« Pénurie » de beurre dans les magasinsLes éleveurs se préparent à l'action « pour rétablir la vérité »

| par | Terre-net Média

Dans certains supermarchés, les rayons de beurre sont vides ou en passent de l'être. Les distributeurs justifient cette pénurie par l'incapacité des industriels à les approvisionner. Des éleveurs de la FNPL vont aller en magasin dans les prochains jours pour « rétablir la vérité ». Selon André Bonnard, secrétaire général du syndicat, les distributeurs en rupture sont aussi responsables de leur situation.

Une consommatrice constate sur Twitter la pénurie de beurre dans son Intermarché, le 11 octobre dernier.Une consommatrice constate sur Twitter la pénurie de beurre dans son Intermarché, le 11 octobre dernier. (©@CoBuisson)

« Pour les éleveurs laitiers, la situation est insupportable ». Le contexte de « pénurie de beurre » dans les supermarchés, photos de rayons vides – ou presque – à l’appui, agace André Bonnard, secrétaire général de la FNPL. Et ce à double titre.

D’abord parce que, certes le prix du lait payé au producteur se redresse depuis plusieurs semaines, « mais l’impact de la flambée du cours mondial du beurre sur la facture des producteurs devrait être plus important ».

Selon FranceAgriMer, le prix du « beurre standard 82 % MG » en France a bondi de 88,8 % entre octobre 2016 et octobre 2017. Sur la zone Europe, la tonne de beurre flambe à 6 414 € (7 563 $) à la mi-octobre 2017. Entre août 2016 et août 2017, le prix du lait réel payé aux producteurs a augmenté de 19 % (361,69 € en moyenne en août).

Ensuite parce qu’il « n’y a pas de prétendue pénurie au point que les supermarchés soient en rupture totale de beurre. » Les marchés laitiers sont déséquilibrés depuis plusieurs semaines voire plusieurs mois, à la faveur d’une demande mondiale en forte croissance. Mais, selon le syndicaliste, ce déséquilibre ne justifie pas à lui seul l’absence de barquettes dans les rayons frais. « Les distributeurs en rupture ne sont pas livrés en beurre car ils n’acceptent pas les revalorisations de prix par leurs fournisseurs. »

Des fabrications en repli, des exportations en hausse

En clair, il n’y aurait plus de beurre dans certains magasins car ils ne voudraient pas en payer le prix. Les données d’août 2017 de FranceAgriMer sont d’ailleurs intéressantes : sur les 8 premiers mois de l’année, les fabrications françaises de beurre sont bien en repli de 8 % par rapport à 2016. Sur cette même période pourtant, les exportations ont progressé de 14,4 % vers les pays tiers. Des chiffres qui laissent à penser que, dans le contexte actuel, les industriels valorisent mieux leurs fabrications à l’export que sur le marché national.

« Pourquoi il y a encore du beurre dans les rayons des magasins Système U, et plus du tout chez Intermarché ? » s’interroge d’ailleurs l’éleveur.

« Nos fournisseurs ne sont pas en mesure de nous livrer la marchandise commandée », peut-on aussi lire dans certains magasins Leclerc ou Carrefour. Un message qui agace tout autant l’éleveur. Dans certaines régions, notamment en Rhône-Alpes-Auvergne, nous allons retourner dans les magasins en « pénurie » pour changer les écriteaux et rétablir certaines vérités auprès du consommateur, prévient-il. Car il y a clairement manipulation ! » Les éleveurs de la FNPL pourraient « réinformer » le consommateur dès ce week-end dans certaines enseignes.


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DÉJÀ 8 RÉACTIONS


PAscal Cochelin via Linkedin
Il y a 25 jours
Les GMS n’ont toujours pas compris que les consommateurs attendent de la transparence. De la vraie. Mais à axer la communication essentiellement sur le prix en direction d’un public majoritairement urbain, je comprends bien qu’ils souhaitent se détacher des « contingences » des agriculteurs :(
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PATRICE BRACHET
Il y a 26 jours
Monsieur melenchon votre discours de politique générale est pas mal mais on parle de quelques familles qui étouffent le monde agricole en dictant leur loi le procès de l Europe il fallait le faire au moment du vote de mastrich ( mais peut-être vous n étiez pas né) maintenant il faut se concentrer et s unir contre le dictat des Gms car en Allemagne ( qui sont très européens) les Gms passent les hausses
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Ruoma
Il y a 27 jours
C'est le principe même du libéralisme, de la financiarisation de l'économie, qui nous est imposée par "l'union" €uropéenne au moyen des traités, directives et recommandations et que nos "responsables" politiques ont approuvés.
Maintenant, l'important, c'est de faire du fric et, avec le fric, on peut s'acheter des cabinets d'avocats (qui ne sont par regardants au niveau déontologique) avec lesquels on garde le pouvoir.
On le voit par ex. avec les histoires à rebondissements autour de l'autorisation ou de l'interdiction des pesticides que produit Monsanto et que nos agriculteurs ne rechignent pas à acheter et à utiliser.
Cela fait des années qu'est sorti le livre de Marie-Monique Robin "Le monde selon Monsanto". Son tout dernier documentaire "Monsanto face à ses juges" est passé ces jours-ci à la télé sur Arte (sans doute encore disponible en télé de rattrapage).
Et, depuis cette révélation, on continue d'utiliser et de répandre ce produit sur les sols et Monsanto, armé de sa cohorte d'avocats, a peut-être perdu les procès qu'ils lui ont intentés, mais n'a jamais été inquiété et continue de le commercialiser et de faire avec des profits considérables. .../...
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Ruoma
Il y a 27 jours
.../...
Eh bien, la commission de "l'union" €uropéenne, gavée de conseils (et probablement de "gratifications") par les multiples lobbyistes qui ont pignon sur rue (alors que le trafic d'influence était un délit il y a quelques années) cherche à renouveler son autorisation de mise sur le marché pour dix années supplémentaires, mais hésite quand même à le faire devant l'hostilité et la mobilisation des associations de protection de l'environnement ou de défense des abeilles...
Vous le remarquerez, on traîne au tribunal des représentants syndicaux pour une chemise déchirée, mais on ne dit rien pour le licenciement de centaines de salariés.
Aujourd'hui, ce sont les lanceurs d'alerte qui sont mis en examen et traînés devant les tribunaux, mais les sociétés ou les personnages qu'ils dénoncent ne sont pas inquiétés...
Bien entendu, nos "grands" médias (privés, mais aussi publics) ont une indignation à géométrie variable : ils sont prompts à dénoncer les violences des grévistes ou des manifestants, mais deviennent particulièrement discrets lorsqu'il s'agit des escroqueries de multinationales ou de politiciens professionnels en cravate-chemise blanche.
Malheureusement, tant que notre pays n'aura pas recouvrer sa souveraineté et son indépendance nationales en sortant légalement de "l'union" €uropéenne, de l'euro et de l'OTAN, (ce qu'on appelle le Frexit), de telles dérives se poursuivront...
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PATRICE BRACHET
Il y a 27 jours
Par rapport à la crise du beurre je ne dirai qu une chose les Gms refusent de payer le juste prix .par contre pour envoyer 21 agriculteurs périgourdin au tribunal parce qu ils ont essayé de prouver que les Gms étaient des fripouilles là ils sont forts !
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Lancelot
Il y a 28 jours
Entièrement d’accord avec votre commentaire 👍?
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Ruoma
Il y a 29 jours
C'est tout l'intérêt de "l'union" €uropéenne : la production française part à l'étranger puisque plus rien ne protège le marché français (libre circulation des marchandises).
C'est pour les mêmes raisons que les Chinois ou les Qataris viennent faire leur marché dans notre pays pour y acheter tout ce qui a de la valeur : les châteaux du vignoble national, les hôtels particuliers dans les villes les plus cotées, les entreprises, etc.
Dans tous les cas, les dindons de la farce, ce sont les Français.
Mais, chut ! Il ne faut pas se plaindre de l'UE, un carcan qui nous est bénéfique, selon nos "grands" médias et nos politiciens professionnels.
L'euro, c'est pareil, même si on s'appauvrit d'années en années, la monnaie commune, c'est bien mieux que notre Franc national.
Au fait, en 2005, les Français n'avaient-ils pas dit "STOP !" ?...
Et il ne faut pas répéter non plus que la sortie de l'UE et de l'euro est un droit, qu'il suffirait que nos "dirigeants" le décident.
Mais faites leur confiance, ce n'est pas du tout au programme...
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chrislait
Il y a 29 jours
bravo !!! il faut vendre nos produits aux plus offrant , en espérant que l'on revoie la valeur ajoutée
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