Journée mondiale du laitLa FNPL envoie un manifeste pour faire plier le « je-m'en-foutisme » européen

| par | Terre-net Média

Difficile de fêter la journée mondiale du lait, ce 1er juin 2016, dans un tel marasme économique pour les producteurs de lait. Face au « je-m'en-foutisme » de la Commission européenne, la FNPL veut fédérer une majorité de pays pour exiger de cette dernière une « politique laitière européenne qui stabilise, oriente et innove ». Le syndicat demande aussi une révision de la LME via le projet de loi Sapin 2 qui sera débattu la semaine prochaine à l'Assemblée nationale.

André Bonnard et Thierry Roquefeuil, respectivement secrétaire général et président de la FNPL.André Bonnard et Thierry Roquefeuil, respectivement secrétaire général et président de la FNPL. (©Terre-net Média)

L’évidence d’une nécessaire réduction de la production laitière s’imposera-t-elle un jour à la Commission européenne, arc-boutée sur sa doctrine ultralibérale ? C’est la question que se posent tous les producteurs de lait et leurs représentants syndicaux. Alors que la journée mondiale du lait, initiée par l’Onu, est fêtée ce 1er juin 2016, la FNPL ne veut pas « baisser les bras ». Le syndicat va adresser dans les prochains jours, à l’ensemble des organisations membres du Copa, le syndicat européen des éleveurs laitiers, un manifeste en faveur d’une « politique laitière européenne qui stabilise, oriente et innove ».

Depuis la fin des quotas laitiers et le début des difficultés pour les producteurs de lait, et depuis plusieurs mois maintenant, les lignes en faveur d’une régulation de la production européenne de lait n’ont que très peu bougé. L’activation de l’article 222 du règlement de l’OCM, permettant une réduction volontaire de la production, est un premier pas, mais il n’est pas suffisant car certains pays, comme les Pays-Bas ou le Danemark, s’opposent catégoriquement à une limitation des volumes de production.

Sachant pertinemment que l’UE est divisée sur ce point, « la Commission européenne ne peut se cacher derrière les Etats membres, dénonce Thierry Roquefeuil, le président de la FNPL. Elle dispose de toutes les marges de manœuvre pour soumettre sans délai les mesures et instruments qui ne sont pas inscrits au départ dans les règlements ».

Avec ce manifeste européen, la FNPL espère beaucoup du prochain conseil des ministres européens de l’agriculture, prévu le 30 juin. A cours du mois de juin, le syndicat veut convaincre une majorité de ses homologues européens qu’il faut exiger l’application de la réduction volontaire de la production avec une compensation financière pour ceux qui réduiraient leur volume.

« L’Italie, la Belgique, la Roumanie ou la Finlande sont d’accord avec nous. Les Danois et les Hollandais ne veulent pas de régulation mais dans d’autres pays, ça bouge ! » Selon Thierry Roquefeuil, l’Allemagne et l’Irlande pourraient changer de position. « En Irlande, les producteurs sont au bout. Ils ne peuvent pas tenir aux cours actuels chez eux, autour de 180 €/1 000 l. En Allemagne, la production n’augmente plus car certaines exploitations décapitalisent. »

Dans l’attente d’amendements au projet de loi Sapin 2

Sur le marché intérieur, la FNPL dresse un bilan mitigé de sa démarche de charte de valeur, entreprise début 2016. « Les distributeurs ont globalement joué le jeu. Ils ont majoritairement signé la charte, alors que les transformateurs ont été une minorité à la signer. » Le syndicat demande au Gouvernement d’amender le projet de loi Sapin 2, débattu du 6 au 9 juin prochains en première lecture à l’Assemblée nationale, pour que le prix payé aux producteurs de lait fasse pleinement partie de la négociation commerciale entre transformateurs et GMS. Mais les syndicats, unanimes sur la nécessité de revoir ainsi la LME, attendent toujours que les amendements en question soient déposés par le gouvernement. « Manuel Valls avait promis de légiférer lors du salon de l’agriculture. »

Dans ce sens, les députés ont recalé, la semaine dernière, le projet de loi du communiste André Chassaigne « pour garantir un revenu aux agriculteurs », en justifiant leur décision par la promesse d’amendements dans le projet de loi Sapin 2.


Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article

Soyez le premier à commenter cet article