Plan de déconfinementLa réouverture très attendue des magasins et marchés soulève de nouveaux défis

| AFP

« Un bol d'air financier et mental » : l'annonce très attendue de la réouverture des magasins non alimentaires et des marchés laisse moins de deux semaines aux commerçants pour s'organiser afin de respecter les consignes sanitaires, sous peine de fermer à nouveau.

Depuis la fermeture le 24 mars de tous les marchés alimentaires, sauf dérogations, aucun des trois marchés franciliens où exerce d'ordinaire Valentin Provost Laux n'a pu rouvrir. Ce rôtisseur a perdu 80 % de son chiffre d'affaires, devant se contenter de « petites livraisons de viande crue ». « Ça va faire du bien de reprendre le travail et retrouver mes clients, ce sera un bol d'air financier et mental », affirme le trentenaire. Pour lui, les petits marchés où il officie pourront sans mal tenir les consommateurs à distance les uns des autres.

Devant les députés mardi, le Premier ministre Edouard Philippe a affirmé que ce respect des distances était la condition sine qua non de la réouverture, à compter du 11 mai, des commerces non essentiels, marchés de plein air et halles couvertes. Les cafés et restaurants restent, eux, fermés au public jusqu'à nouvel ordre.

« Les marchés (...) seront en général autorisés, sauf si les maires ou les préfets estiment qu'ils ne peuvent faire respecter les gestes barrières », a détaillé le chef du gouvernement. Les autres commerces devront « respecter un cahier des charges strict, limitant le nombre de personnes présentes en même temps dans le magasin et organisant les flux, afin de faire respecter la règle de la distance minimale d'un mètre par personne sans contact autour d'elle ». Edouard Philippe a ajouté que le port du masque était « recommandé pour les personnels et les clients lorsque les mesures de distanciation physique ne peuvent être garanties ». Les commerçants pourront aussi interdire l'accès à leur magasin aux personnes dépourvues de masque, a-t-il prévenu.

Autre exception : les préfets pourront décider de laisser fermées les sections non alimentaires des grands centres commerciaux pour limiter les mouvements de population.

« Discipline rigoureuse »

La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a demandé mardi soir « que le maximum de centres commerciaux puisse rouvrir » le 11 mai « en respectant les consignes sanitaires ». Selon son directeur général, Jacques Creyssel, « les enseignes de la grande distribution prendront toute leur part dans la réussite du déconfinement, comme elles l'ont fait pour garantir l'approvisionnement alimentaire des Français depuis le début de la crise ».

Lors de la fermeture, mi-mars, de toutes les activités non essentielles au fonctionnement du pays, les marchés alimentaires étaient d'abord restés ouverts, déclarés prioritaires comme les supermarchés pour nourrir la population. Mais le gouvernement avait fini par tous les fermer pour freiner l'épidémie, avec des autorisations au cas par cas. La réouverture sous conditions, « c'est ce que nous n'avons eu de cesse de demander, on a une boule en moins sur le ventre », souffle Monique Rubin, présidente de la Fédération des marchés de France.

Face aux nouvelles exigences sanitaires, « ça sera tolérance zéro, il faudra vraiment que tout le monde se plie à une discipline rigoureuse », pointe-t-elle, citant la nécessité d'espacer les stands, d'éviter que les clients se croisent ou encore de leur interdire de toucher les produits alimentaires. Tous les secteurs planchent pour définir les conditions de la reprise.

« On a beaucoup travaillé en amont » pour proposer des mesures présentant « toutes les garanties pour nos collaborateurs et nos clients », a ainsi décrit mardi soir sur RTL le coiffeur Franck Provost, président du groupe Provalliance et du Conseil national des entreprises de coiffure. Chaque client devra, à compter du 11 mai, « se laver les mains quand il rentre » dans le salon, venir sur rendez-vous avec « un masque qui s'attache derrière les oreilles », a-t-il illustré, ajoutant que le personnel devait aussi être formé « pour la désinfection du matériel (...), de chaque place de coiffage ». « Normalement, on devrait être bons pour le 11 mai », a-t-il estimé.


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