Filière laitière, directives nitratesLa Confédération paysanne reçue par Stéphane Le Foll

| par | Terre-net Média

Le ministre de l'Agriculture a reçu, lundi 1er décembre 2014, les représentants de la Confédération paysanne, dont son porte-parole Laurent Pinatel, pour entendre une nouvelle fois les inquiétudes du syndicat.

Vaches laitièresLa Confédération paysanne redoute une crise profonde de la filière laitière en 2015. (©Terre-net Média)

« Nous sentons chez le ministre un sentiment d’impuissance face à la crise laitière qui s’annonce » a expliqué Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, à l’issue de son entretien lundi 1er décembre 2014 avec Stéphane Le Foll. Accompagné par les représentants nationaux de son syndicat, l’éleveur de la Loire n’a pas caché sa vive inquiétude quant aux risques de voir la filière laitière plongée dans une crise profonde due à une baisse significative du prix du lait annoncée pour début 2015 mais déjà constatée dans certaine laiteries.

Lors de cette entrevue d’une heure et demie, les thèmes abordés entre le ministre et le syndicat étaient nombreux – application de la Pac, travailleurs saisonniers étrangers, registre agricole, etc  – mais l’approche de la fin des quotas laitiers reste un sujet central pour la Confédération paysanne. « Stéphane Le Foll estime que la gestion de la filière laitière est un dossier européen qui nécessiterait des alliances avec les pays du Sud de l’Europe » rapporte Laurent Pinatel. « Mais je sens quand même une certaine fatalité de la part du ministre ».

Le syndicat a soumis sa proposition de créer au niveau européen un « tunnel de prix » qui tiendrait compte des coûts de production, et qui servirait à activer, le cas échéant, des outils de régulation de l’offre de lait. Une piste que ne rejette pas le ministre, mais qui ne peut aboutir que s’il y a une volonté commune au sein de l’UE.

Sur la question des nitrates, autre sujet longuement évoqué lors de l’entretien, « nous avons rappelé que c’est la concentration des exploitations et de notre système agricole en général qui en est la cause », explique Laurent Pinatel. Le ministre a confirmé auprès des syndicalistes qu’il était partisan d’une approche par bassin versant, et non pas par commune, pour réviser la carte des zones vulnérables. Si « la méthanisation semble être une solution aux nitrates pour le ministre », elle ne l’est pas pour le syndicat. « Dans tous les cas, il faut déplacer de l’azote en dehors des zones vulnérables. »

Abordant aussi la ferme des 1.000 vaches, le symbole de sa « lutte contre l’industrialisation de l’agriculture », le syndicat estime que le ministre aurait pu proposer, dans le cadre de la loi d’avenir agricole, de nouvelles règles du contrôle des structures plus strictes, et permettant « d’empêcher ce type de projet de voir le jour ».

Sans laisser de côté leur combat contre les dossiers qu’ils ont dressés en symboles – ferme des 1.000 vaches, aéroport à Notre-Dame-des-Landes, barrage de Sivens – les représentants nationaux de la Confédération paysannne entendent solliciter plus fréquemment le ministre pour échanger sur les nombreuses thématiques agricoles.


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DÉJÀ 3 RÉACTIONS


Patrick
Il y a 836 jours
d'1 système controlé comme les quotas, on passe à un système totalement libre géré par les laiteries, c'est aberrant, illogique et trés défavorable pour les producteurs, la laiterie décide du prix et du volume...
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stan
Il y a 934 jours
produire autrement en vendant a la timballe a lait si chaque citoyen acheter le lait en direct du lait entier sa ferais de l'argent pour payer le pain arrondir les fin de mois ,mais y a pas un voisin qui vienne il préfère le lait écraimer de la grande surface.
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Tomy
Il y a 1047 jours
Concernant la crise laitière qui s'annonce, il est intolérable que le gouvernement ne bouge pas. Tous les acteurs laitiers savent que nous sommes en surproduction au niveau national, européen et planètaire. Les cours de la poudre et du beurre sont déja trés bas.
Pourquoi, les CDOA installations laissent-elles s'installer des jeunes en production laitière sur de trés gros volumes ?? qui ne feront dans 1 premier
temps qu'empirer les phénomènes de surproduction et qui , dans un deuxième temps pour une partie risque de se retrouver en difficulté financière.
Certains montants d'installation deviennent exorbitants !!
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