Avenir de la filière bovineLa Fnb presse Stéphane Le Foll d'apporter des réponses

| par | Terre-net Média

Deux semaines avant son congrès, qui se tiendra aux Sables d'Olonne, la Fédération nationale bovine s'impatiente d'obtenir du ministre, des arbitrages sur la Pac conformes aux engagements de François Hollande.

LimousineLe choix d'un plancher à 10 vaches et d'un seuil à 40 vaches est très contesté  par la Fnb. (©Terre-net Média)« Depuis des mois, on nous répète que la France réoriente les aides en faveur de l'élevage. Or nous attendons toujours des décisions dans ce sens ! » A 15 jours de son congrès annuel, qui se tiendra les 5 et 6 février aux Sables d'Olonne, la Fédération nationale bovine hausse le ton.

Un mois après l'annonce des premiers choix du ministre de l'Agriculture concernant les aides animales, les éleveurs de bovins viande ne savent toujours pas quel sera leur niveau d'aides à partir de 2015. Stéphane Le Foll a opté pour une prime de 200 euros pour les 40 premières vaches, avec un plancher pour l'heure fixé à 10 vaches. Mais au-delà des 40, c'est l'inconnu !

Impatiente d'avoir des réponses, la Fnb dénonce surtout l'incohérence des choix du ministère avec les propos tenus par François Hollande au Sommet de l'élevage à Cournon. Selon la branche viande bovine de la Fnsea, l'enveloppe allouée à la filière n'est plus que de 643 M€ contre 675 M€ initialement prévus. 30 M€ ont été depuis réaffectés au secteur de la prune et de la tomate.

Le choix d'un plancher à 10 vaches et d'un seuil à 40 vaches est également très contesté. « Nos exploitations spécialisées sur lesquelles repose l'avenir de la filière comptent en moyenne entre 60 et 100 vaches, et non pas 40 ! » Avec une prime au-delà des 40 premières vaches qui pourrait baisser de moitié, ce sera « la douche écossaise » pour tous ces élevages.

« Il est aberrant que le niveau de spécialisation de nos élevages bovins viande n'ait pas été pris en compte dans ces décisions », martèle Pierre Chevalier, qui appelle Stéphane Le Foll « au bon sens paysan ».

Quid des 2 % pour les protéines

Et les représentants de la Fnb ne seraient sans doute pas aussi remontés contre le ministre s'il n'y avait que le dossier des aides couplées sur la table. « Rien n'est tranché concernant le soutien à la production de protéines », expliquent-ils notamment. Dans le cadre du ciblage de 2 % des aides du 1er pilier de la Pac vers les protéines, « certains entendent que ces protéines doivent être récoltées et commercialisées, ce qui n'est évidemment pas notre vision des choses. » Autrement dit, entre une aide à la production de protéines végétales par les producteurs de grandes cultures et un soutien direct à l'autonomie fourragère des exploitations d'élevage, rien n'est fixé.

Le plan de modernisation des bâtiments d'élevage semble être un autre exemple des attentes de la Fnb vis-à-vis des pouvoirs publics. La Fnb assure avoir déposé sur la table du ministre un important dossier sur l'opportunité de l'énergie photovoltaïque pour financer la modernisation des bâtiments. Une solution qui, selon le syndicat, ne coûterait pas un sou à l'Etat, mais auquel le ministère « n'a donné aucune suite ».

Accord UE-Canada déraisonnable 

Lors de sa visite prévue au congrès de la Fnb le 5 février prochain, Stéphane Le Foll sera interpellé sur de nombreux autres sujets. Pierre Chevalier attend notamment un soutien ferme du ministre pour dénoncer le projet d'accord de libre-échange entre l'UE et le Canada, ouvrant la voie à l'importation de 65.000 tonnes équivalent carcasse de bœuf canadien « sans aucune garantie quant au respect des exigences sanitaires européennes ».

Dans un contexte où les abattages sont en baisse, les perspectives de la filière bovine française à l'export seront au cœur des débats de ce congrès de la Fnb. Le syndicat appelle de ses vœux l'élargissement du groupe export constitué au sein de l'interprofession aux pouvoirs publics, pour que les experts de la Dgal et de la Dgpaat aident les acteurs de la filière à sceller des accords de coopération avec, notamment, les pays du pourtour méditerranéen, où les marchés doivent être consolidés.


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