Guerre des prixLes éleveurs bovins de la Fnb crient leur « colère » contre Leclerc

| Afp

Une centaine d'agriculteurs de la Fédération nationale bovine (Fnb) ont manifesté mardi devant le siège du groupe Leclerc à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) pour exprimer leur « colère » contre la grande distribution, qui selon eux, « assassine les éleveurs » avec sa politique de prix bas.

Manifestation de la Fnb devant le siège de Leclerc.Manifestation de la Fnb devant le siège de Leclerc. (©Fnb)

« Leclerc m'a tué », « Leclerc voleur », « Leclerc assassine les éleveurs », ont écrit les agriculteurs sur la chaussée en attendant d'être reçus par le pdg du groupe Michel-Édouard Leclerc ou l'un de ses représentants.

Un peu plus tôt, ils avaient mené une autre action dans un hypermarché de Vitry mais se sont heurtés aux forces de l'ordre qui les ont empêchés de pénétrer dans la chambre froide. Selon la Fnb, branche de la Fnsea, en un an, le prix payé aux éleveurs a considérablement baissé, de l'ordre de 300 euros par tête. Toujours d'après les chiffres de la fédération, sur les 20 dernières années, le prix payé par le consommateur a augmenté de 65 % alors que le prix versé au producteur n'a crû que de 10 %.

« Nous sommes dans une période extrêmement dangereuse. Nous n'avons plus de trésorerie pour payer nos fournisseurs. Il y a un effondrement des investissements, la machine est en train de se gripper », a déclaré Jean-Pierre Fleury, président de la Fnb. « On est en train de tuer les producteurs. Les prix continuent d'augmenter et la grande distribution continue d'augmenter ses marges », a-t-il ajouté.

Manifestation des éleveurs de la Fnb devant le siège social de Leclerc.Les manifestants ont décidé de cibler le groupe Leclerc car il est le « symbole de la guerre des prix qui se fait au détriment des Pme et Pmi », a expliqué Jean-Pierre Fleury, président de la Fnb. (©Fnb)

Tony Luais est éleveur bovin en Loire-Atlantique. A 31 ans, il fait ce métier « par passion » et confie que « c'est de plus en plus dur de recruter ». « Les prix ne rémunèrent plus, les jeunes ont peur de s'investir. Or, il est tout à fait possible d'avoir des marges équitables pour tout le monde. »

Les manifestants ont décidé de cibler le groupe Leclerc car il est le « symbole de la guerre des prix qui se fait au détriment des Pme et Pmi », a expliqué Jean-Pierre Fleury, mais c'est tout le secteur de la grande distribution qui est montré du doigt. La Fnb demande d'ailleurs une « réunion d'urgence avec tous les acteurs de la distribution » pour sortir de la crise. D'après M. Fleury, à l'issue d'une rencontre avec une délégation de producteurs, le groupe Leclerc s'est engagé à participer à une réunion interprofessionnelle qui devrait avoir lieu avant le 15 septembre. 

Mi-juillet, le gouvernement avait rappelé à l'ordre la grande distribution lors d'une réunion au sommet à Bercy mais aucune piste concrète pour sortir de cette guerre aux prix bas n'avait été dégagée. 


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DÉJÀ 2 RÉACTIONS


UniVersBoucherie
Il y a 1698 jours
UniVersBoucherie via Twitter : @PBTerrenetMedia @EleveursBovins @FNSEA Et si c'était plus complexe, plus de bouchers alors on achète UE. 10 000 postes libre, innovons ?
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pierrot
Il y a 1698 jours
Et après ? 15 ans que je suis installé, 15 ans que j'entends le même discours sur les grandes surfaces, et 15 ans que rien ne change.

Dans une économie libérale, et concurrentielle, qui peut croire un seul instant que les grandes surfaces vont payer les produits plus chers pour nous faire plaisir ?

Après tout, quand j'achète mon aliment du bétail ou un tracteur, je fais marcher la concurrence sans me préoccuper du salaire du concessionnaire ou du fabriquant d'aliment. Et quand j'achète ma paille, le céréalier ne me fait pas de cadeaux.

De plus, si les grandes surfaces s'entendaient pour faire monter les prix sans faire marcher la concurrence, elles seraient condamnées pour entente illicite.

L'Etat ne peut rien faire sur la fixation des prix, ne peut pas fermer les frontières pour empêcher les importations, et ne peut pas obliger les consommateurs à manger de la viande.

La FNB dénonce, mais après, que propose-t-elle ?
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