AlimentationLa loi Egalim « fragilise » les PME fournissant la distribution selon la Feef

| AFP

La loi alimentation, dite Egalim, « fragilise » les PME françaises qui voient leur taux de croissance des ventes en grandes et moyennes surfaces divisé par trois et leur nombre de nouvelles références chuter dans les rayons, assure mardi la Fédération des Entreprises de France (Feef).

« Les craintes exprimées lors des états généraux de l'alimentation par la Feef, qui représente les fournisseurs PME de la distribution, se confirment », indique la fédération dans un communiqué. Votée le 30 octobre 2018, la loi Egalim devait permettre de sortir d'un effet domino intenable : la guerre des prix entre les quatre grands de la distribution en France les pousse à réclamer des tarifs toujours plus bas auprès de leurs fournisseurs de l'industrie agroalimentaire, qui eux-mêmes achètent à leur tour le moins cher possible la matière première agricole auprès des paysans, en bout de chaîne. Pour la Feef cependant, la loi Egalim « fragilise les marques PME françaises » dont le taux de croissance des ventes en grande distribution est tombé de 5,5 % en 2018 à 1,8 % en 2019, selon des chiffres du cabinet Nielsen.

« La réduction de plus de 40 % du référencement de nouvelles références explique la baisse de croissance des marques PME au premier semestre 2019 », ajoute la fédération. Les raisons principales : le relèvement de 10 % du seuil de revente à perte (SRP) décidé par la loi, qui profite aux multinationales, et l'encadrement en volume des promotions de 25% qui crée une barrière à l'entrée de la distribution pour les PME. Ainsi, selon le cabinet Nielsen, depuis l'entrée en vigueur de la loi, « le poids des ventes sous promotions des PME (- 1,9 point à 19,4 %) s'est nettement plus réduit que chez les autres intervenants (- 0,4 point à 24,4 % pour les grands groupes) ». « Ces chiffres attestent qu'en manipulant les indicateurs de prix et de marché par des réglementations, on a fini par complètement dérégler le commerce ! Cela se fait au détriment des territoires sur lesquels l'empreinte économique et sociale des PME est déterminante, de l'emploi local et, enfin, des consommateurs qui veulent de la différenciation et des produits français », assure Dominique Amirault, président de la FEEF, cité dans le communiqué.


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