Transition énergétiqueLe Gouvernement se fixe un objectif de 1.500 méthaniseurs en trois ans

| par | Terre-net Média

Dans son projet de loi de programmation énergétique, Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, souhaite développer 1.500 projets de méthanisation en seulement trois ans.

Méthanisation agricole En Allemagne, on dénombre pas moins de 7.000 unités de méthanisation, dont les deux tiers gérées par des agriculteurs. (©Terre-net Média)Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie et du développement durable, a présenté un projet de loi de programmation pour « un nouveau modèle énergétique français » en Conseil des ministres mercredi 18 juin. Un modèle dans lequel la méthanisation aura sa place.

« Faire du biogaz, une ressource en énergie produite et consommée localement, un substitut progressif au gaz fossile : 1.500 projets de méthaniseurs répartis dans les territoires ruraux seront lancés en trois ans, pour accélérer et amplifier le plan méthanisation, qui permet notamment de produire de l’énergie à partir de déchets agricoles », explique la ministre de l’Ecologie.

« Des appels d’offres seront programmés pour permettre l’injection de biogaz dans le réseau de gaz naturel et progressivement augmenter la part du gaz renouvelable dans le gaz. »

Pour officialiser sur le terrain cette ambition à l'égard de la méthanisation agricole, le ministre de l'Agriculture se rend vendredi 20 juin en Vendée, sur le site d'Agribiométhane, une unité d'injection directe au réseau de gaz naturel portée par 10 associés installés sur quatre exploitations près de Mortagne-sur-Sèvre.

Malgré ce nouveau plan en faveur de la méthanisation, la France restera très en retard par rapport à son voisin allemand et champion européen de la méthanisation. Outre-Rhin, on dénombre pas moins de 7.000 unités de méthanisation, dont les deux tiers gérées par des agriculteurs.

Plus globalement, le Gouvernement souhaite réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre en 2030, ainsi que « l’atteinte de 32 % d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique finale à cette même date et la division par deux de celle-ci à horizon 2050. »

Des cultures énergétiques en plus des effluents ?

L’Agpm et l’Agpb, les sections spécialisées blé et maïs de la Fnsea, ont aussitôt réagi à l’annonce du projet de loi en expliquant que le développement de cultures énergétiques serait nécessaire pour alimenter ces nouvelles unités.

« L’Agpm et l’Agpb entendent contribuer à relever ce défi qui nécessitera sans contexte l’utilisation de cultures énergétiques. Ces dernières, qu’elles soient dédiées, ou s’appuyant sur l’utilisation innovante de cultures intermédiaires à vocation energétique (dérobées, réalisation de trois cultures en deux ans) sont des substrats à fort pouvoir méthanogène et un complément indispensable aux effluents d’élevage dont le pouvoir méthanogène est très inférieur à celui de la biomasse », explique les deux structures syndicales dans un communiqué.

« Les retours d’expérience montrent que la méthanisation à base d’intrants agricoles végétaux simplifie la gestion des installations de biogaz, apporte un bénéfice agronomique et une sécurité dans la gestion des installations, en particulier sur la sécurité d’approvisionnement, fortement appréciée des financeurs de projets de méthanisation. »

« Les systèmes de production agricole innovants, que ce soit avec du maïs ou des céréales àpaille, destinés à alimenter des méthaniseurs, permettent de répondre aux enjeux de production alimentaire, d’énergie et de couverture des sols. »


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