Crise laitière« Le Gouvernement n'aura pas d'état de grâce », prévient la FNPL

| par | Terre-net Média

Dans une tribune datée du 11 mai, Thierry Roquefeuil, président de la FNPL, prévient le nouveau président Emmanuel Macron que « les éleveurs laitiers ne vont pas lui accorder 100 jours d'état de grâce car ils n'en ont plus les moyens ». Avant de rappeler que la crise laitière « dure depuis 850 jours ».

Thierry Roquefeuil (à droite), président de la FNPL, aux côtés d'André Bonnard, secrétaire général du syndicat.Thierry Roquefeuil (à droite), président de la FNPL, aux côtés d'André Bonnard, secrétaire général du syndicat. (©Terre-net Média)

« Pas d’état de grâce pour le prochain gouvernement : les éleveurs laitiers, eux, sont en état de crise depuis 850 jours ! » Dans une tribune publiée le 11 mai 2017, Thierry Roquefeuil, président de la Fédération nationale des producteurs de lait, ne peut laisser s’installer le prochain gouvernement – qui sera annoncé autour du 15 mai - sans le prévenir. « Syndicaliste de terrain depuis plus de 30 ans et président du premier syndicat laitier français (FNPL), j’ai aujourd’hui le devoir d’avertir le nouveau président de la République : les éleveurs laitiers ne vont pas lui accorder 100 jours d’état de grâce car ils n’en ont plus les moyens ! Cela fait 850 jours – la moitié d’un quinquennat - que les producteurs de lait français subissent une crise inédite par sa durée et son intensité. C’est long. Trop long », explique-t-il.

« Cette année 2017 est celle de tous les dangers pour les éleveurs laitiers qui ne sont plus dans le modèle social français, tout en participant par leur activité à sa pérennité. »

« Je refuse d’admettre que cette crise, qui n’en finit pas, soit considérée par certains de nos interlocuteurs politiques ou économiques comme un passage obligé de la compétitivité, faux nez d’un libéralisme qui détruit le monde de l’élevage. Ce n’est pas en sacrifiant de trop nombreux éleveurs laitiers obligés de mettre la clé sous la porte que l’on permet à ceux qui restent d’être plus compétitifs ! »

Et le syndicaliste de multiplier les qualificatifs pour décrire la situation que subissent les éleveurs français. « Cette situation est insupportable. Un tiers d’entre nous - en travaillant à plein temps - gagne moins de 350 euros par mois depuis la crise. C’est injuste car cette crise met les producteurs de lait européens en concurrence entre eux. L’Europe agricole est à plusieurs vitesses. » Une situation jugée encore « dangereuse pour notre société qui voit la précarité atteindre ceux qui produisent sa nourriture au plus près des lieux de consommation », et « dévastatrice pour notre ruralité ».

Thierry Roquefeuil réclame ainsi « un plan pour l’élevage laitier français », dont la mise en place « ne peut attendre 100 jours ».


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DÉJÀ 2 RÉACTIONS


Massol
Il y a 16 jours
Eh ben ça alors ils se réveillent ,ils en ont mis du temps .ils étaient où en 2009 .comme dit Thierry l'hermitte dans "dîner de con" ,"ca dépasse tout ce que l'on pouvait imaginer".
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titian
Il y a 17 jours
Presque 10 ans après avoir accompagner cette mutation, cruel aveu d'impuissance.
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