Alimentation animale Les doléances des fabricants d'aliments pour retrouver de la compétitivité

| par | Terre-net Média

Pour que la filière de la nutrition animale « retrouve de la compétitivité », Coop de France Nutrition animale et le Snia demandent au Gouvernement de réserver la future aide Pac consacrée à la production de protéines végétales aux cultures qui seront destinées à l'alimentation du bétail. En attendant, les syndicats exigent, comme dans la filière laitière, une exonération de l'écotaxe sur le transport.

Le redressement productif sans nouvelles taxes : voici comment pouvaient être résumées les doléances des fabricants d’alimentation animale à l’attention du Gouvernement. Ce sont les présidents de Coop de France Nutrition animale et du Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale qui les ont présentées ce mercredi 4 septembre 2013.

Car Jean-Luc Cade et Alain Guillaume s’alarment de la « décroissance » de l’élevage français, et par conséquent, du marasme économique subi par les filières amont. Pour « relancer l’élevage en France », ils avancent deux propositions.

Les fabricants d’alimentation animale ont d’abord pris bonne note de la réforme de la Pac actée en juin dernier à Luxembourg et Bruxelles. Le couplage des aides en faveur de la production de protéines végétales, à hauteur de 2 % de l’enveloppe du 1er pilier, est, selon eux, un bon moyen de réduire la dépendance des éleveurs aux importations de soja américain ou brésilien. « La relance de la production de protéines végétales doit être fléchée vers la nutrition animale. »

Sans fournir les détails de leurs calculs, Jean-Luc Cade et Alain Guillaume estiment que ce couplage des aides permettrait de produire 3 millions de tonnes de graines de légumineuses en plus. Un volume qui nécessiterait des emblavements supplémentaires de pois, lupin et autres fèveroles d’environ 1 million d’hectares ! Pour finir leur raisonnement, cette nouvelle production permettrait d’abaisser la dépendance protéique de l’élevage français de 39 à 23 %.

Protéines : quel niveau d’aides à l’hectare ?

Toutefois, la relance de la production de protéines en France a, pour l’heure, toujours relevé du vœu pieux. Les surfaces cultivées en protéagineux se sont limitées à environ 200.000 ha ces dernières années (loin des 1 million d’hectares envisagés), et ce malgré des niveaux d’aides certes non négligeables mais qui ne compensent ni la faible rentabilité de ces cultures, ni les difficultés techniques rencontrées par les producteurs.

Surtout, les choix français quant à l’orientation de ces aides à la production de protéines végétales, que Stéphane Le Foll devrait présenter dans les prochaines semaines, seront déterminants. Quel sera le niveau d’aides à l’hectare ? Et surtout qui pourra bénéficier de ce soutien ? Même s’il ne faut pas négliger les bénéfices agronomiques des protéagineux, les céréaliers mesureront la rentabilité des protéagineux selon leur potentiel de vente, en comparaison aux céréales. A moins que le ministre de l’Agriculture ne décide, comme le souhaite la Fnpl, de cibler l’aide vers les éleveurs eux-mêmes. La rentabilité des protéagineux sera alors évaluée par rapport au coût d’achat des aliments.

« 0,5 €/t de plus supporté par les éleveurs »

Aussi, pour aller de l’avant, les filières d’élevage « ne peuvent supporter de nouvelles taxes ». La cible des fabricants : la fameuse écotaxe poids lourds, « un impôt qui plombe la compétitivité de l’élevage français face à ses concurrents ». Comme l’a obtenu la filière laitière pour la collecte du lait, les fabricants demandent à être totalement exonérés pour le transport des aliments du bétail.

Selon les deux syndicats, l’écotaxe coûtera de l’ordre de 25 M€ à la filière de l’alimentation animale, « du port ou des silos où sont déchargées les matières premières, jusqu’aux élevages ». Rapportée au volume d’aliments livrés chaque année aux éleveurs, de l’ordre de 21 Mt, l’écotaxe viendra alourdir les prix d’environ 1,19 €/t. Avec un coût de l’écotaxe estimé à 15 M€ entre les usines de fabrication des aliments et les élevages, « les éleveurs devront supporter un surcoût d’environ 0,5 €/t ».


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