Durabilité des modèles agricolesLa Conf' accuse la FNSEA d'instrumentaliser la crise

| par | Terre-net Média

Si la crise liée au Covid-19 a mis les questions alimentaires et agricoles au premier plan des préoccupations sociales et politiques, le débat sur la résilience et la durabilité du modèle agricole français n'en est que plus acéré. Aux côtés de plusieurs ONG, la Confédération paysanne vise la FNSEA et « les partisans de l'agriculture industrielle » qui, à la faveur de la crise, veulent « convaincre un maximum de consommateurs que si un produit est français, alors il est durable » tout en revenant sur des avancées environnementales.

Dans un texte commun, des ONG et des organisations agricoles dont la Confédération paysanne accusent la FNSEA d'instrumentaliser la crise actuelle pour défendre un modèle Dans un texte commun, des ONG et des organisations agricoles dont la Confédération paysanne accusent la FNSEA d'instrumentaliser la crise actuelle pour défendre un modèle "périmé" (©Pixabay) 

« Les tenants de l’agriculture industrielle ne reculent devant rien, même devant l’instrumentalisation d’une crise sanitaire majeure pour défendre un système périmé », dénoncent dans un communiqué commun la Confédération paysanne, CCFD-Terre Solidaire, la Fédération nationale d’agriculture biologique, Générations futures, Greenpeace France, les Amis de la Terre, Réseau Action Climat et le réseau CIVAM.

Ils reprochent notamment au syndicat majoritaire et à d’autres acteurs, comme les distributeurs, d’instrumentaliser la crise pour faire croire à la durabilité du modèle agricole français dominant. « Depuis le début de la crise, la FNSEA a communiqué sans relâche pour valoriser les agriculteurs français à coup de #OnVousNourrit, et convaincre un maximum de consommateurs que si un produit est français, alors il est durable », soulignent les signataires.

Pour les organisations, ces acteurs du secteur agro-alimentaire profitent au contraire de la situation « pour redorer leur image et revenir sur certaines avancées environnementales » : « en France, le 22 avril, les fédérations agricoles bretonnes ont demandé au Président de la République de “libérer la compétitivité française” des “contraintes de la surrèglementation [qui] asphyxient la production”. Une communication tellement scandaleuse que même l’interprofession bovine, Interbev, s’en est finalement désolidarisée. En parallèle, des syndicats agricoles ont déposé, en pleine crise et sans concertations réelles, des chartes leur permettant de réduire de moitié les distances nationales minimales entre les zones d’épandage de pesticides et les habitations, pour certaines cultures ».

La souveraineté alimentaire nécessite un autre modèle agricole

Pour la Confédération paysanne et les ONG, cette communication « laisse à penser que la souveraineté alimentaire se joue uniquement au niveau français et européen, occasion de ressortir la vieille antienne de la vocation exportatrice de la France qui ne fait que contribuer à paupériser les paysans, en France et dans les pays en développement ».

D’autant plus que le modèle agricole français a montré ses faiblesses, ajoutent les organisations : « La crise sanitaire révèle les fragilités d’un secteur agricole et alimentaire qui n’est pas si résilient qu’il pourrait paraître. Les difficultés économiques majeures que traverse le secteur agricole révèlent sa grande vulnérabilité face aux crises. Cela s’explique par une forte dépendance aux échanges et chaînes de valeur mondialisées, à des difficultés logistiques, à une main d’œuvre fortement précarisée, à un fort endettement et une absence notable de diversité de productions et de débouchés ». Pour une agriculture véritablement résiliente, les signataires défendent « une paysannerie fondée sur l’agroécologie ».

Et s’ils soutiennent « tous les agricultrices et les agriculteurs », l’accélération de la transition vers d’autres pratiques est urgente. Les organisations signataires proposent, pour y parvenir, « une réorientation à 180° des aides agricoles vers l’agroécologie sans pesticide, et les productions diversifiées au niveau des territoires », « un abandon pur et simple des systèmes d’élevage industriel lié à une forte baisse de notre consommation de viande industrielle », « l’abandon des intrants chimiques, la protection des sols agricoles, la révision des règles commerciales et la fin de politiques prédatrices pour la souveraineté alimentaire des pays du Sud ».


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DÉJÀ 9 RÉACTIONS


ptiloui
Il y a 246 jours
Les vrais rêveurs sont plutôt les gogos assez naïfs pour croire aux promesses du monde merveilleux que nous prépare Ellon Musk et consorts... Qui foncent tête baissée dans leurs délires et vont s'y brûler les ailes...
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GG
Il y a 246 jours
@ptiloui
Rêveur !!! Le pays des Bisounours n'existe pas !!!
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ptiloui
Il y a 246 jours
D'où sortez vous que les orgas en question prônent un retour au 19ème siècle ? Allez lire un peu leurs publications pour vous faire une idée, vous verrez ce qu'il en est. La FNAB par exemple est très proche de l'ITAB, institut technique de l'agriculture bio, la conf également. Quand on voit les travaux de cet institut, aller le traiter de passéiste est vraiment à côté de la plaque. Et oui on peut nourrir le monde en bio, techniquement c'est possible, la qualité en plus, même la FAO le dit. Surtout dans les pays tropicaux où les techniques de l'agroécologie permettent souvent de doubler (voir plus) les rendements par rapport aux pratiques chimiques. Hélas cela ne va pas dans les intérêts des nouveaux gourous surpuisssants, Bill Gates en tête, de l'agriculture connectée, des OGM, de toutes sortes de lubbies scientistes extrêmement dangereuses mais aux moyens de promotion quasi illimités. Il faut savoir si l'on fait confiance pour notre avenir au savoir des paysans du monde, ainsi qu'aux agronomes et techniciens de terrain, ou à une poignée de startuppeurs ambitieux et totalement déconnectés de la nature...
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papyrural
Il y a 247 jours
Un syndicat agricole qui s’allie avec des gens qui veulent obliger les paysans à travailler selon des méthodes du 19ème siècle défend-t-il les agriculteurs ? Pour objectivement promouvoir la Bio, il serait primordial de comprendre pourquoi la majorité des agriculteurs ne s’y précipitent pas. Lorsque la vente de produits issus de la bio rémunérera correctement le travail supplémentaire du paysan, compensera la baisse de rendements, solutionnera la perte de récolte par la protection aléatoire des cultures, sans doute la Conf aura-elle solutionné la quadrature du cercle. Il n’en reste pas moins que le consommateur devra payer sa nourriture plus chère, sans garantie de quantité suffisante…
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debutant
Il y a 247 jours
on laisse crever qui au final ? le peuple ou les agris le model en place y a pas a dire c est l extase tout roule un peu de sérieux ! le model actuel ne garanti en rien un revenu equitable alors le blabla syndicaliste fnsea on en connais les resultats economiques et environnementaux.
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franck53
Il y a 248 jours
j'ai toujours pas compri si la conf etait pour ou contre les agriculteurs. pourquoi divise le monde agricole. conventionelle et bio ont leur place et leur utilite.
a moins qu il yest encore des lobbies derriere eux. ?

on nen sait un peu plus suite a cette crise.

la conf est pret a laisser creve de faim le peuple. heuresement le peuple francais a compris.
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Moty
Il y a 248 jours
Oui, l'agriculture aux Paysans. Un Paysan , c'est un travailleur local ( emploi non délocalisable ) qui produit de la Nourriture pour des consommateurs locaux et qui façonne les Paysages. Il respecte l'Eau, l'Air , la Terre et ses voisins citoyens.
Oui, à la Souveraineté Alimentaire ( stricto sensu ). Compte tenu des contraintes importantes ( environnementales, sociales, sociètales ... ) la France ne devrait pas avoir une agriculture d'exportation.
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titian
Il y a 248 jours
Tout à fait ça, les supplétifs du commerce et business bio crachent sur les filièristes en formation continue avec le HCCA.
Le sort du paysan est effectivement le dernier de leurs soucis.
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GG
Il y a 248 jours
Encore du blablabla... Entre la conf qui veut importer et les autres qui ne servent à rien, je dis aux syndicats #fermezla!
L'agriculture aux agriculteurs et non pas à une poignée de bons à rien syndiqués qui se chamaillent comme dans une cours d'école.
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