Plan protéinesLa Fop claque la porte et dénonce le « silence » du ministre

| AFP

Les agriculteurs de la Fop ont claqué la porte mercredi des travaux engagés pour un « plan protéines », appelé de ses v½ux par le président Emmanuel Macron lors du salon de l'agriculture, dénonçant le « silence » du ministre de l'agriculture, Didier Guillaume.

« Depuis près de deux mois, le ministre de l'agriculture reporte ou annule systématiquement tous les rendez-vous avec les responsables de la Fop », le syndicat des producteurs d'oléoprotéagineux comme le colza, a dénoncé ce dernier dans un communiqué. « C'est pourquoi, en l'absence d'engagements et face à ce silence assourdissant depuis les propos du président de la république, la Fop décide de suspendre toute participation aux réunions concernant de près ou de loin le plan protéines », écrivent les agriculteurs.

La mise en place d'un plan protéines ambitieux faisait pourtant partie des pistes prioritaires du chef de l'Etat lors du dernier salon de l'agriculture. Emmanuel Macron avait souhaité voir la France réduire sa dépendance aux importations, notamment en provenance des Etats-Unis, de protéines destinées à nourrir les animaux d'élevage.

« Aucun agriculteur, aucun consommateur ne souhaite demain être soumis aux normes, aux standards, aux prix et finalement au diktat des non européens. C'est pour cela par exemple que nous voulons porter un plan protéines ambitieux à l'échelle du continent », avait notamment déclaré le chef de l'Etat lors de l'inauguration de la plus grande ferme de France, dans un discours adressé à l'ensemble des acteurs de l'agroalimentaire.

La France importait encore en 2018 presque la moitié des protéines végétales qu'elle donne à manger à ses animaux d'élevage, notamment bovins. Or on y retrouve notamment du soja OGM, en provenance des Etats-Unis ou du Brésil.

« Les discours ne suffisent plus. Il nous faut maintenant des réponses. Le décalage entre le volontarisme du président de la République et sa déclinaison par le ministre de l'agriculture est incompréhensible », a souligné le président de la Fop, Arnaud Rousseau, dans le communiqué.

La Fop et les acteurs de la filière française des huiles et protéines végétales affirment être « résolument et activement engagés dans la déclinaison concrète de cette ambition qu'ils partagent ». « Mais construire seul ne suffit pas. Il faut que la puissance publique s'engage et accompagne nos demandes. Il nous faut des réponses concrètes et pragmatiques, la déclinaison du grand plan d'investissements consacré au plan protéines ou encore les déclinaisons législatives ou réglementaires nécessaires », ajoute la Fop.

Dans leur plan de filière établi dans le cadre des états généraux de l'alimentation, les cultivateurs se sont engagés à développer « au moins 500 000 hectares supplémentaires » d'oléoprotéagineux dans les quatre ans, avec pour « ambition » une autosuffisance vers 2030.


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