Grippe aviaire dans le Lot-et-GaronneLa Chambre d'agriculture vent debout contre l'abattage préventif

| AFP

La Chambre d'agriculture du Lot-et-Garonne, et le syndicat Coordination rurale, majoritaire localement, ont affirmé lundi leur intention d'appliquer « unilatéralement » un déconfinement des canards dans le département, relativement peu touché par la grippe aviaire, et de s'opposer à « l'abattage intempestif » de canards sains.

Dans un communiqué, les présidents de la CA et de la CR47 disent décréter, au nom d'une « Zone agricole libre » un « déconfinement des animaux » (canards, poulets principalement), en rébellion assumée contre l'obligation de confinement sur l'ensemble du territoire, liée à la crise d'influenza aviaire H5N8, qui se propage depuis fin novembre dans les élevages du Sud-Ouest.

Le Lot-et-Garonne, selon un dernier décompte de préfecture, compte une dizaine de foyers. Il ne figure pas dans la zone, à cheval sur quatre départements, où le ministre de l'agriculture Stéphane le Foll a annoncé un « vide sanitaire » qui suivra l'abattage préventif de centaines de milliers de canards et durera jusqu'en mai. « On est parvenu jusqu'ici à ne pas tuer préventivement, on veut continuer comme cela » en Lot-et-Garonne, a déclaré à l'AFP le président de la Chambre d'agriculture, Serge Bousquet-Cassagne, qui dit les éleveurs déterminés à s'opposer à l'abattage préventif de canards sains dans un rayon de 1 à 3 km autour d'un foyer avéré. Une quarantaine d'élevages seraient concernés, selon lui.

Dans leur communiqué, les deux présidents « décrètent » la « mobilisation d'agriculteurs (...) afin d'interdire à quiconque l'accès aux élevages de volailles et canards dans la zone de 1 à 3 km autour des foyers avérés de grippe aviaire », un appel qui vise à s'interposer face aux services chargés de l'abattage préventif d'animaux sains. Ils rappellent par contre que « l'abattage sera accepté » dans un rayon immédiat autour d'un foyer découvert et qu'en ces occasions la CR 47 et la Chambre d'Agriculture « continueront d'accompagner éleveurs et État ». « Quand la loi est mauvaise, il faut passer par-dessus », a résumé Serge Bousquet-Cassagne, qui assure pouvoir mobiliser rapidement assez d'agriculteurs pour barrer l'accès à un élevage, mais espère que « le bons sens prévaudra et qu'il ne se passera rien ». Lui et Patrick Franken, président de la CR47, ajoutent que « les conséquences de ces actions seront assumées » par eux deux, en référence à d'éventuelles poursuites. La préfecture du Lot-et-Garonne, sollicitée, n'avait pas réagi lundi soir.


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