Mercosur/viandeLa France va s'opposer à la proposition de Bruxelles

| AFP

La France s'opposera à la proposition de la Commission européenne d'accepter l'entrée sur le continent de 70 000 tonnes de viande bovine par an venant du Mercosur, dans le cadre de négociations sur un accord commercial, a indiqué vendredi le ministre de l'agriculture Stéphane Travert.

« Nous avons réuni huit États partenaires européens avec nous, et lundi je serai à Luxembourg au Conseil européen des ministres de l'agriculture et je rappellerai l'opposition de la France à la méthode employée pour démarrer les négociations commerciales de l'UE avec le Mercosur, et notre désaccord avec cette entrée en matière dans la discussion avec une arrivée de viandes bovines à la table des négociations », a déclaré le ministre lors d'une visite du 26e Sommet de l'Elevage à Cournon, près de Clermont-Ferrand.

« Nous sommes européens, et nous devons bien sûr réagir dans un contexte global, mais je suis aussi le ministre de l'agriculture français et je viens ici protéger les agriculteurs, et défendre les filières », a dit le ministre. Le ministre souhaite que les « filières françaises » ne « soient pas des variables d'ajustement des accords sur le Mercosur », a-t-il dit en citant la viande bovine, l'éthanol et le sucre. Lors d'une réunion à Bruxelles fin septembre, la Commission européenne avait proposé aux 28 États membres de l'UE d'accepter l'entrée d'un contingent de 70 000 tonnes de viande bovine et de 600 000 tonnes d'éthanol par an en provenance du Mercosur, dans le but d'aboutir à un accord commercial avec ce bloc d'Amérique du Sud.

Le ministre a salué la « fenêtre sur le monde » que constitue le Sommet de l'Élevage, où sont réunis chaque année les éleveurs d'ovins et de bovins, et où se pressent des acheteurs du monde entier désireux d'acheter du bétail ou de la génétique animale française. « Les consommateurs ne veulent pas d'une alimentation low cost, ils veulent une alimentation saine, durable et qui leur soit accessible, et c'est avec les filières que nous allons construire le dispositif », a-t-il dit. À l'attention des éleveurs du Massif Central et des Alpes, il a indiqué que sa priorité pour le versement des aides européennes ICHN (indemnité compensatoire de handicap naturel) allait « aux zones de montagne ».


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