Comptes de l'agricultureLe résultat net par actif agricole en baisse de 10,6 % en 2019

| par | Terre-net Média

La Commission des comptes de l'agriculture de la nation (CCAN) a publié le 10 janvier les résultats des exploitations agricoles pour 2018 et les comptes prévisionnels de l'agriculture pour 2019. L'Insee prévoit ainsi, pour l'année passée, une dégradation des résultats économiques du secteur agricole, avec notamment une baisse de 10,6 % du résultat net et une diminution de 7,8 % de la valeur ajoutée, par actif non salarié.

La Commission des comtpes de l'agriculture de la nation prévoit une baisse importante du résultat net en 2019La Commission des comptes de l'agriculture de la nation prévoit une baisse importante du résultat net en 2019. (©Pixabay)

Les comptes définitifs de l’agriculture pour 2018, publiés par la Commission des comptes de l’agriculture de la nation le 10 janvier a confirmé la progression des résultats économiques : l’excédent brut d’exploitation (EBE) par actif non salarié s’est accru de 4 % par rapport à 2017 et le résultat courant avant impôt (RCAI) par actif non salarié (30 000 € en moyenne) a augmenté de 11 %.

Ce sont essentiellement les productions végétales qui ont tiré leur épingle du jeu, les prix ayant compensé les baisses de rendement pour les exploitations de céréales et d’oléo-protéagineux. La valeur de la production augmente de 3,6 % et l’EBE par actif non salarié progresse de 4,3 %, à 47 100 €. La très bonne récolte de vin 2018 explique également la bonne performance du secteur végétal.

Pour les productions animales, les résultats sont moins bons : - 10 % pour les éleveurs laitiers, - 4,6 % pour les éleveurs de bovins viande.

La CCAN précise par ailleurs que ces résultats cachent d’importantes disparités entre les exploitations : un quart des exploitations ont ainsi un EBE par actif non-salarié inférieur à 23 500 € tandis qu’il est supérieur à 67 600 € pour un autre quart. Toutes orientations confondues, 3 % des exploitations ont un EBE négatif et 14 % ont un résultat courant avant impôt (RCAI) négatif, souligne la commission.

Des résultats défavorables en 2019

Pour l’année 2019 en revanche, les prévisions de l’Insee sont plus négatives. Les comptes prévisionnels anticipent une baisse de 2 % de la production agricole en valeur, et la production se replierait en volume (- 1,5 %) et en prix (- 0,5 %).

Lire l'article sur les comptes prévisionnels 2019 : la valeur de la production agricole a diminué de 2 % en 2019

Cette baisse de production, parallèlement à un léger accroissement des charges (+ 0,7 %), entraînerait une diminution de la valeur ajoutée de la branche agricole à hauteur de - 5,6 %. « Une fois prises en compte les subventions d’exploitation et la baisse tendancielle de l’emploi agricole, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif diminuerait de 5,9 % en 2019 en termes réels. Après déduction des rémunérations et des versements d'intérêts, le résultat brut de la branche agricole par actif non salarié, en termes réels, diminuerait de 6,6 % », indique la CCAN.

À noter que les conditions climatiques de 2019 (températures élevées et sécheresse) sont à l’origine de fortes disparités en fonction des cultures.

Ainsi, par actif non salarié, le résultat net de la branche agricole chuterait de 10,6 %, et la valeur ajoutée de 7,8 %.

Une baisse de revenu qui pose question

Ces mauvais résultats qui s’annoncent pour 2019 ont fait réagir les syndicats agricoles qui se sont inquiétés de ces évolutions à travers différents communiqués diffusés le 10 janvier.

Pour la Coordination rurale, l’évolution contrastée des revenus ces dernières années illustre « l’incapacité des politiques françaises et européennes à garantir un cadre structurel aux agriculteurs pour obtenir des prix stables et rémunérateurs ». Pour y remédier, elle en appelle, dans son communiqué, à « une réforme profonde de la Pac basée sur la régulation des productions ».

Même constat d’échec des politiques pour la Confédération paysanne, qui souligne « l’urgence d’un changement de modèle agricole », notamment au regard de « l'impact du changement climatique avec des sécheresses de plus en plus rapprochées, un véritable problème d'accès à l'eau et d'accaparement des ressources ».  

« À quand le retour de la compétitivité du secteur agricole français ? », interroge de son côté la FNSEA, qui s’inquiète de la baisse continue de la compétitivité des filières françaises et des pertes de parts de marché qui s’en ressentent. « Il est donc urgent que le Gouvernement français opère des choix stratégiques, tant sur le plan réglementaire qu’en matière d’accompagnement de l’investissement pour améliorer à la fois le revenu des producteurs et leur capacité à répondre aux demandes des consommateurs », ajoute le syndicat.

Pour les chambres d’agriculture, « la baisse de revenu relevée dans ce rapport doit être prise très au sérieux ». « Dans un contexte actuel d’incertitude et de mutation des pratiques agricoles (…), l’amélioration du revenu des exploitations doit rester la priorité, car sans ressources financières adéquates, c’est la capacité des agriculteurs à poursuivre leurs transitions et à faire face aux défis d’aujourd’hui et de demain qui est mise en péril », rappelle ainsi l’APCA.


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DÉJÀ 12 RÉACTIONS


POLO
Il y a 216 jours
D ACCORD AVEC LES PROPOS DE °TERMINE° ACENT POUR CENT.ET POUR FINIR UN GOUVERNEMENT QUI A LAISSER SALIR LA PROFFESSION POUR MIEUX FAIRE PASSER DES MESURES QUI NON AUCUN SENS ET QUI SONT CATASTROPHIQUE POUR LA PROFESSION.BRAVO ATOUT CES INCOMPETENTS!!!!!!!
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PàgraT
Il y a 217 jours
Jusqu'à 1992, la préférence communautaire était de mise !
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Cabeillade
Il y a 217 jours
Oui, c'est un peu ce que dit la Conf' aussi. Sauf qu"une politique européenne de prix protégés" résonne un peu comme un oxymore pour moi, puisque nos traités européens sont justement fondés sur le libre-échange et la "concurrence libre et non-faussée". C'est la PAC qui est sensée compenser l'écart de compétitivité et on voit bien ce qu'il en est.
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PàgraT
Il y a 217 jours
Pour la CR voici l'avant dernière phrase du communiqué :" Ce n'est qu'à travers une politique européenne de prix protégés et supérieurs aux coûts de production que le revenu des producteurs pourra s'améliorer"
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Cabeillade
Il y a 218 jours
Les réactions des syndicats sont quand même emblématiques :
la CR : "Régulons !" - La Conf' : "blabla Changement climatique blablabla" - La fédé : "Mais où est passé la compétitivité? (sic) ".
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Jmb67
Il y a 218 jours
Je suis bien d'accord avec vous, malheureusement nous irons au fond du trou. L'avenir de l'agriculture est bien compromis.
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maxens
Il y a 217 jours
et surtout, avant en travaillant, le jeune même en démarrant les poches vides avait la perspective de gagner sa vie et de s'enrichir. Maintenant, gagner sa vie c'est très compliqué, alors s'enrichir.....
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misérable
Il y a 217 jours
Depuis 40 ans ,les jeunes pouvaient s'installés les poches vides ; maintenant ,il faut 150000 euros pour se lancer et risquer de tous perdre !
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ceres
Il y a 217 jours
t inquiete ,nos dirigeants metteront en place des subventions pour remplacer ce qui se serait fait naturellement s il y avait eu du revenus
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steph72
Il y a 218 jours
A mettre en parallele avec le manque d'attrait pour l'installation des jeunes;
L'amont et l'aval qui a bien siphonné une partie du revenu des agriculteurs doivent se poser des question,l'avenir risque d'etre compromis si un nombre important d'agriculteurs n'est pas remplacé;
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