Impact économique du coronavirusL'Ile-de-France crée un fonds d'urgence et un programme alimentaire régional

| par Arnaud Carpon, avec AFP | Terre-net Média

Le conseil régional d'Ile-de-France lance un « programme alimentaire régional » avec la chambre régionale d'agriculture, en finançant l'achat auprès des agriculteurs franciliens de produits agricoles qui seront distribués aux plus démunis, a annoncé mercredi 6 mai 2020 sa présidente Valérie Pécresse (ex-LR). La région annonce aussi un fonds d'urgence de 1,5 M¤ pour venir en aide aux horticulteurs, pépiniéristes, mais aussi maraîchers et éleveurs.

Pour Valérie Pécresse, avec la crise sanitaire, « nous voyons monter la pauvreté et la précarité dans nos territoires », ce qui « exige une réponse alimentaire urgente et solidaire », a-t-elle expliqué lors d'une visio-conférence.

Pour renforcer les distributions alimentaires, « nous avons décidé (...) de créer un programme alimentaire régional pour venir en aide aux plus démunis. Sur la base des besoins exprimés par les associations et la banque alimentaire, la région financera l'achat de produits agricoles auprès des agriculteurs franciliens », a-t-elle expliqué.

Cela passera notamment par l'achat « au prix du marché » de « tous les surplus et invendus de la production agricole francilienne », mais pas seulement. « On achètera aussi les denrées qui nous manqueraient. »

Le montant de ce plan et les volumes de production agricole concernés n'ont pas été précisés.

Selon Valérie Pécresse, « on se prépare à faire durer le plan jusqu'en décembre ».

« On va relever ce challenge de fournir ces paniers en produits frais », a affirmé Christophe Hillairet, président de la Chambre d'agriculture de la région Île-de-France, précisant que « pour conforter ces paniers », la chambre va « demander à chaque agriculteur de donner l'équivalent d'une tonne de blé (soit environ 170 €) ».

Valérie Pécresse veut aussi « suppléer » les distributions alimentaires, en proposant « si les lycées ne sont par réouverts fin mai, qu'un certain nombre de cantines de lycées puissent ouvrir sur la base du volontariat pour faire de la distribution de repas ». Elle a rappelé que des distributions de colis alimentaires avaient déjà eu lieu dans plusieurs lycées franciliens (Stains, Saint-Denis, etc.).

Un fonds d'urgence pour soutenir les agriculteurs en difficulté

La région va également aider les horticulteurs et pépiniéristes franciliens, très touchés par la crise sanitaire, avec d'une part « un fonds d'urgence de 1,5 million d'euros » (sous forme de subventions), et d'autre part, une commande publique de 1 million d'euros d'arbres et de végétaux qui seront plantés au siège du conseil régional à Saint-Ouen et dans les lycées franciliens. Certains maraîchers ou éleveurs très fragilisés pourront aussi être éligibles au fonds d'urgence.

Enfin, pour « capitaliser sur le regain d'intérêt pour l'agriculture locale », la région va augmenter les aides à l'investissement des agriculteurs pour les « circuits courts de commercialisation », comme la création de « drive » agricoles, de magasins de producteurs ou de « box » agricoles, pour un total d'un million d'euros, a expliqué la vice-présidente en charge de l'agriculture Alexandra Dublanche. La région compte bonifier les aides à l'investissement destiné aux circuits courts. Le taux de subventionnement régional pourrait passer de 30 % habituellement à 70 %.

Christophe Hillairet, le président de la chambre d'agriculture d'Ile-de-France, a, pour sa part, insisté sur la fragilisation inégale des filières agricoles de la région. « Les exploitations en agrotourisme, les fermes pédagogiques, les fermes auberges sont touchées de plein fouet, comme l'hôtellerie, par la situation. Les filières d'élevage et grandes cultures sont elles aussi déstabilisées. L'effondrement de la demande en pétrole va aussi impacter durablement les marchés des biocarburants. »


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