte à de nombreux abus. Or ces inspecteurs sont « pourtant garants de la sécurité des consommateurs, sont eux devenus insuffisants ».

En conclusion, Jean-Pierre Fleury demande dans son courrier à Stéphane Le Foll de « faire toute la lumière » sur les faits dénoncés et « sur les dérives de cet étiquetage illégal, en espérant qu’une telle situation ne puisse plus se reproduire ».


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