Viande bovineLa FNB veut travailler très vite à l'organisation des producteurs

| par | Terre-net Média

Dans un « contexte morose » de décapitalisation croissante du cheptel allaitant, faute de prix rémunérateurs, la Fédération nationale bovine veut travailler très rapidement sur l'organisation des producteurs et la contractualisation « en marche avant » dans l'espoir d'endiguer « le plan social annuel que connaît la production bovine française ».

Selon le plan de filière viande bovine, les acteurs se sont engagés à ce que 40 % des volumes passent en Label Rouge d'ici 2023.Selon le plan de filière viande bovine, les acteurs se sont engagés à ce que 40 % des volumes passent en Label Rouge d'ici 2023. (©Terre-net Média)

Les années passent, les attentes restent. L’an passé, à l’occasion de leur congrès 2019 en Lozère, les éleveurs de la fédération nationale bovine s’estimaient sous pression de prix non rémunérateurs et contraints d’observer une décapitalisation importante du troupeau allaitant français.

Un an plus tard, à la veille d’un congrès 2020 qui se tiendra les 5 et 6 février à Anse, au nord de Lyon, rien ne semble avoir changer. « J’ai l’impression de me répéter, mais la situation ne s’améliore pas », a résumé Bruno Dufayet, président de la FNB, lors d’une conférence de presse mercredi 15 janvier. « Les chiffres sont encore plus alarmants que l’an dernier : en moyenne et toutes catégories confondues, on enregistre des prix d’entrée abattoir à 3,60 €/kg, payé 3,45 €/kg à l’éleveur, pour un coût de production qui a encore augmenté, à 4,89 € ! » Autrement dit, à chaque kilo de carcasse vendu, un éleveur de bovins allaitants perd 1,44 €.

À chaque kilo de carcasse vendu, un éleveur de bovins allaitants perd en moyenne 1,44 €.

Mais la FNB veut croire dans des perspectives qui lui semblent pourtant porteuses. « Nous faisons le constat d’un maintien de la consommation française. Nous sommes en reconquête dans la restauration hors domicile, avec 48 % de viande bovine française constatée en 2017, contre 34 % en 2014. » Le marché italien de l’engraissement des broutards s’est lui aussi éclairci, depuis que la Pologne a fait le choix d’engraisser ses propres animaux.

Reste la mise en œuvre du « plan de filière interprofessionnel » qui nécessitera de « bâtir très vite » une nouvelle organisation des producteurs « pour ne plus qu’on se fasse concurrence entre nous », face notamment au leader du marché.

La FNB veut ainsi « très rapidement » travailler sur une AOP (association d’organisation de producteurs, ndlr) ». « Un travail doit aussi être mené avec les coopératives », précisent les représentants du syndicat. « Notre objectif c'est qu'au salon de l'agriculture, fin février, on soit dans une logique de création d'une association d'organisations de producteurs pour réussir à jouer collectif et ainsi imposer des prix rémunérateurs aux éleveurs, face aux acteurs de l'aval de la filière » espère Bruno Dufayet.

40 % de la viande bovine française sous label rouge d'ici 2023

Autre enjeu : la contractualisation. Alors qu'aujourd'hui seules 2 % des transactions font l'objet d'une contractualisation formelle, un décret ministériel a rendu obligatoire la contractualisation écrite pour toute transaction commerciale de viande bovine en Label Rouge, en décembre. Or dans le cadre de l'application du plan de filière issu des travaux des EGA, la filière s'est engagée à ce que 40 % de l'offre de viande bovine en 2023 soit en label rouge.

La contractualisation écrite doit donc permettre que « les pratiques commerciales du passé privant l'éleveur d'une juste rémunération n'aient plus lieu d'exister », selon le syndicat. « Le vendeur devra proposer à son acheteur un contrat comportant, notamment, l'indicateur de coût de production interprofessionnel, ainsi qu'un engagement ferme portant sur les volumes prévisionnels, exprimés en têtes d'animaux ou carcasses entières. »

20 % des éleveurs de bovins viande sont dans une situation de trésorerie très précaire.

Selon la FNB, il y a urgence, car la décapitalisation du cheptel allaitant s’est amplifiée en 2019. « Le cheptel a perdu 220 000 têtes l’an passé. » Un contexte qui est, selon Bruno Dufayet, à l’origine du « plan social annuel » que connaît l’élevage allaitant. « Encore en 2019, 1 200 éleveurs ont arrêté le métier et ne sont pas remplacés ». Qu’il s’agisse de départs en retraite ou non, « il n’y a pas de repreneur et les terres partent à l’agrandissement ou sont reprises pour une autre filière ». Et parmi ceux qui poursuivent leur activité, « 20 % sont dans une situation de trésorerie très précaire. »

À la conjoncture nationale s’ajoute un climat international qui inquiète tout autant les leaders de la FNB. « Depuis l’application provisoire du Ceta (l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada, ndlr), les importations de viande bovine canadiennes ont triplé ». Et Bruno Dufayet d’ajouter : « Les Canadiens ne se sont pas battus pour obtenir un contingent de 65 000 t pour finalement n’en exporter que 2 000 t ! Nous ne sommes pas dupes. »

Seule éclaircie au tableau de l’export : l’intérêt des acheteurs chinois pour la viande française. Depuis qu’il s’est rendu en Chine avec une délégation invitée par Emmanuel Macron en octobre dernier, le président de la FNB estime à 50 000 t le volume annuel de viandes de qualité que la France pourrait écouler « à échéance très courte ».


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DÉJÀ 10 RÉACTIONS


Ja42
Il y a 277 jours
Chez nous on arrête tous le label rouge car aucune valorisation (infime...), Les marchands arrachent les attestations de non vêlage des génisses car ils touchent mieux en tant que vaches (3,70) ... Et en interpro on nous sort qu'il faut faire des carcasses de 300-350kg , avec du croisement etc... (alors que les croisé ne valent rien chez nous). La filière est pourrie jusqu'à l'os... Bon courage pour la remettre sur les rails.
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Chris
Il y a 280 jours
4,60,c'est le prix arrivé sur l'étal d'une génisse blonde de l'inter du coin cette semaine !!!
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steph72
Il y a 280 jours
Les eleveurs vont mal mais boviloire n'a rien de mieux que nous faire payer une nouvelle taxe installation.
La filière s'inquiète du manque d'installation mais elle ne fait rien pour,les jeunes ne vont pas s'installer s'ils n'ont pas une rémunération suffisante,l'aide ne changera rien;
Par chez nous de plus en plus d' eleveurs arretent les vaches avant la retraite
Une vache sans label devrait etre payée au minimum 4 e le kg,comment voulez faire tourner une exploitation aujourd'hui avec des prix d'il y a 30 ans?
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Debacker Frédéric
Il y a 280 jours
La contractualisation ou plutot la russification, le rêve de la fnb et de la fdsea, depuis des années ils veulent nous imposer leur idéologie, l'organisation de la production ne garantie en rien le prix au producteurs, il garantie surtout un volume aux intermédiaires, qui se préoccupe beaucoup de leur avenir. Les productions laitière, porcine et bien d'autre sont dites organisé, et pourtant, des éleveurs sont en grande souffrance. L'organisation contribue surtout à tirer le prix vers le bas. Le manque d'animaux, les departs en retraites massif, les cessations d'activité, l'évolution du climat qui va contraindre un grand nombre d'entre noys à extensifier, le développement du bio, va naturellement faire diminuer le troupeau de vaches allaitantes. La rareté de nos produits s'installe. Quand il y avait surproduction il y a 20 ans l'europe avait mis en place la prime érode poure tuer les petit veaux laitier à la naissance, pour diminuer la production et ainsi faire monter le prix de la viande. Aujourd'hui cela se fait tout seul. Les consommateurs consomment toujours la viande française et diminuent leur consommation de viande importé....gardons confiance...
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Olmer
Il y a 281 jours
Les éleveurs acceptent les prix bas,acceptent les hausses de charges et le comble, passe leur temps dans les salons agricoles a boire un coup dans les stands de leurs propres bourreaux !!!c est pitoyable, arretez de vous plaindre.
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Idiot
Il y a 281 jours
Tout cela est logique On a laissé faire nôtre boulot à des bureaucrates qui sont aux 25 h semaine
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Olmer
Il y a 281 jours
L agriculture crève, les éleveurs se laissent faire,alors arretez de vous plaindre.
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Terminé
Il y a 281 jours
La suite logique de la politique menée en France, FNB s inquiète ?
Les élevages disparaissent les uns après les autres, il va rester qqs labels, tout le reste va être importé.
Quand je dis la disparition de l élevage en France on y est !!!!
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vik
Il y a 281 jours
Oups entre Noel et jour de l'an les abattoirs de ma région ne prenaient aucun bovin alors quand je vois tous c'est citoyen de France ,je comprend que dans notre milieu on dit sur 400kg de viande vendu il y a que 100kg de viande Françiase
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Fink
Il y a 282 jours
Des labels qui auraient dû être mis en place en 93 et qui vont voir le jour avec 30 ans de retard !
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