Réforme des retraitesLe Gouvernement oublie-t-il le monde agricole ?

| par | Terre-net Média

Le Premier ministre a annoncé le 11 décembre les principaux éléments du projet de réforme des retraites. Si, pour les futurs retraités agricoles, le dispositif pourrait s'avérer plus favorable, le gouvernement a une nouvelle fois éludé la question de la revalorisation des pensions des retraités actuels. Et repoussé la mise en ½uvre de la retraite minimum à 1 000 ¤ par mois, initialement annoncée pour 2020 à l'issue du Grand débat national. Alors que le Gouvernement avait bloqué l'année dernière une proposition de loi destinée à revaloriser les retraites agricoles, affichant sa volonté de traiter le sujet dans le cadre de la réforme, les actuels retraités sont totalement laissés de côté.

Le Premier ministre a annoncé le 11 décembre les grandes lignes du projet de réforme des retraitesLe Premier ministre a annoncé le 11 décembre les grandes lignes du projet de réforme des retraites. (©Cese)

« Pour les agriculteurs, c’est une avancée, car nous avons un système complexe et inéquitable, nous cotisons sur la carrière complète et nous avons des retraites extrêmement faibles », a rappelé Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, à l’issue de la présentation du projet de réforme des retraites par le Premier ministre, le 11 décembre. En effet, aujourd’hui, les pensions des agriculteurs retraités sont calculées d’après la carrière complète, quand pour d’autres régimes, ce sont les 25 meilleures années qui comptent, voire les six derniers mois (dans la fonction publique). Le nouveau système, à points, prévoit en revanche que chaque euro cotisé entre dans le calcul des points.

La Confédération paysanne reproche de son côté au nouveau système d'entretenir les inégalités : « un système à point qui reproduit les inégalités de la vie professionnelle dans les retraites n'est pas un système équitable et solidaire ! », indique l'organisation sur Twitter.

Bernard Lannes, président de la Coordination rurale, estime que le système à points est un progrès, mais attire l'attention quant aux spécificités du métier. « Nous sommes dans une profession qui connaît des crises récurrentes, et quand on nous dit un euro gagné égal un euro de cotisation, alors que les revenus sont faibles voire certaines années négatifs, il faut poser la question du ticket d'entrée », indique-t-il. 

Le Gouvernement présente en tout cas la réforme comme un progrès pour les agriculteurs.

Peu d’exploitants concernés par la retraite minimum à 1 000 €  

Annoncée lors du discours d’Emmanuel Macron le 25 avril, suite au Grand débat national, la volonté de porter la retraite minimum à 1 000 € pour une carrière complète devait se concrétiser pour les nouveaux retraités à partir de 2020, selon la ministre de la santé, Agnès Buzyn. La mesure, intégrée au projet de réforme des retraites, ne devrait finalement entrer en vigueur qu’en 2022 (à noter que le rapport Delevoye préconisait une entrée en vigueur en 2025).

De plus, cette réforme concerne exclusivement les retraités qui auront cotisé une carrière complète, et les précisions restent à venir concernant l’âge minimum pour en bénéficier. Ce minimum pourrait concerner 285 000 retraités du régime des non-salariés agricoles, contre 230 000 actuellement. Il ne résout cependant pas le problème des faibles retraites de ceux qui n’ont pas cotisé une carrière complète (43 ans), un problème encore plus criant pour les femmes, les conjoints collaborateurs, les veuves et les aides familiaux.

Pour ces catégories de retraités, qui n'ont pas suffisamment cotisé, l'allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa, ou minimum vieillesse) a été mise en place. Cependant, « très peu d'agriculteurs y ont recours, car il y a une récupération sur le patrimoine », explique Bernard Lannes. En cas de succession, il peut en effet être demandé aux héritiers de rembourser, ce qui met à mal la transmission de l'exploitation.

Les retraités actuels laissés de côté

Et le projet de réforme fait l’impasse sur la revalorisation des pensions pour les actuels retraités agricoles, comme le dénoncent les syndicats agricoles : « la FNSEA et sa section des Anciens exploitants rappellent une nouvelle fois l’urgence d’apporter une réponse aux anciens agriculteurs. Le Premier ministre les a oubliés aujourd’hui », indique l’organisation qui demande une la revalorisation à 85 % du Smic. Depuis 2014, le minimum est fixé à 75 % du Smic pour une carrière complète, en comptant la retraite complémentaire obligatoire.

Dans la loi du 21 août 2003, Jean-Paul Delevoye, alors ministre de la fonction publique, de la réforme de l’État et de l’aménagement du territoire, avait en effet promis une retraite minimum à 85 % du Smic à partir de 2008, pour une carrière complète.

Sur ce point, la Confédération paysanne est sur la même ligne. « Les pensions agricoles actuelles sont indignes : 930 € pour les hommes et 670 € pour les femmes, et encore pire en outre-mer avec 350 € en moyenne. La moitié des paysan-ne-s d’aujourd’hui cessera son activité dans les 10 ans et viendra grossir les rangs des retraité-e-s agricoles aux pensions dérisoires », explique l’organisation.

Enfin, la Coordination rurale s’indigne également : « Totalement oubliés du discours du Premier ministre, les agriculteurs étaient pourtant présentés partout comme les grands gagnants de cette réforme, avec la promesse de retraites minimales à 1 000 euros. Cette mesure présentée comme une avancée majeure qui correspond à 85 % du SMIC, est issue d’une loi de 2003 mise en application pour les salariés en 2009, mais sans cesse repoussée (2019 puis 2020 et maintenant 2025) pour les non-salariés agricoles (NSA) ! ». Dans la loi du 21 août 2003, Jean-Paul Delevoye, alors ministre de la fonction publique, de la réforme de l’État et de l’aménagement du territoire, avait en effet promis une retraite minimum à 85 % du Smic à partir de 2008, pour une carrière complète. Une mesure qui s'appliquait aussi aux agriculteurs. 

L'absence de mesures sur ce sujet est d’autant plus incompréhensible que l’année dernière, la proposition de loi du député André Chassaigne, destinée à revaloriser les retraites agricoles, avait été bloquée par le Gouvernement justement pour intégrer cette question à la réforme des retraites.

De nouvelles discussions prévues avec les syndicats

Soucieux d'éviter que les agriculteurs se joignent au mouvement de grève générale qui se poursuit, le ministre de l'agriculture a reçu le 12 décembre les syndicats agricoles pour évoquer ces questions.

La FNSEA et la Coordination rurale ont décidé de ne pas manifester mais attendent les résultats des nouvelles négociations, prévues entre les syndicats agricoles et Jean-Paul Delevoye en début d'année prochaine.


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DÉJÀ 17 RÉACTIONS


frederic
Il y a 27 jours
nous voulons notre retraite a 1200e immediatement en janvier 2020 et pas en 2023 !
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Piroulet
Il y a 34 jours
La fnsea çomme d habitude est étrangement silencieuse aurait elle peur de perdre son régime spécial si décrié .Madame Lambert ll me semble que c’est maintenant après ce sera trop tard une fois de plus pour uné fois pensez aux agri sans dents pas à vôtre à votre prochain portefeuille !!!
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cobra
Il y a 35 jours
vive la fnsea et les ja ils touchent des dessous de table puis qu'il ne faut pas manifester contre le gouvernement. c'est bien ,on peut les feliciter ,faut pas s'etonner que les autres nous montrent du doigt et q'on se foutent de nous .
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Maxens
Il y a 27 jours
Les primes sont des compensations de prix parce que le consommateur ne paie pas le juste prix de son alimentation. Quant a qui se plaint?, ces derniers mois: gilets jaunes, urgentiste, fonctionnaires, sncf...... même les retraités.... bref tout le monde a part peut etre tous ceux beneficiaires des aides sociales......alors les leçons de morales.... Vous avez une pitoyable reflexion d anti agriculteur primaire. Pourquoi ne pas allez dire aux salariés de chez renault qu ils ont des robots qui valent plus cher que nos tracteurs et n ont donc aucune raison de se plaindre. Apprenez un miniimum de notion d economie....les machines sont des investissements necessaires a la production, et a la productivité....même si pour certains ayant l image d epinal du siecle passé, c est un vilain mot. Et reflechissez un peu, combien de personned en campagne ont un Job grace a l agriculture: dans les coopératives ou même dans l administration...
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LUCIDE
Il y a 35 jours
Un dénommé Raoul le dégueulasse, fédéen du Pas de Calais a répondu par le passé aux faibles retraites qu'elles étaient justifiées par le K reçu lors de la cession Héhé !!
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maxou
Il y a 27 jours
Il faudrait que les paysans arrêtent de se plaindre. Si tout le monde était aussi malheureux qu'eux, il n'y aurait plus d'associations caritatives. Pour toucher une bonne retraite il faudrait cotiser à un haut niveau. Pour info chers lecteurs, allez voir sur le site : montant des subventions agricoles, vous serez édifié par les montants colossaux que touchent chez gens, tous les ans, et vous regarderez vos salaires à coté. Tout ça avec l'argent du contribuable. Vous payez 2 fois leur marchandise, par vos impôts, et par vos achats. Ces gens ne veulent jamais rien payer, mais veulent toujours le fric des autres. Et puis ils ont qu'à arrêter de se sur équiper avec des matériels colossaux, qui ne servent que quelques jours par an. Ils jouent les malheureux, mais ils sont les maitres dans les campagnes.
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Réaliste
Il y a 36 jours
J'entendais que la retraite moyenne pour un homme est de 1800€/mois ! Et 1300€/mois pour les femmes. Les agriculteurs sont 1000€ en dessous. On quémande pour passer à 1000€..encore 800€ sous la moyenne. Et pendant ce temps-là des types avec des retraites à 2500€ à 53 ans (au moins 10-15 ans avant nous) font ch... la France entière parceque leur travail est trop pénible !! Et en plus ils viennent de toucher un 13eme mois !!! On manifeste 1 journee a paris et après 300 bornes en tracteur le syndicat dit rentrez chez vous. Mais on devrait faire la révolution et ne pas arrêter avant d'être au même niveau que la moyenne !!!
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jeannot
Il y a 36 jours
Je sais pas comment c'est calculé mais je la trouve bizarre la communication gouvernementale avec le cas de "Hugo"
8000 euros par a ça fait 670 euros par mois de revenu en activité pour 1600 et 1900 bruts de retraite!! C'est bien généreux ça.
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Chrislait
Il y a 37 jours
Alors, apparemment, pour toucher le minimum retraite il faudra cotiser 6000 euros par an de msa minimum, le problème sont les années où nos revenus sont faibles et ne permettent pas d'atteindre ce niveau de cotisation...
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tracteur4
Il y a 37 jours
la retraite a toujours ete un sujet belliqueus pour nos syndicat et le peuple alors avant toute chose que le peuple aille faire sont devoir civique C EST A DIRE VOTER car si je ne me trompe m MACRON est passer avec pas beaucoup de voix mais assez pour etre elu car les gens etant en wd ne perdent point leurs temps pour voter mais sont heureux de manifester et de pestiferer contre notre president ALORS VOTER ET VOUS POURREZ MANIFESTER MAIS PAS AINSI COMME VOUS LE FAITES DE CE JOUR
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