Filière bovineLa Fnb demande la création d'urgence d'une « cellule de crise »

| par | Terre-net Média

Le Conseil d'administration de la Fédération nationale bovine, réuni le 24 juin, saisit solennellement les pouvoirs publics et les acteurs de la filière bovine de l'urgence à redresser les cours en production bovin-viande. La situation s'est à nouveau aggravée en l'espace de quelques semaines et atteint un seuil particulièrement critique. Voici le communiqué de la Fnb.

« Sous une pression voulue et organisée par l’aval de la filière, les cours des femelles puis désormais des bovins mâles ont subi, semaine après semaine, une dégradation de plus de 50 cts par kg carcasse sans aucun lien avec les fondamentaux du marché. Cette dévalorisation annihile tout résultat économique pour les éleveurs, alors que leur activité dégage d’ores et déjà et depuis plusieurs années consécutives un faible revenu.

Il faut impérativement casser cette fuite en avant : bas prix, dévalorisation de la qualité des viandes sans aucun respect du travail des éleveurs. Les producteurs en sont bien entendu les premières victimes, et sont partagés entre colère et découragement. Mais plus globalement, cette logique suicidaire entraîne l’ensemble de la filière dans une impasse et ne fait qu’accentuer les fractures identifiées : incapacité à moderniser et s’adapter, risque de décroissance, stratégie sans avenir d’opérateurs recroquevillés sur un marché national qui ne suffit pas à tirer la filière vers le haut, gestion « à la petite semaine ». Autres victimes de cette situation inadmissible, les consommateurs qui paient le produit toujours plus cher afin de rémunérer une fois de plus les actionnaires de la grande distribution.

Pourtant, la filière française a les moyens et opportunités de ce redressement. La Fnb appelle à la mise en œuvre d’une nouvelle « feuille de route » pour la filière, partagée avec les pouvoirs publics et les acteurs d’aval, pour redonner un élan à notre secteur. Elle doit notamment être fondée au préalable sur une réelle prise de conscience des enjeux, une mobilisation plus active pour des débouchés sur pays-tiers d’une cellule export dont les premiers résultats se font attendre, et une mise en avant impérative de "Viande de France" sur la totalité des rayons des Gms et restauration collective. Les premiers importateurs de viande bovine sont nos élus des collectivités territoriales (Restauration scolaire,...).


La Fnb appelle les Sections bovines et les éleveurs à poursuivre leur mobilisation vers l’aval de la filière en soulignant que la tension ne pourra que monter durant l’été et au début d’automne si les prix n’ont pas augmenté. En parallèle, les pouvoirs publics et en particulier le ministre de l’Agriculture, doivent être également saisis à chaque occasion possible, sur le terrain, de cette crise dont ils semblent encore ignorer l’ampleur. »


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